‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 72 sur 200 · ACTE II, SCENE II. - I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II. - I

Ciel l faut-il que 'ce cœur , qui se sent déchirer , Contre un sujet iugrat tremble à se déclarer^

Que nia mort qu’il résout me demandant la sienhe Une indigne pitié' m’étonne , me retienne ;

Et que toujours trop foible , après sa lâcheté,

Je n’ose mettre enfui ma gloire en sûreté ?

Si l’amourune fois laisse place à la liainfe,

11 verra ce que c’est que d’outrager sa reine;

Tè verra ce que c’est que de s’être cache .

Cet amour oùpour lui' mon cœur s’est relâché.

J’ai souffert jusqu’ici ; malgré ses injustices',

J’ai toujours contré moi fait parler scs services : Mais puisque son orgueil va jusqu’aux attentats,

Il faut en l’abaissant étonner les ingrats ;

Il faut à l’univers, qui me voit, me contemple, D’une i ii ste rigueur donner un graqd exemple :

Il cherche à n/y contraindre , il le veut, c’fest assez.

. U DVCIIESSE.

Quoi ! pour scs ennemis vous vous intéréssezr, Madame 2dgnorez-vous que l’éclat de sa vie Contre le rang qu’il tient arme en secret l’envie? Coupable en apparence....

Elisabeth. : «

Ah ! dites en effet :

Les témoins sont ouïs, s5n procès est tout fait; - .

Et si je vçux. enfin cesser de le défendre .

L’arrêt né dépend plus que de le faire entendre. Qu’il y songe; autrement.... ' * .

LA DUC H ESSE. '

, ' , Ile quoi ! ne peut-on pas t

L’avoir rendu suspect sur de faux attentats?

• ELISABETH. *

Ah!f>lutauciriî Mais non, les preuves sont trop fortes • A a-tpSl pas du palais voulu forôer les portes ?. (

Si le peuple qu’eu foule il avoit attiré ' .

liit appuyé sa rage , il s'en, lût emparé : . ■ •

FÎusd* Irène pour moi . l’ingrat s'en rendoit maître. - , LA DUCHÉS SE.

On n'e6t pas Criminel toujours pour le paroître.

- Mais'j je Veux qtfil le soit ce emur de lui chaftné liésomjra-t-il sa mort? Vous l’avez tant aimé ’

ÉLISABET II.

Ah ! ça chez-moi l’amour qu’alluma trop d'estime;

M’en faire souvenir, c’est/edoüblersôn crime.

A ma honte , il est vrai , ]e le dois confesser,

Je sentis, j’eus pour lui.... Mais que sort dVpenser? Suilolk me 1 a ravi; Su/Tolk , qu'il me prélevé ,

. Xm démande mon sang; le lâche vent;lui plaire.

Ah .'pourquoi , dans les maux où l'amoifr m’exposoit , A’ai-jo fait que baynir celle qui les eau soit?

Il fallort, il falloit a plus de violence Contre cette rivale enhardir ma vengeançp.

^la douceur a nourri son criminel espoir. * '

,- * - LA DttCUESSE.. . ■<

Mais cet amour sur, elle eut-il quelque. pouvoir? A ous a-t-elle trahie , et d'une ame inlidèle„ Excité pontre vous.... * '--If ^

ELISABETH

.' Je souffre tout par èïle f

Elle s est lait ahnf r ,.é}le m’a fait haïr ; *

Xt c’est avoir plus- (ait cent fois que me luakir.

A CXE II ,' S C ïti E 1 1 G» ' f II 7 LA Dl'CUESSr..

Je ri’ose m’opposer Mais Cécile s’avance.

Page 1