ACTE IV, SCENE V
Je n exammois point, en vous ouvrant mon ame,
Si c’étoit d’Arianfe entretenir la flamme ;
Je songeois seulement à vous marquer ma foi; ' •
Je me faisois entendre, et c’étoit tout pour moi.
- PHÈDRE
Dieux . quelle en souffrira ! que d'ennuis! que delarmcs ! J’en sens naître en mon cœur les plus rudes alarmes :
Il voit avec horreur ce qui doit arriver.
Cependant j’ai trop fait pour ne pas achever :
Ces foudroyans regards, ces accablans reproches,
Dont par son désespoir je vois les coups si proches,
* Pour moi , pour une sœur, sont plus à redouter Que cette triste mort quelle croit m’apprêter.
Elle a su votre amour, elle saura le reste.
De ses pleurs, de scs cris, fuyons l’éclat funeste;
Je vois bien qu’il le faut. Mais, las!...
THESEE.
Vous soupirez?
PHÈDRE
Oui, Prince, je veux trop ce que vous désirez.
Elle se fie à moi, cette sœur, elle m’aime;
C’est une ardeur sincère, une tendresse extrême- Jamais son-amitié ne me refusa rien :
Pour l’en récompenser je lui vole son bien,
Je l’expose aux rigueurs du sort le plus sévère ,
Je la tue; et c’est vous qui me le faites faire!
Pourquoi vous ai-je aimé?
THESEE. ' ." ‘
Vous en repentez-vous?
PHÈDRE
Je nesais. Pour mon cœur il n’est rien de plus doux :