AVANT-PROPOS
Trouver à point nommé , par ordre alphabétique , les renseigneraens dont on a le plus souvent besoin , l’indication des sources où il faut aller puiser pour en obtenir de plus détaillés ; des définitions précises , des modèles de calcul disposés pour aider la mémoire : voilà les avantages que présente le Répertoire que nous offrons aujourd’hui à la marine.
Plusieurs auteurs nous ont précédé. L’amiral Willaumez a composé le Vocabulaire le plus étendu qui existe, mais ce n’est qu’un vocabulaire; le savant amiral n’a pas voulu sortir des limites de la nomenclature. L’Escalier nous avait donné , il y a long-temps, un vocabulaire avec quelques définitions; mais cet auteur n’a abordé aucune des questions de physique , de statique ou d’astronomie : avant lui , Bourdé avait fait paraître un petit dictionnaire, bien excellent alors et encore bon maintenant ; mais son manuel, un peu resserré, commence à vieillir. La marine n’a donc aujourd’hui que son Encyclopédie , ouvrage dont le mérite supérieur n’est certainement pas contesté ; mais cet ouvrage est cher , peu d’officiers peuvent se le procurer , et d’ailleurs une grande partie des articles savans sont traités avec trop de transcendance. Il faut, pour
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suivre M. Vial-du-GInirbois et autres , être grand calculateur, bon mathématicien et physicien. Tous les officiers qui se vouent à la mer n’ont pas cette supériorité d’instruction , et ne peuvent souvent tirer parti de cet excellent ouvrage.
Nous avons voulu suivre une marche plus terre-à-terre, nous mettre à la portée de tout le monde, par un prix modéré et par des formules purement arithmétiques. Notre intention est de venir au secours de la mémoire des gens instruits , et de faciliter le travail de ceux qui , sans être assez versés dans les sciences pour puiser aux grandes sources, le sont cependant assez pour vouloir repasser les principales questions qui intéressent plus particulièrement l’homme de mer dans sa navigation : ces questions sont relatives à l’observation des astres , à l’emploi des machines mises à sa disposition, à la connaissance du vaisseau sous les rapports hydrostatiques; à celle de sa voilure et à la recherche de l’impulsion du vent sur ses voiles, etc. Nous avons voulu que la connaissance de l’arithmétique et delà trigonométrie fût suffisante pour nous comprendre et obtenir les résultats utiles que le marin cherche souvent sans les pouvoir trouver.
Les savans,les académiciens dédaigneront notre ouvrage, beaucoup trop simple pour eux, mais nous espérons qu’il sera recherché par tons les jeunes marins qui désirent s’instruire , et que plus d’un officier, qui souvent perd de vue quelques-unes des observations qui lui sont utiles , sera bien aise de les trouver ici et de se remettre au courant. En un mot, nous avons voulu être utiles au plus grand nombre , sans aucune prétention d’amoiirpropre. Un journal savant , très-erlimé et fort estimable.
nous a reproché de n’être pas assez élémentaire dans notre Géographie physique , lions espérons que cette fois il sera satisfait, et qu’il ne nous accusera pas d’avoir visé trop haut. i
Nos marins dans les ports étrangers ne peqvent souvent comprendre le pilote qui leur vient de terre, ni réciproquement s’en faire comprendre; d’autres ne peuvent en tendre des relations écrites eu langue étrangère; le commerçant est souvent embarrassé pour traduire des jugemens, des procès-verbaux d’avaries, des polices d’assurance. Nous venons au secours des uns et des autres , en leur donnant la nomenclature de la marine en six langues différentes. Nous regrettons que notre séjour en Russie n’ait pas été assez long pour y joindre la nomenclature dans la langue de ce pays , peut-être pourrons-nous la donner dans la suite.
Nous avons négligé quelques mots locaux et plusieurs termes de pêche qui n’appartiennent pas è la marine proprement dite, et qui ne peuvent intéresser ni le marin militaire, ni le navigateur, ni même l’armateur; et malgré nos efforts pour réduire notre ouvrage dans les bornes les plus resserrées , nous avons donné 4*89 articles. Il en est beaucoup qui ne sont pas techniques, nous n’en avons donné le nom qu’en français , parce qu’on peut le trouver dans tous les dictionnaires. Tels sont par exemple , force, accèlèrative et autres , centre de voilure, air, aimanter et plusieurs autres de ce genre, et d’ailleurs, pour éviter les répétitions , nous ne donnons que rarement le nom étranger d’un participe dont nous donnons le verbe. Nous avons également supprimé la synonymie des termes scientifiques dont les noms , tirés du grec ou du latin , ont passé de la
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tangue française dans les autres langues sans aucun changement ou avec une légère variation. Enfin le négociant trouvera , pour bien des cas prévus , l’indication des articles du Code de commerce qui le concerneront , nous lui avons mipne désigné les objets d’exportation et d’importation pour les divers pays vers lesquels ses spéculations pourraient se tourner. En un mot , dans cet ouvrage comme dans tous ceux que nous avons publiés jusqu’à ce jour, nous avons eu pour but d’être utile, et tous nos vœux seront comblés , si nous avons pu y parvenir.
ABACA. s. m.
angt. abaca. — esp. abaca. — ail. abaca. — it. abaca. — port, abaca.
Sorte de roseau des Manilles, dont on fait des cordages dans le pays: l’eau douce les vicie. Ces cordages sont bien moins communs que ceux de taire. V. ce mot.
ABANDON, s. m.
angt. abandonnaient. — esp. abandono. — ail. abandoniraog.
— U. abbandono. — port, abandono.
Action d’abandonner un objet pour compte de qui il appartiendra. Y. abandonner.
ABANDONNER, v. a.
angl. to abandon, — esp. abandonar. — ail. verlassen. —
U. abbandonnare. — port, abandonar.
On abandonne un vaisseau, ou ce qu’il contient, ou même des marchandises à terre, dans les cas suivans:
Dans un naufrage, — dans le cas de couler bas d’eau, — dans un danger imminent de perdre la vie en restant plus long-temps à hord; — dans un incendie; — pour éviter de tomber au pouvoir de l’ennemi, surtout des pirates barbaresques; — pour se dessaisir d’un envoi non demandé; — pour se soustraire à une vexation illégale des autorités; — en cas de prise. V. prise.
L’accident qui force d’abandonner a lieu quelquefois dans les pays où il n’y a pas d’autorités locales pour recevoir les
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déclarations du capitaine. Dans ce cas, il doit dresser un procès-verbal, dans lequel sont énoncés tous les motifs qui ont contraint au délaissement. Cet acte doit être signé du capitaine, des officiers majors et mariniers, même des matelots qui savent écrire ; en un mot, il doit prendre toutes les précautions qui peuvent assurer son authenticité et sa validité , car c’est celte pièce qui décide des intérêts réciproques des chargeurs et des assureurs.
Si l’abandon a lieu par suite d’un naufrage, le capitaine doit donner tous ses soins à sauver tout ce qu’il peut pour le compte de ses assureurs, afin de diminuer leur perte autant qu’il est en son pouvoir, jusqu’à ce que les autorités désignées par les lois se présentent pour veiller aux intérêts de qui il appartient. (Ordonn. de la mariue, liv. III, tit. VI, art. 60 , et liv. IV , tit. IX , art. 6. )
L’abandon peut avoir lieu dans un port dans une circonstance où l’intérêt de l’armement l’exige. (Ordonn. de la marine de 1681, liv. IV, tit. IX, art. u. )
Dans le cas d’une punition arbitraire qui éloignerait un capitaine de ses affaires, ou si, dans une colonie, l’autorité supérieure voulait disposer d’un uavire contre les intérêts de l’armateur, ou en disposait par un coup d’autorité ; te capitaine peut protester contre force majeure, et abandonner pour compte de qui il appartiendra. C’est un procès à soutenir ensuite devant les tribunaux.
L’abandon est la même chose que le délaissement. Voyes le Code du commerce, loi du i5 septembre 1807, liv. II, tit. X, sect. III.
A BàS. commandement.
angt. down. — ctp. abaxo. — ail. nieder. — il. cala basso.
— port, abaixo.
On dit à bas le monde, pour faire descendre les hommes qui sont sur les vergues ou dans les hunes, ou pour faire des-
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cendre dans tout autre cas. On dit aussi à bas le feu , à bas les branles, pour les faire reporter en place. A bas les branles est le contraire de branle bas.
ABATAGE, s. m.
angl. birtb. — esp. lugar para tumbar. — ail. raura um wenden.
— it. epazio per girare , spazio per tombare. — port, lugar pcra virar.
Place nécessaire pour abattre en appareillant. V. évitage. Action d’abattre un vaisseau en carène. Dur d'abatage. Facile d’abatage , etc.
ABATÉE. s. f.
angl. caatingof, falliag of. — esp. abatimiento. — ait. bewegung um wenden. — it. giramento. — port, girada.
Mouvenoent giratoire que fait un vaisseau debout au vent,
pour écarter son devant de la ligne du vent soit d’un côté ou
de l’autre. L’abatée commence à la ligne du vent, et finit à
six pointes du vent ; c’est là que commence l’arrivée. Donc
l’abatée est toujours masquée, ou censée masquée. L’arrivée,
au contraire, a le vent dans la voile, ou peut l’y avoir. Dans
l’abatée, le devant se meut, mais dans l’arrivée c’est le derrière.
ABATTRE, v. ac. et neut.
angl. to cast of , to fait of. — esp. abatir. — ait. wenden. — it. girare. — port, virar.
C’est faire une abatée. Le marin ne doit pas perdre de vue qu’il cule en abattant et qu’il doit avoir la barre à contre.