Le présent arrêt sera imprimé et affiché
(1) Instruction sur les secours à donner aux noyés et asphyxiés, lue, discutée et approuvée par le conseil de salubrité, dans sa séance extraordinaire du 29 avril 1842.
BEUARQUES GiNÉRALES.
I** Les personnes asphyxiées ne sont souvent que dans un état de BMit apparente. — 2<> Rien ne peut faire distinguer, aux yeux des penonnes étrangères à la médecine, la mort apparente de la mort réelle, que la putréfaction. — 3« On doit donner des secours k tout individu retiré de l'eau ou asphyxié par d'autres causes , k moins que la putréfaction ne soit évidents. — 4« Un séjour de plusieurs heures sous l'eau, ou dans tout autre lieu capable do déterminer une asphyxie, ne doit pas empêcher d'administrer les secours prescrits. — 5* La couleur rouge, violette ou noire du visage, le froid du corps, lajoidenr des membres « ne sont pas toujours des signes de mort. — 6* Les secours les plusessen^ tielsà prodiguer aux asphyxiés peuvent leur être administrés par toute personne intelligente ; mais , pour obtenir du succès, il faut les donner sans se décourager, quelquefois penlaat plusieurs benres de suite. On a des exemples d'asphyxiés rappelés h la vie, après des tentatives qui avaient doré six heures et plus. — 1« Quand il s'agit d'administrer des secours k un asphyxié, il faut éloigner toutes les personnes inutiles; cinq à six in^ . dividus suIBsent pour les doonerf on plus grand nombre ne pourrait quo gêner on nuire. — 8® Le local destiné aux secours ne devra pas être trop chaud , la meilleure température est de 17 degrés du theroMmètre eenti-
élèveot aussi la température. — 9° Enfin les secours devront être admi- Bistrés avec ictivilé; buîs sans précipitation et avec ordre.
ASPHYXIÉS PAU SOBMXBSIOH (NOrÈS}. — • BigUt à ItttOfe fOf UUW pii
repêchent un noyi,
V Dès que le noyé aura été retiré de l'eau, s'il est privé de mouvement et de sentiment, on le tournera sur le côté, et de préférence sur le côté droit. On inclinera légèrement la tête en avant , en la soutenant par le front; on écartera doucement les mâchoires, et l'on facilitera ainsi la sortie de Tcau qui pourrait s'être introduite par la bouche et par les narines. On peut même, immédiatement après le repêchage du noyé, pour mieux faire sortir l'eau, placer la tête «n peu plu$ bu que le corps, «aie if ne faut pas la laieeer plue de quel^uee eecondee dans cette notitian *•
2** Pendant celte opération , qui ne devra pas être prolongée ^ delà d'uno minute, on comprimera doucement et par intervalles le bas-ventre de bas en haut , et l'on en fera en même temps autant pour chaque côté de la poitrine, afin de faire exercer k ces parties les mouvements qu'elles exécutent lorsqu'on respire.
S^* Si le noyé est asses près do dépôt de secours pour qu'il |>uisse y étus transporté en moins de cinq k six minutes, soit par eau , soit par terre, on le couchera, dans la première supposition , dans le bateau, de manière quo la poitrine et la tète soient beaucoup nlus élevées que les jambes. Dans le second cas , on le placera sur le brancard , de manière qu'il y soit presque assis, et on le transportera le plus promptement possible, mais en évitant les secousses, jusqu'au lieu où d autres secours devrout lui être donnés.
4*' Si le noyé est trop éloigné du lieu où les secours devront lui être ad^ ministres pour que le transport puisse être effectué en moins de cinq à six minutes , et si la température ctt au-dessous de xéro (s'il gèle), il convient
en laissant toujours la tète libre , et de le porter ainsi au Ueu oft Fou devra continuer les secours.
Des iomt à d^mtur knqw U i^é ut anM su dépdf ék$ tecovrt médiosut.
1» Dès l'arrivée d'un noyé, on avant, si on le peut, on enverra cher* cher un médecin ou un chirurgien.
(*> Il faut bien se garder de la pratique soîTie par quelques personnes, et qui consiste \ pendre le miilade par les pieds dans 1 intention de lai faire rendre l'eaa qn'il pourrait arolr avalée. Cette pratique est escessÎTement dangeretise.
ASPHYXIE. — ASPHYXIA
rasphyxie suivant qu*el!e a eu lieu par rioimerslon dans l'eau, par les gax méphitiques , par la foudre » par le (roid , par la strangu- \ lation <m suspension et par la chaleur.
S* Immédiatement après Tarrivée du noyé, s'il est encore habillé, on lui lôtera ses vêtements, et pour aller plus vile, on les coupera avec des ciseaux. On essaiera son corps, on lui mettra une chemise on peignoir ainsi qn^nn bonnet de laine, et on le posera doucement sur une paillasse ga sur an matelas , entre deai couvertures de laine , placés sur une table. La tète et la poitrine devront être plus élevées que les jambes.
S* On couchera une oa deui fois le corps sur le côlé droit, on fera légéiement pendier la tète en la soutenant par le front , pour faire rendre Veau. Cette opération ne devra durer qu'une demi-mioule chaque fois. Il est inutile de la répéter sHI ne sort pas d'eau ou de mucosités (des glaires , de l'écume).
4» On imitera les mouvements que font la poitrine et le ventre lorsqu'on respire, en exerçant avec les mains sur ces parties, comme cela a déjà été dit plus haut, des compressions douces et lentes. On laissera un repos d'environ un quart de minute entre chaque opération. On réitérera cette tentative de temps à autre (de dix minutes en dix minutes, nlusou moins). 5* Tout en exerçant ces compressions • on s'occupera d'aspirer l'eau , l'écume ou les mucosités qui nourraient obstruer les voies de la respiration. — A cet effet, on prend la seringue à air (seringue d'étain, munie d'un ajutage en cuivre). On pousse le piston jusqu'à l'ajutage , on enduit cet ajutage de suif, ou mieux encore d'un mélange de mine de plomb et de graisse; on le place dans la douille en cuivre du tuyau flexible, on l'y ÛX9 par une fermeture à baîonneUe; on introduit ensuite la canule du tuyau flexible dans une des narines que l'on fait tenir complètement fermée par un aide, ainsi que l'autre narine et la bouche, en rapprochant les lèvres; enfin on tire doucement et graduellement vers soi le piston de
opération.
de trois ans , on n'upire chaque fois que jusqu'au quart de la caoacilé de la seringue. Pour un enfant plus âgé (jusqu'à douze ou quinxe ans), on aspire jusqu'à la moitié; et s'il s'agit d'un adulte , on peut aspirer jusqu'à la capacité entière de la seringue.
6* Aussitôt que la respiration tend à se rétablir, c^est-à-dire dès qu^oa s^aperçoil que le noyé happe pour ainsi dire l'air, il faut cesser toute aspiration ou tout autre moyen spéesalsment dirigé vers le rétablissement de cette fonction.
7* Si les mâchoires sont serrées l'une contre l'autre, surtout si le noyé a toutes ses dents et qu'elles laissent peu d'interstices entre elles , il convient alors d'écarter très-légèrement les mâchoires, en employant le petit levier en buis. On maintiendra l'écarteroent obtenu en plaj^t entre ces dents un morceau de liège ou de bois tendre. Cette opération devra être exécutée avec ménagement et sans violence.
8* Dès le commencement des opérations qui viennent d'être décrites, c*est-à-dire dès l'arrivée du noyé, un dcs.aides s^occupera de tout ce qui est nécessaire pour réchaullèr le corps.
9* Pendant qu*on s*oecupera de rétablir la respiration , l'aide remplira d'eau le caléfacteur, et versera dans la galerie inférieure l'alcool nécessaire pour la portera l'éballition : uae fois que cet alcool sera éteint, il introduira l'eau chaude dans la bassinoire; on promènera la bassinoire par-dessus le peignoir de laine sur la poitrine , le long de l'épine du dos et sur le basventre , en s'arrètant plus longtemps sur le creux de l'estomac et aux plis des aisselles. On frictionnera les cuisses et les extrémités inférieures avec des frottoirs en laine préalablement échauffés , la plante des pieds et l'inlérieur des mains avec des brosses , sans cependant trop appuyer, surtout an commencement de Popération.
10* Quels que soient les moyens qu'on emploie pour réchauffer le corps d'un noyé, il faut se régler sur la température extérieure. Tant qu'il ne gèle pas 9 on j^ut être moins circonspect. Cependant, il ne faut jamais chercher, particulièrement dès le début des secours , à exposer le corps du noyé à une chaleur supérieure à trente-cinq degrés centigrades. La bassinoire a, il est vrai, un degré de chaleur plus élevé ; mais comme elle agit à travers une couverture ou une chemise de laine, et ne reste pas longtemps appliquée sur la même place , son action se trouve par cette raison suffisamment afliûblie. — Si, au contraire, il gèle, et que le noyé, après avoir été retiré de l'eau , soit resté assez longtemps exposé à l'air froid pour que des glaçons se soient formés sur son corps , il faut alors , aussitât qu'il arrive et même avant , ouvrir les portes ainsi oue les fenêtres afin d'abaisser la température au degré de glace fondante (ce qu'on constate par le thermomètre J, lui appliquer sur le corps des compresses ou linges trempés dans de rean à zéro , dont on élève peu à peu la température. Cette élévation doit toutefois s'opérer plus promptement pour les noyés que pour les asphyxiés par l'action du froid seulement , et sans qu'il y ait en submersion. On peut, chez les submergés, élever la température de deu:^ de|^ toutes les deux minutes , et, lorsqu'on est arrivé à vingt degrés , avoir recours aux frictions, ainsi qu'à la chaleur sèche. 11 faudra en même temps élever la température du lien où l'on donne des secours en refermant les portes et les fenêtres. Il ne faut cependant pas que la
4. Dès que Pavis d'une asphyxie lui est transmis, PoflBeierde police le plus voisin doit se transporter sur les lieux pour faire donner des secours à l'asphyxié, qu'on transporte, si cela esl pos-
chaleur du local arrive plus haut que 17 degrés du thermomètre centigrade (14 degrés du thermomètre de RéaumurJ.
il<* Tout en employant les moyens nécessaires pour réchauffer le noyé et pour rétablir la respiration , on le frictionnera avec des frottoirs de laiqe chauds sur les cuisses, les bras, et de temps à autre de chaque cdté de l'épine du dos ; on brossera doucement , mais longtemps, la plante des pieds ainsi que le creux des mains. On pourra aussi frotter avec lea frottoirs en laine le creux de l'estomac, les flancs, le ventre et les reins , dans les intervalles où l'on n'y promènera paila bassinoire.
12*' Si le malade donne quelques signes de vie , il faut continuer les frictions et l'emploi do la chaleur, mais bien se garder d'entreprendre rien qui puisse gêner, même légèrement , la respiration. Si le noyé fait des efforts pour respirer, il faut discontinuer pendant quelque temps tonte manœuvre qui pourrait comprimer la poitrine ou le bas-ventre.
13* Si pendant les efforts plus ou moins pénibles que fait le noyé pour aspirer l'air, ou pour le faire sortir, on s'aperçoit qu'il a des envies do tomir, il faut provoquer le vomissement en chatouillaat le fond de la bouche avec la barbe d'une plume.
14* Dans aucun cas , il ne faut introduire le moindre liquide dans la bouche d'un noyé , à moins qu'il n'ait repris ses sens et qu^il poisse Cad* lement avaler.
15* Si le médecin n'est ms encore arrivé, on peut faire prendre an malade une cuillerée d'eau-de-vie camphrée ou d'çau de mélûse spirtiueuse mêlée a une cuillerée d'eau, et le coucher dans nn lit bassiné , on da moins sur un brancard garni d'un matelas et d'une couverture» en ayant soin de tenir la tête élevée.
16* Si le ventre est tendu, on donne un lavement d'eau tiède dans laquelle on a fait fondre une forte cuillerée à bouche de sel. Mais il ne faut jamais employer ce moyen avant que la respiration et la diîdeur soient hien rétablies.
17* Dans le cas oA après une demi-heure de secours assidûment administrés, le noyé ne donnerait aucun signe de vie, et si le médecin n^était Sas encore arrivé , on pourrait recourir à l'insufflation de fumée de tabac ans le fondement. — Voici la manière de la pratiquer : — L'appareil qui sert à cet usage se nomme appareil fumigaloire. Pour le mettre en jen, on humecte du tabac à fumer. On en charge le fourneau formant le corps . de la machine fumigatoire, et on l'ailume avec un moroeaa d'nmâiioa on avec ua charbon, ensuite on adapte le soufllet à la machine : qnnad on voit la fumée sortir abondamment dn bec du chapiteau, on y ndnpie le tuyau fumigatqire, au bout duquel on ajoute la canule qu*on intradnit dans le fondement du noyé. — On fait mouvoir le soufflet, afin do pousser la fumée dans les intestins du noyé. Si la canule se bouche en rencontrant des matières dans le fondement, ce qu'on reconnaît à la noriie de la fumée au travers des jointures de la machine , ou à la résistance da soufflet, on la nettoie à l'aide de l'aigutUeà dégorger, et l'on recommencev en ayant soin de ne pas introduire la canule aussi profondément. — Chaque injection de fumée devra durer une à deux minutes an plus, et dans aucun cas elle ne devra être portée au point qu'on s'aper{oive que le Tentie se ballonne (qu'il augmente d'une manière sensible de volume , qa^il se gonfle et se tende). —Après chaque opération , qu'on pourra répéter plusieurs fois de quart d'heure en quart d'heure, on exercera à plusienn reprises une légère pression sur le bas-ventre , de haut en bas, el , nvant de procéder à une nouvelle fumigation , on introduira dans le fondement une canule fixéeànneseringue ordinaire vide dont on tirera le piston ven soi, de manière à retirer l'air que les intesUns pourraient contenir de trop. 18* Quand le noyé revient à la vie, il faut, si oa ne fient paaJnire autrement , le porter sur le brancard à l'hépital le plus voisin. Mais iorsqu^on peut disposer d'un lit , on le bassine et Ton y laisse reposer le malade pendant une heure ou deux. S'il s'y endort d'un bon sommeil , il fnnt le laisser dormir. Si, an contraire, sa face, de pâle qu'elle était » se colora fortement pendant l'envie de dormir, et qu'en réveillant le maindo il re* tombe aussitôt dans un état de somnolence , on doit préparer des skift» pismes (pâte de farine de moutarde et d'eau tiède) et lui en appliquer entre les épaules , ainsi qu'à l'intérieur des cuisses et aux mollets. On Int posera en même temps six à huit sangsues derrière chaque oreille. Il esl entendu qu'on n'aura recours à ces moyens qu'autant qu'il n'y nnmit pas de médecin présent ; car, dans le cas contraire , ce serait à lai à décider s'il faut tirer du sang, en quelle quantité, sur quel pomt el pnr quel moyen.
ASPaVXlÉS PAS LES GAZ HÉPniTIQUIS.
On comprend sous la dénomination générale d'asphvxieipar les gan anéphy tiques, les asphyxies produites par la vapeur du charbon, parles émin* nations des fours à chaux , des fosses d'aisance , des puits » oes jniisnrdsy des cileroes , des égouts , des cuves à vin , bière , cidre , vinaigre « des caves renfermant de la drêche, en un mot, par les gai impropres à U respiration. — Toutes peuvent être traitées par les moyens qui soiveni : ' 1* Il faudra sortir promptement l'asphyxié du lieu népbytisé ei Tej poier an grand air«