‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 14 sur 200 · A H 1 AM · texte numérisé non relu

A H 1 AM

* . . PHEDRE. E

J’aurois de ces combats affranchi votre cœur Sij 'eusse eu pour rivale une autre qu’une sœur;

Mais trahir l’amitié dont on la voit sàns cesse

Non, Théséê; elle m’aime avec trop de tendresse. D’un supplice si rude il faut la garantir;

. Sans doute elle en mouiroitjje" n’y puis consentir. Rendez-lui votre amour, cet amour qui sans elle Auroit peut-êtéedù me demeurer fidèle;

Cet amour qui , toujours trop propre à me charmer, • N’ose.. .jrv „ «

THESEE.

Apprenez-moi donc ù ne vous plus aimer,

A briser ces liens où mon ame asservie A mis tout. ce qui fait le bonheur de ma vie.

Ces feux dont ma raison ne sauroit triompher, * Apprenez-moi comment on les peut étouffer,.

Comment on peut du cœur bannir la chère image...,. Mais à quel sentiment ma passion m’engage!

Si la douceur d’aimer a pour vous quelque appas ,

* Me pourriez-vous apprendre à ne vous aimer pas?

PHÈDRE

Il en est un moyen que ma gloire envisage :

Il faut de votre cœur arracher cette image.

Ma vue étant pour vous un mal contagieux,

Pour dégager ce cœur commencez par les yeux, • Fuyez de mes regards la trop flatteuse amorce;

Plus vous les souffrirez, plus ils auront de force.

Ce n’est qu’en s’éloignant qu’on pare de tels coups:

Si le triomphe est rude, il est digne de vous.

.acte i, scèirr iv, a5

Il est beau d’étoufferce qui peut trop nous plaire; D’immoler à sa gloire..*..

» - . . THESEE. ‘ •

Et le pourrez-vous faire ?

Ces traits qu’en votre cœur mon amour a tracés, , Quand vous me verrez moins, seront-ils effacés? Oublîrez-vous si tôt cet ardent sacrifice... . ‘

• - PHEDRE

Cruel ! pourquoi vouloir accroître mon sùpplice? M’accable-t-il si peu qu’il^y faille ajouter Ees plaintes d’un anjour que je n’ose écouter ?

Puisque jnon fier devoir le condamne à^e taire, Laissez-moi me cacher que vous m’avez su plaire; Laissez-moi déguiser à mes chagrins jaloux.

Qu’il n’est point d’heur pour moi,pein t de repos sans vous. C’est trop : déjà mon cœur , à ma gloire infidèle ,

I)e mes sens mutinés suit le parti rebelle;

II se trouble, il s’emporte : et dès que je'vous Yoi,

Ma tremblante vertu ne

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