‹ Répertoire polyglotte de la marine, à l'usage des navigateurs et des armateursChapitre 2 sur 140 · ABATTRE EN CARÈNE · texte numérisé non relu

ABATTRE EN CARÈNE

angl. toheavedown , to heave onthe beamsend. — esp. tumbar ala quilia, darel coatado, darla quitta. — ail. kiel holen , ein sebitt aufdie seile winden. — it. metlere una nave aile bande, tombaie una nave. — port, virar de caréna , dar lados.

C’est coucher un vaisseau sur le côté jusqu’à ce qu’on voie

sa quille hors de l’eau : cette opération est très-compliquée.

On se sert des mâts majeurs comme de leviers, à la tête des-

quels on applique la puissance avec de fortes caillornes. Cette puissance est établie sur un corps solide; assezcommunément c’est un ponton. Le point d’appui est dans les étambrais, et la résistance au pied du mât. C’est un levier de première espèce, ou, si l’on veut, on peut le considérer comme seconde espèce , en plaçant l’appui au pied du mât et la résistance dans les étambrais. Le vaisseau lége dans un port bien abrité, sollicité par la force des apparaux appliqués à la tête de ses mâts, tourne , roule sur son centre de gravité , se couche , noie son plat bord, et découvre sa carène qu’on peut alors réparer; et il est à observer qu’un vaisseau bien calfaté en carène, devient bien plus étanche que s’il était calfaté échoué, parce que, dans la résistance qu’il oppose pour se coucher, il travaille , et cet effort fait bâiller toutes les jointures. On les calfate en cet état, et quand le vaisseau se redresse, toutes ses coutures serrent l’étoupe avec force pour se restituer dans leur état premier, et ferment ainsi tout accès ù l’eau. Détailler cette opération n’est pas dans notre plan ; le marin doit la voir. Nous observerons seulement qu’il est des vaisseaux tellement construits que leur centre de gravité est très-élevé, et qu’alors ils peuvent passer entièrement, ou refusent de se relever : on prévient ces deux accidens avec de fortes redresses frappées sur le fort du vaisseau abattu, et à la tête des mâts du ponton.

ABKAUSIR. inusité. V. beausir.

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