‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 148 sur 200 · ACTE III, SCE^E I. 2UJ · texte numérisé non relu

ACTE III, SCE^E I. 2UJ

Les autres médecins , que les sages méprisent ,

Dupent-ils moins que toi dans tout ce qu’ils nous disent ?

Et, pour quelquesgrands mots que nous n’entendonspâs, Ont-ils aux guérisons plus de part que tu n’as ?

Crois-moi, tu peux comme eux, quoi qu’on s’en persuade. Profiter, s’il avieut, du bonheur du malade,

Et voir attribuer au seul pouvoir de l’art Ce qu’avec la nature aura fait le hasard... .

Oh ! j usqu’où vous poussez votre humeur libertine !

Je ne vous croyois pas impie en médecine. ..

DON JUAN

Il n’est point parmi nous d’erreur plus grande.

SGANARELLE

Quoi !

Pour un art tout divin vous n’avez point de foi !

La casse, le séné , ni le vin émétique...

DON JUAN

La peste soit le fou !

^ SGANARELLE.,

Vous êtes hérétique ,

Monsieur . Songcz-vousbien quel bruit, depuis un temps, Fait le vin émétique?

DONJUAN. *-

Oui , pour certainesgens. »

SGANARELLE

Ses miracles partout ont vaincu les scrupules :

Leur force a converti jusqu’aux plus incrédules :

Et , sans aller plus loin , moi qui vous parle , moi,

J’en ai vu des effets si surprenans...

220 LE ÎESTIW nr. PIEKRE.

DON JUAN

i . En quoi?

' SGANARELLE

Tout peut être nié , si sa vertu se nie.

Depuis six jours un homme étoit à l'agonie ,

Lesplus experts docteurs n’y connoissoient plus rien f Il avoit misa bout la médecine. *• v» '

/ - DON JUAN

Hé bien ?

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