‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 153 sur 200 · ACTE III, SCENE II. 2‘1'J · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II. 2‘1'J

Voyez ! se marier, pour vous ôter l’ennui D’être religieuse ! Attendez tout de lui.

lÉONOR.

Si j’osois m’assurer....

SGANARELLE

C’est une bagatelle

Que ce qu’il vous promet. Sa bonté naturelle Va si loin qu’il est prêt, pour faire trêve aux coups, D’épouser, s’il le faut, votre tante avec vous. LÏOSOR.

Ah ! qu’il n’en fasse rien; elle est si dégoûtante....

Mais moi , suis-je assez belle ?...

DON JUAN

Ah ciel! toute charmante.

Quelle douceur pour moi de vivre sous vos lois!

Non , ce qui fait hymen n’est point de notre choix ,

J’en suis trop convaincu; je vous connois à peine,

Et tout à coup je cède à l’amour qui m’entraîne. léonor. -*•

Je voudrois qu’il fût vrai; car ma tante, et la peur Que me fait le couvent.»..

Ah ! connoissez mon cœur. , Voulez-vousquemafoi, pour preuve indubitable,

V ous fasse le serment le plus épouvantable ?

Que le ciel.... • t .

LEONOR

Je vous crois, ne jurez point.

DON JUAN

Hé bien?

LÉONOR

Mais , pour nous marier sans que l’op en sut rien , .

228 lï FESTIN DE PIERRE.

Si la chose prcssoit, comment faudroit-il faixe ?

DON JUAÏV.

Il faudroit avec moi venir chez un notaire ,

Signer le mariage ; et quand tout seroit fait ,

Nous laisserions gronder voti'e tante.

SG AN AR El LE.

En effet ,

Quand une chose est faite , elle n’est pas à faire.

LÉONOR

Oh! ma tante et ma sœur seront bien en colère ;

Car j’aurai , pour ma part , plus de vingt mille écus : Bien des gens me l’ont dit. *

Vous me rendez confus.

Pensez-vous que ce soit votre bien qui m’engage? Ce sont les agrcmens de ce charmant visage ,

Cette bouche , ces yeux j enfin , soyez à moi ,

Et je renonce au reste.

SGANARELLE

Il est de bonne foi.

Yos e'eus sont pour lui des beautés peu touchantes.'

LÉONOR

J’ai dans le bourg voisin une de mes parentes Qui veut qu’on me marie , et qui m’a toujours dit Que si quelqu’un m’aimoit....

DON JUAN

, C’est avoir de l’esprit.

LÉONOR

Elle enverroit chercher de bon cœur le notaire.

Si nous allions chez elle ?

Page 1