ACTE III, SCENE IV
Mais , hélas tqu’ai-je pu faire plus contre moi , Pour le rendre à sa reine , et rejeter sa for?
Tout parloit , m’assuroit de son amour extrême; Ponr mieux me l'arracher , qu' auriez-vous fait vous-même ? ÉLISABETH.
Moins que vous; pour lui seul, quoiqu’il fut arrive' Toujours tout mou amour se seroit conservé.
En vain de moi tout autre eût eu l’amc charmée, Poiut d’hymen. Mais enfin je ne suis point aimée; Mon cœur de ses dédains ne peut venir à bout; JEtdans.ee désespoir, qui peut tout ose tout.
7 LA DUC UE SSE
Ahtfaites-lui paroître un cœur plus magnanime. Ma sévère vertu lui doit-elle être un crime? •
Et l’aide qu’à vos feux j’ai cru devoii^offrir ÿous le fait-elle voir plus digne de nérîr ?
ÉLISABETH
J’ai tort, jele confesse; et, quoique je m’emporte, Je sens que ma tendresse est toujoüf s la plus forte. Ciel, qui me réservez à des malheurs sans fin,
U ne manquoit donc plus à mon cruel destin Que de ne souffrir pas, dans cette ardeur fatale, Que je fusse en pouvoir de haïr ma rivale !
Ah! que de la vejtu les charmes sont puissans ! Ditchesse, c’en est fait, qu’il vive, j’y consens.
Par un même intérêt, vous craigûez, et je tremble. Pour lui, contre lui-inême, unissons-nous ensemble Tirons-Ie du péril qui ne peut l’alarmer,
Toutes deux pour le voir, toutes deux pour l’aimer, * Un prix bien inégal vous en paira la peine ; Vous'aurez Umt-soncœur, jen’aurai que sa haine: