‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 62 sur 200 · OE SARIS · texte numérisé non relu

OE SARIS

Je rte viens point, Madame, opposer à vos plaintes De faux raisonnenrens, ou d’injustes contraintes ;

JjfC T E V, S CE ti E VI.

Je viens vous protester que tout ce qu’en*n\a' cour. ..»

Je sais ce que je dois, Seigneur, à votre amour 5 Je connois même à quoi ma parole m’engage,;

Mais r • •*»'..■ «

OE IV A R U 9 • . . -v

,A vos de'plaisirs épargnons eette image.

<Yous répondriez mal d’un cœur.... «.

ARIANE. •'

JS a’ . ' * Comment, lrél&s!

Hépondrois-je de «toi , je ne me connois pas.

OENARUS. . ' -

Sidu secours du temps ma foi favorisée Peut mériter qu*un jour voiïs oubliiez Thésée....

•V ’ ’ • ARIANE

• Si j’oublîrai Thésée? Ah dieux ! nion lâche cœur Nourriroit pour Thésée une honteilse ardeur î Théséç encor sur «loi garderoit quelque empire ! Je dois haïr Thésée , et VQudrois m’eu dédire !

Et si c’est pour vos vœux quelque chose de doux , Je jure par les dieux , par ces dieux qui peut-être S’unirontavec moi pour metvenger d’un traître, -Que j’oublîrai Thésée; et que, pour m’émouvoir, JRemords, larmes, soupirs, manqueront de pouvoir.

E SAIT BO iî'S.

Madame ,- si j’osois...,

. AJ I ANE.

Non , parjurç Thésée, .

Jîe crois pas cçue jamais je puisse être appaisee ;

Tou amour y feroit dus efforts super {lus.

Le plus grand demes maux est de ne t’aimer plus:* Mais après ton forfait, ta noire perfidie ,

Pourvu qu’à té gêner le remords s’étudie ,

Qu’il te livre sans cesse à de secrets bourreaux ,

C’est peu pour m’étonner que le pl us grand des maux,

, J’ai trop gémi, j’ai trop pleuré tes Injustices ;

Tu m’.ls bravéctil faut qu’à ton tour tu gémisses.

Mais quelle est mon erreur î Dieux! je menace eu l’air. L’ingrat se donne aillours quand je crois lui parler .

Il goûte la douceur de ses nouvelles chatuc •

Si vous m’aimez, Seigneur, suivbns-le dans Athènes. Avant que ma rivale y puisse triompher,

Partons* 1 portons-y plus que la flamme et le fer.

Que par vous la perfide entre mes mains livrée#

Puisse voir ma fureur de son saug enivrée.

Parce terrible éclat signalez ce grand jour,

Et méritez ma main eu vengeant mon amour.

ŒNiRU S.

Consultons-cn le temps, Madame; et&’ilfautfairc....

ARIANE

Le temps! Mon désespoir souffre-t-il qu’on diffèr >? Puisque toutm’abandone, il est pour mon secours Une plus sûre Yoie, et des moyens plus courts.

{Elle se jette sur l’épée de Pirithoüs. )

Tu m’arrêtes, cruel!

NARINE

«• *- > Que faites- vous, Madame?

Ariane, à Ncrinê &

Soutiens-moi | je succombe aux transports de mon ame.

•4c TE V, ■SCÈN'J^ VT. 85 ,

Si djgpslmes déplaisirs, tu veux me secourir,

Ajoute a ma foiblesse, et me laisse mourir.

* OENiRVS. ’ ,

Elle semble pâîner. Qu’on la secoure vite.

Sa douleur est un mal qii’un prompt remède irrite )

Et c’ en sejÿiit sans doute accroître les efforts , Qu’opposér quelque obstacleàsesprcmicrs transporta.

FIN D an TANK.

COMTE D’ESSEX

* TRAGÉDIE

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