ACTE 1 , SCENE T, . ibj
Sans cesse, en condamnant mes froideurs pour la reine Elle me préparait à cette affreuse peine;
Mafs, apres la menace, un tendre et prompt retouj; Mc mcltojten repos sur la foi dé d’amour :
Enfin,- par mon absence à me perdre enhardie, fcile a Contre elle-même uàé de perfidie.
Elle m’aimoit, sans’ douté, et n’a donné sa foi Qu’en m’arrachant un cœur qui devoit être à nioi.
A ce, funeste avis , quelles rudes alarmes!
Pour rompre sou hymen j’ai fait prendre les armes; En tumulte au palais je suis vite accouru ;
Bans toute sa fureur mon transport a paru.
J'allois sauver un bien qu’on ni’ôtoitpar surprise; Mÿis , averti trop tard , j’ai -manqué l’entreprise t Le duc, unique objet de ce transport jaloux,
De l'aimable Heijriette étoit déjà d’époux.
Si j’ai trop édaté, si l’on m’en fait un crime,
Jfe- mourrai de l’amour innocente victipie ; Malheureux de savoir qu’apres ce vain effort '
Le duc toujours heureux jouira de ma mort.
' SALSDURY. *
Cette jeune duchesse a mérité, sans doute,
Les cruels déplaisirs que sa perte vous coûte ;
Mais, dans l’Jicureux succès que vos soiüs avoient eu, Aimé d’elle en secret, pourquoi vous être tu?
L*a l'einc, dont-pour vous la tendresse infinie Prévient jusqu’aux SbuhaiiS...,,
COMTE D’ESSÉX.
C’est là sa tyranuiq. 1
Ét qae ine sert , hélas ! cet excès de faveur, ,
Qui ne me laisse pas disposer de mon cœur?
REPERTOIRE. Toflir tV. 9
10) , ..LE. COMTE J^ESS^X. " __ '
Toujours trop aimé d’elle, il m’a fallu contraindre Cel amour qu’Henriettecutbeati vouloir éleilidte. Pour ue hasarder pas un objet sj cliarmaut ,* ■
De la soeur de Suffolk je me feignis amant. * Soudain son implacable et jalouse colère Eloigna de mes yeux et la sœur et le frère.
Tous deux, quoique sans crime, exilés de la cour, M’apprirent,encor mieux- à cacher mon amour.
Vous en voyez la suite,, et mon malheur extrême. Quel supjdicc ! un rival possède ce que j’aime l D’ingrate au duc d’Irlon a pu se marier !
Ah cîcl I
SALS1VÜRY.
Elle est coupable , il la faut oublier.
i LE COMTE D’EiSEX. *
L’oublier! et ce cœur en deviendroil capablfe.!
Ah ! non, non; voyôns-la, cette belle coupable.
Je l’attendxcn ce lieif. Depuis letrisle jour *
Qué son funeste hytaçn a trahi mon amour ^ ^ N’ayant pu lui parler, je vietas culin lui dire.;..: s al s bu r y. •
La voiei qui paroît. Adieu, je n^e retire. •
Quoi que vous attendiez*!’*^ si ch,eï entretien
Songez qu’on veut vou^ef^rC) et ne ncgligez rien.