LE COMTE D ESSEX. ACTE III , SCENE I
ïîiQ • • 1
■ • • ELISABETH
Ah! je l’ai trop connu, lorsque la populace Seconda contre moi son insolente audace : . \ Am’oter la couronne il croyoït l’engager.
Quelle excuse’a ce crime? et par où s’en purger? Qu’art-il répondu? ; . "
• ' •' • ce'cile.^ " *<■' - -y
.- . f Lui? qu’il n’avoit rien à dire ;
Que, pour toute défense , il nous déçoit suffire '
De voir soi grands exploits pour lui s’intéresser f Et que sur ces témoins on pouvoit prononcer.
x. s , • • " ÉLISABETH. ,■ . " .*■
Que d’orgueil! Quoi! tout pçê ta voir lancer la foudre, Au moindre repentir il ne peut sc résoudre ?.
Soumis à ma vengeance, il brave mon pouvoir ?
iLose.... . /y. y • . -, - ‘
' ,, CECILE
Sa fierté ue se peut concevoir,;
On eût diyàje voir plein de sa propre estime',
Que ses juges étojpit coupables de son crime r Et qu’ils craighoient delui , dans ce pas hasardeux ,
Ce qu'il avoit l’orgueil de ne pas craindre d’eux.
ELISABETH
Cependant il faudra que cet orgueil s’abaisse.
Il voit j il voit l’&at où son crime lelaisse : .
Le plus ferme s’ébranle après l’arrct donné.,
CECILE
Un coup si rigoureux ne l’a point étonné. Comme alors on conserve une,inutile'audace , J’ai voulu le réduire à vous demander glâeo.
V3o LE f,O.JlT^ n^SAXX.
Que ne m’a-t-il point cli L ! J’en rougis, et me tais. *
ELISABETH
• , ' « • pr •
Ali ! quoiqu’il la demande, il ne l’aura jamais De moi tantôt, sans peine, il l’auroit obtenue* J’étois encor pour lui de boulé prévenue ;
Je voyois à regret qu’il voulût me forcer A souhaiter l’arrêt qu’on vient de prononcer;
Mou bras , lent à punir, suspemloit la tempête;
Il me pousse à l’éclat, il paîra de sa tête.
Doutiez bien ordre à tout. Pour empêcher sa mort, . Le peuple qui la craint peut l’aire quelque effort;
Il s’en est fait aimer : prévenez ses alarmes ;
Dans les lieux les moins surs faites prendre les armes; N’oubliez rien. Alice.
CECILE. ’
Vous connoissez ma foi.
Je répohds des mutins, reposez-vous sur moi/
’ ./SCENE IL
ÉLISABETH, ’ftLNEY.
ELISABETH
Enfin, perfide, -enfin ta pe»Jte est résolue ; .
C’en est fait, ipalgré moi, toi-même l’as conclue. De ma lâche pitié tu craiglioisies effets ;
Plüsde grâce, tes veaux vont être satisfait?.
Ma tendresse emportoit une indigne victoire; ■ Jé l’étouffe; il est.temps d’avoir soin de ma gloire; Il est temps quç mpn cœur, justement irrité,.
Instruise l’univers de. toute ma fierté*.