‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 70 sur 200 · ACTE 1,-SüfeNE tu · texte numérisé non relu

ACTE 1,-SüfeNE tu

Et , quand j’aurlii parlé', tel' qui noircit ma foi Pour obtenir sa grâce aura itesom^fe. moi.

' . * cÉcrLEV seul. ' ■

Agissons , il est temps ; c’esj trop faire l'esclave. Perdons un orgueilleux dont le mépris uqps brave; Et ne balançons' plus , puisqu’il faut éclater ,

A prévenir lé coup qu’il cherche à pous porter.

fllt DU-'PIVEMlER ACTE.

AGXE'SECOJSB.

\. ;'SG£iNE.J;';.: v *

EL^ABETII, Tjx-SEY.

Éli s a beth.

En vain tu crois tromper la douleur qui m’accable ; C’est parce qu’iltnc hait qu’il s!est rendu coupablo ;

-belle SuffpîW refusée à ses vçeni - •

Lui fait joindre le crime au mépr is de uies feu*^

Pour, le justifier, ne- dis poiut qu’il ignore Jusqu’où va le poison dont Fardeur me dévore :

Il n trop dé ma bouche , il a trop'de mes yeux. - Appris qu’il est , l’ingrat , cequé j’aime ie micirx. Qùand’j’ai blâmé son choix , u’étoi t-ce pas Lui dire Qutyn veux que son cœur pour morseufe soupire ?

Et ijies-confus regards il’ont-ils pas expliqué Ce que par mes refus, j’avois dejà marqdé?

Oui ,de ma passion il sait la violence ;

Mais l’exil de SulTolk l’arme peur sa vengeance :

Au crime pour lui-plaire il s’ose abandonner ,

Et n’en véut-à mes' jours que pour la couronuer.

• ' ÿitxîr.

Quelqufcsjnstes soupçons que vous enpUissù^prcndre, J’ai peine contre y ons ai ne le pas défendre :

L’Etat qu’ifa sauvé , sa' vertu, son grand cœur,

Sa gloire, ses exploits , tout parle eu sa faveurs

LE COMTE D-’çâSfX* ACTE.II , SCENE I, O l3

11 est vrai qu’à vos yeux Sufïol k c a use-sa peine ; • -Mais., Madame , un sujet doit-il aimer Sà^reine?

Et quand l'amour nallroit', a-t-il à triompher "Où le respect plus Tor-t combat pour l’étouffer •?

ÉLÉS ABET 1I-.

Ali!; contre lasurpriseoùuous jettentséfe charmes ,

La majesté du rang n’a que de foildes^ armes.

L amour, par le respect dans un cœirr enchaîné, Devient plus violent , plus il se voifgêné.

Maislecdmteenm’aimant, u’auroiteu rienà craindre Je lui donnois sujet de ne se point contraindre ;

Et c’est de quoi rougir , qu’ après tant de bonté £es .froideurs soient le prix que j’èn ai mérité^

, J TJ L IV £ï. m .

~ Mais je yeux qu’à vous seuleâl cherche enfui à .plaire ; De .cette passion que faut-il qu’il espère ?

ELISABETH.--

Ceqn’ilfaut qu’il espère? Et qu’ehpuiS-je espérer,

. Que la douceur de voir, d’aiiner , de soupirer?

Triste et bizarre orgueil qui m’ôte&çe.que jjarme !

. Mon bonheur j mon repos s’immole au rang suprême

El je mourrois cent fois plutôt que faire un rai'

Qui dans le trône assis fût au-dessous-de moi.

Je sajs que c’est beaucoup de.vouloir qrie s.on àme

Brûle à jamais pour moivlTine inutile Ranime,

Qu’aimer sans espérance.esUun cruel ennui :

Mais la part que j’y prends doirt’adoucir pour lui -,

Et lorsque pôr mon rang je suis tyrannisée ,

'Qu’il le saiL, qu’il le voit , la souffrance est aisée.

Qu’il me plaigne , se plaigne , el j content.de m’aimer..

Mqisquediàrje?U nue autre il s’est laissé charum;

ni l€ COMTE d'-ESSEÏ. .

Et tant d’ayeuglement suit l’ardeur qui Fentraihe , Que- pOnr Ta satisfaire il veut perdre sa rciue.' / Qti’iil craigne cependant de me trop irriter").

Je contrains ma colère k ne pas éclater :

Maisquelquefoisramour qu’un long mépris outrage, L'as enfin de souffrir , 6e convertit en rage j Et je ne réponds pas * 7

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