ACTE IV, SCENE XII. . V>C
Par un premier hymen une autre vous possède ; On m’a tout éclairci : c’est un mal sans remède j Et je me fcrois tort de vouloir disputer Ce que contre les lois je ne puis emporter.
J’ai sans doute h rougir, malgré mon innocence , . D’avoir cru mon ainour avec tant d’imprudence. Qu’en vous donnant la main j’ai reçu votre fcd , Sans voir si vous étiez eu pouvoir d'être à moi. Ce dessein avoit beau me sembler téméraire ,
Je cherchois le secret par la crainte d’un frère $ Et le tendre penchant queme fit tout o.s$ir.
Sur vo^ sermons trompeurs aeïvit à in’abuscr: Le crime est pour vous seul, puisqu’enfin éclaircie, Je songe à satisfaire à ma gloire noircie,
Et que, ne vous pouvant conserver pour époux. J’éteins la folle ardeur qui m’utlachoit à vous. * Non qu’un juste remords l’étouffe dans mon ame Jusques à n’y laisser aucun reste de flamme : Mais ce reste n’est plus qu'un amour épuré; C’est urvfeu dont pour vous mon ççc ur est éclairé, Un feu purgé de tout, une sainte tendresse , Qu’au commerce des seus nul désir n’intéresse^ Qui u’agit quepour vous.
SGANARELEE. >
• Ab ! . • '
i r PON JÜAN.
Tuplcurcs, je srofj
Ton cœur est attendri;
• -, S$ ANAREEÎLE.
• - • • *■ Monsieur, pardonûez-moi.
•ELVlRï.
C’ost cc parfait amour qui m’engage à vous dire <>q u’aujourd’huilcciel pour votrebien m'inspire, Le ciel dont la bonté cherché & vous secourir,
*Prct il choir dans l’abîme où je vous vois courir. Oui, don Juan, je sais par quel amas de crimes ■Vos peines qu’il résout lui semblent légitimes;
Et je viens de sa part vous dire que pour vous Sa clémence a fait place à son juste courroux ; Qite,Jas devous attendre, il tient la foudre prête Qui , depuis si long-temps , menace votre tête Qu’il est encore en vous, par un prompt repentir, De trouver les moyens de vous en garantir;
Et que , pour éviter un malheur si funeste ,’
Ce jour, ce jourpeul-être'estleseul qui vous reste.
SGAMRItLE. .* ;
Monsieur !
ELVlïE.
Pour moi, qui sors de mon aveuglement,
Je n’ai plus pour la terre aucun attachement : • Maretraiteest conclue ; etc’estlàque sans cessé Mes larmes tâcheront d’effacer ma foiblesse.
Heureuse si je puis , par son austérité.
Obtenir le pardon de ma crédulité !
Mais daus cette retraite, où l’onmeqrtà soi-même, J’purois, je vous l’avoue, une douteur extrême, Qu’un homme à qui j’ai cru pouvoir innocemment . De mes plus tendres vœux donner TempresSement , Devint, par un revers aux médians redoutable. Des vengeances du ciel l’exemple épouvantable