‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 147 sur 200 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DON JUAN, SGANARELLE,A*ô/'^<?rt .

médecin .

SGANAUELLE.

Avouez qü’au besoin j’ai l’imaginative Aussi prompte d’aller, que personne qui vive.

Votre premier dessein n’étoit point à propos.

Sous ce de'guisement j’ai l’esprit en repos.

Après tout, ces habits nous cachent l’un et l’autre Beaucoup mieux qu’on n’eût pu me cacher soüsle vôtre} J’en regardois le risque avec quelque souci,

Tout franc , il me choquoit.

DON JUAN

Te voilà bien ainsi.

Où diable as-tu donc pris ce grotesque équipage ?

SGANAHELLE.

Il vient d’un médecin qui l’avoit mis en gage : Quoique vieux, j’ai donné de l’argent peur l’avoir. Mais, Monsieur, sa v cz- vous quel en est le pouvoir ? Il me fait saluer des gens que je rencontre,

Et passer pour docteur partout où je me montre: Ainsi qu’un habile homme on me vient consulter.

Comment donc ?

DON JUAN

SGANAREUE,

Mon savoir va bientôt éclater.

Ul8 II FESTIN DE PIERRE.

Déjà six paysans, autant de paysannes, Accoutumés sans doute à parler à des âne», M’ont sur différons maux demandé mon avis.

DON JUAN

Et qu’as-tu répondu ?

*. SGANARELLE

Moi?

DON JVAN.

Tu t’es trouvépris.

SGANARELLE. > '

Pas trop. Sans m’étonner, de l’habit que je porte , J’ai soutenu l’honneur, et raisonné de sorte Que, sur mon ordonnance, aucun d’eux n’a douté Qu’il n’eùt entre les mains un trésor de santé. DON J V A N.

Et comment as-tu pu bâtir tes ordonnances?

SGANARELLE

Ma foi î j’ai ramassé beaucoup d’impertinences, Mêlé casse, opium, rhubarbe, et cætera,

Tout par drachme : et le maladie comme il pourra, Que m’importe?

DON JUAN

Fort bien. Ce que tu yieusde dire

Me réjouit,

SGANARELLE

Et si, pour vous faire mieux ripe , .

Parhasard, ( car enfin, quelquefois quesait-on?) Mes malades venoient à guérir ?

A * DON JUAN

Pourquoi non-?

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