QE N A R V S
Ah ! pour l’en garantir il n’est rien que je n’ose , Madame; et vous verrez mon trône trébucher, Avant que je néglige un intérêt si cher.
Plût aux dieux que ce soin la tint seul inquiète !
..^hÈdhe. .
"Voyez dans quels ennuis ce changement la jette;
Son visage vous parle , et sa triste langueur Vousfaitlirc en ses yeux ce que souffre son cœur.
&> ^ Il U NE, ,
r SCÈNE II; ... •
OENARUS, ARIANE, PHÈDRE, NÉRINÈ.
. OENARUS.V ..
Madame , je ne sais si J’ennui qui vous touche Doit ra’ouvrirpoHr voj^s plaindre ou me fcrmcr'Ia bouche’: .Après les sentimens que j’ai lait voir pour vous ,• Je dois , quoi qui vous blesse , en partager les coups. IJJais si j’ose assurer que, jusqu’au londdel’ume,
Je sens le changeitu-nt qui trahit votre flamme, Que je le mets au rang des plus noirs attentats, > J’aime, ilm’ôtexm rival, vous ne meproirez jgns. Il est certain pourtant, et le ciel qui m’écotote, .M’en sera le témoin si votre cœur eu doute , . *
Que fl de tout mon sang je pouvois racheter;
Ce que...?. - , . . .
Cessez, Seigneur, de me le protester,
S’il dépendoit de vous de me rendre Thésée,
La gloire y trouveroit votre amc disposée;
Je le croîs de ce cocuf qui sut tout m’immoler: Âussi*veux-je avéc vous ne rien dissimuler.
J ’ai fnai , Sei gneur ; après mtra infortune extrême ,
Il me seroit honteux de di/e encor que j’aime.
Ce n’est pas que le coeur qu’un vrai mérite émeut Cesse d’être sensible au moment qu’il le veut»
Le mien fut à Thésce, et je l’en croyois digne:
Ses vertus à mes yeui étoient d’uirprix insigne; Rien ne brillbit en lui que de gr^nd , de parfait ; Ilfeignoit de m’aimer , jeL’aimois en effet;
acti iv, sttpii h. Ci
Et comme «l’y ne foi qui sert à me confondre',
Ce qu’il doit à ma llainme eu t lieu de me répondre , Malgré l’ingratitude ordinaire aux amans ,
D’autres que moi peut-être auroieut cru ses seriîicns. Je rq’innnblois entière à l’ardeur d’un pur zèle ;
Cel effort valoitbien qu’il fût toujours fidèle.
Sa perfidie enfin n’a plus rien de secret; 4
Il la fait éclater r je la vois à regret.
C’est d’abord un ennui «jjui ronge , qui dévore ;
J’en ai déjà souffert, j’en puis souffrir encore : MtHsquandàn’aimerplusun grand cœur se résout, ‘Le vouloir , c’est assez pour en venir à bout. Quoiqu’unpareil triomphe ait de dur,defuueste, Gu s’arracheà soi-même; et le temps fait le reste. Voilà l’état , Seigneur , où ma triste raison A mis enfin mon ame après sa trahison.
Vous avez su tantôt, par un aveu sincère,
Que sans lui votre amour eût eu deqiioiine plaire; Et q’ue mon cœur, touché du respect de vos femt,
S’il né m’eût pas aimée, eût accepté vos v«Xars. Puisqu’il me rend à moi’, je vous tiendrai parole; Mais après ce qu’il faut que magloiîe s’immole, Etouffant un amour et si tondre et si doux,
Je ne vous répondspas d’enprendy; autant pour vous. Cesontdes traits de feu que le temps seul imprime.
J’ai pour votre vertu la plus parfaite estime;
Et pour ctrê en état de remplir votre espoir,
Cette estime suffit à qui sait sou devoir.