‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 36 sur 200 · ACTE III, SCUWE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCUWE IV

Et uc pas m engager, pur un trompeur espoir,

A te laisser sur moi prendre tant de pouvoir.

C’est là surtout , c’est là ce qui souille ta gloire r Tut’ es plu, sans m’aimer, à me le faire erp ire ; Tesiudignessermens sur mou crédule esprit

; THESEE. ,

Quand je vous Tes ai laits, j’ai cru ce que j’ai dit ;

Je partois glorieux d’être voire conquête :

Mais enfin , dans ces lieux poussé par ta tempête , J’ai trop vu ce qu’à voir me convioit l’amour ;

J’ai trop

Ariane.

Naxe te change - ? Ali funeste séjour!

Dans Naxe, tu le sais, un foi, grand, çiagnanime, Pour moi, dès qu ? il me vit, prit une tendre estime: Il soumit à mes vœux et sou trône et sa foi : „ - Quoi qu’il ait pu' m'offrir , ai-je fait comme toi ?•

Si tu n’es point Jouclié d« nia douleur extrême -, Ilends-moi ton cœur, ingrat, par pitié de toi-même. Je ne demande point quelle est cette beauté Qui semblc.tc contraindre à l’infidélité : v '

Si tu erpis quelque bonté à la faire connoîtrc i Ton secret est à toi; mais, qui qu’elle puisse être, Pour gagner ton estime et mériter ta foi ,

Peut-être elle n’a pas. plus de charmes que moi. Elle n’a pas du moins cette ardeur toute pure Qui m’a fait pouf te suivre étouffer la nature ;

Ces beaüx feux qui, volant d’abord à ton secours^ Pour te sauver la vie ont exposé-mes jouis;

Et si de mon amçur ce tendre sacrifice De ta légèreté né rompt point l’injustice, ■ répertoire. Tome iv. 5 .

5^ ARIANE

Pour ce nouvel objet, ne lui devant pas tant.

Par où présumes-tu pouvoir être constant?

A peine ton liymeu aura payé sa flamme,

Qu’un violent remords viendra saisir ton amey Tu ne pourras plus voir ton crime sans eflroi.

Et qui sait ce qu’alors tu sentiras pour moi ? ,

Qui sait par quel retour ton ardeur refroidie Te fera détester ta lâche perfidie?

Tu verras de mes feux les transports eclatansj Tu les regretteras, il ne sera plus temps.

Ne précipite rien , quelque amour qui t’appelle ; Prends conseil de ta gloire avant qu etre infidèle. Vois Ariane en pleurs : Ariane autrefois,

Tout aimable à tes yeux , méritoit bien ton choix: Elle n’a point changé , d’où v ient que ton cœur change?

THESEE.

Par un amour forcé qui sous ses lois me range.

Je le crois comme vous, le ciel est juste: un jour Vous me verrez puni dc^e perfide amour ;

Mais à sa violence il faut que nia foi cède.

Je vous l’ai déjà dit , c’est un mal sans remède.

ARI ANE

Ah ! c’est trop ; puisque rien ne te sauroit toucher , Parjure, oublie un feu qui dut t’être si cher.

Je lie demande plus que ta lâcheté cesse,

Je rougis d’avoir pu m’en souffrir la bassesse : Tire-moi seulement d’un séjour odieux ,

Où tout me désespère, où tout blesse mes yeux;

Et pour faciliter ta coupable entreprise , Remène-moi , barbare, aux lieux où tu m’as prise.

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