A H 1 AM
* . . PHEDRE. E
J’aurois de ces combats affranchi votre cœur Sij 'eusse eu pour rivale une autre qu’une sœur;
Mais trahir l’amitié dont on la voit sàns cesse
Non, Théséê; elle m’aime avec trop de tendresse. D’un supplice si rude il faut la garantir;
. Sans doute elle en mouiroitjje" n’y puis consentir. Rendez-lui votre amour, cet amour qui sans elle Auroit peut-êtéedù me demeurer fidèle;
Cet amour qui , toujours trop propre à me charmer, • N’ose.. .jrv „ «
THESEE.
Apprenez-moi donc ù ne vous plus aimer,
A briser ces liens où mon ame asservie A mis tout. ce qui fait le bonheur de ma vie.
Ces feux dont ma raison ne sauroit triompher, * Apprenez-moi comment on les peut étouffer,.
Comment on peut du cœur bannir la chère image...,. Mais à quel sentiment ma passion m’engage!
Si la douceur d’aimer a pour vous quelque appas ,
* Me pourriez-vous apprendre à ne vous aimer pas?
PHÈDRE
Il en est un moyen que ma gloire envisage :
Il faut de votre cœur arracher cette image.
Ma vue étant pour vous un mal contagieux,
Pour dégager ce cœur commencez par les yeux, • Fuyez de mes regards la trop flatteuse amorce;
Plus vous les souffrirez, plus ils auront de force.
Ce n’est qu’en s’éloignant qu’on pare de tels coups:
Si le triomphe est rude, il est digne de vous.
.acte i, scèirr iv, a5
Il est beau d’étoufferce qui peut trop nous plaire; D’immoler à sa gloire..*..
» - . . THESEE. ‘ •
Et le pourrez-vous faire ?
Ces traits qu’en votre cœur mon amour a tracés, , Quand vous me verrez moins, seront-ils effacés? Oublîrez-vous si tôt cet ardent sacrifice... . ‘
• - PHEDRE
Cruel ! pourquoi vouloir accroître mon sùpplice? M’accable-t-il si peu qu’il^y faille ajouter Ees plaintes d’un anjour que je n’ose écouter ?
Puisque jnon fier devoir le condamne à^e taire, Laissez-moi me cacher que vous m’avez su plaire; Laissez-moi déguiser à mes chagrins jaloux.
Qu’il n’est point d’heur pour moi,pein t de repos sans vous. C’est trop : déjà mon cœur , à ma gloire infidèle ,
I)e mes sens mutinés suit le parti rebelle;
II se trouble, il s’emporte : et dès que je'vous Yoi,
Ma tremblante vertu ne