‹ Répertoire polyglotte de la marine, à l'usage des navigateurs et des armateursChapitre 20 sur 140 · APPAREIL DE VOILES · texte numérisé non relu

APPAREIL DE VOILES

angl. set of «ails. — esp. aparejo. — ait. zubereitung. — ital . giuocco di vele. — port, apparelbo.

Ce mot a la même signification que jeu de voiles. C’est la totalité des voiles que peut gréer un vaisseau.-

Selon d’autres, il ne faudrait pas confondre ces deux expressions. L’appareil serait la quantité des voiles orientées, et le jeu les comprendrait toutes. Nous inclinons pour cette dernière définition.

APPAREILLAGE, s. m.

Action d’appareiller. On est en appareillage, quand on se dispose à appareiller.

APPAREILLER, v. n.

angl. to set sail , to get undcr sail. — esp. ecbar en vêla , aparéjar, dar la vêla, hacerse a la vêla. — ail. absegeln. — ital. far partanza. — port, dar pano.

Chef-d’œuvre de la manœuvre. C’est ce qu’il y a de plus compliqué, de plus difficile, de plus varié dans l’art de conduire un vaisseau. C’est enfin livrer le vaisseau à l’impulsion de ses voiles et de son gouvernail en quittant le mouillage.

L’appareillage sur des amarres que l’on file à volonté; sur une embossure étrangère, sur un coruiors, sur un ponton : tout cela ne vaut pas la peine de nous occuper. Considérons

le navire isolé et privé de tout autre moyen que ceux qui lui sont propres. Il n’est pas indifférent de désaffourcher et de lever n’importe laquelle des deux ancres; il faut se ménager, pour appareiller, celui des deux cables qui sera au vent dans l’abattée.

Il y a du courant, ou il n’y en a pas. Le vaisseau évite toujours debout au plus fort, soit au courant ou au vent.

Cela posé, on se trouve dans l’un des cinq cas suivons:

i*. Debout ou vent sans courant; a* debout au vent et au courant; 5° en travers au vent et au courant, ou entre vent et mer; 4° debout au vent, mais non au courant; 5° debout au courant, mais non au vent.

Les trois premiers cas sont d’une extrême facilité , mais les deux autres se modifient beaucoup, parce que la direction du vent et du courant peuvent faire avec la quille un angle plus ou moins aigu, et la position peut être scabreuse, car il faut souvent abattre absolument sur un bord déterminé, soit qu’il n’y ait pas à courir sur l’autre bord, soit parce qu’il y aurait des abordages à craindre.

Dans la quatrième proposition, si l’on prend le courant par la joue du vent de l’abattée, l’appareillage est facile; mais si le courant prend par la joue sous le vent de l’abattéc, l’appareillage peut devenir impossible sans secours étranger, et si l’on se trouvait pressé dans cette position par un ennemi, le plus sûr serait de frapper une croupière sur le cable, et d’appareiller dessus en sacrifiant l’un et l’autre.

Dans la cinquième proposition, la même difficulté se reproduit : si debout à un violent courant on prend le vent par la joue du vent del’abattée projetée, l’appareillage est encore tout facile; mais si on prend le vent par la joue sous le vent de l’abattée projetée, c’est-à-dire, si on veut abattre dans le vent , l’appareillage est encore plus difficile que dans le quatrième cas, à moins qu’il n’y ait un très-fort courant;

flans ce cas, on peut filer grande louée et avec un fort équipage, les vergues brassées à Joindre, si on borde rapidement les huniers en mettant la barre comme pour donner vent devant; la marée fera prendre les voiles bien dessus le mât, c’est le moment de couper le câble pour achever l’abattée. Cette manœuvre très-brillante, n’est justifiée que par une absolue nécessité et ne réussit pas toujours.

APPEL, s. m.

Direction de la puissance vers la résistance. Une corde est tendue à son appel. Un vaisseau est à l’appel de son câble.

APPELER, v. n,

angl. to grow , to draw. — up. halar, tixar. — ail. spannen. — it. tirare. — port. alar.

C’est sentir la puissance ou la résistance. Tout cordage qui appelle , sent la puissance qui le sollicite , et cette puissance se manifeste selon la direction vers la résistance ; toute corde qui n'appelle pas n’éprouve ni puissance ni résistance. Le câble en bande n'appelle pas ; il appelle de l’ancre dès qu’il sent la puissance du vaisseau. Les bras appellent du bout des vergues, mais s’ils sont en bande, ils n’appellent pas. On ourne une manœuvre à son appel, là où on lui applique la puissance, etc.

APPELER — le quart.

angl. call the rvatch. — up. llamar a la guardia. — al!, di wnche rufen. — it. chiamare la guardia. — port, charaar o quarto.

Crier à l’équipage de se lever et de monter sur le pont pour faire le service, soit quand on relève les quarts, ou quand, dans un cas pressé, on a besoin de bras pour une manœuvre urgente. Dans le premier cas , on crie tribord au quart, ou bien bâbord au quard, A haut tribordais , ou bien à haut babordais. Dans le second cas, on crie à haut le inonde.

— Appeler le quart, c’est faire l’appel du rôle de quart, pour voir si chacun est à sou poste.

APPERT. V. provisions.

APPOINTEMENS. V. gages.

APPROCHER, v. n.

angl. toscaot, to bead. — esp. escacear. — ail. schrahllen. — it. scarso vento. — port, escassar.

Le vent approche quand il haie de l’avant, il approche jusqu’à ce qu’il refuse , ce qui a lieu quand il ne permet plus de mettre le cap en route.

APPROVISIONNER, v. a.

angl. to stock. — esp. provecr. — ail. mit vorrath verseheo. — it. provvedere. — port, abastecer.

Embarquer toutes les provisions nécessaires en tout genre pour la navigation qu’on se propose, comme vivres de toute espèce, bois à brûler, munitions de guerre , etc.

Le capitaine qui manque de provisions, relâche pour en acheter, mais cela n’est pas exempt de contestation de la part des assureurs et des chargeurs, car s’il était prouvé que ce fût par sa faute et que le vaisseau n’eût pas été suffisamment approvisionné , les assureurs feraient procès, parce qu’on leur ferait courir un risque pour lequel ils n’ont pas assuré, et les chargeurs réclameraient pour perle de temps. Consultez le Code de commerce, liv. II , tit. IV, art. 254, a56 , 259. — V. provisions.

APPUYER, v. a.

angl. to haut taugbt. — esp. apoyar. — ail. steif macben. — il. distendere. — port, apoiar.

Appuyer un cordage , c’est le raidir assez pour le faire appeler de l’objet auquel il appartient et le lui faire sentir. C’est

en cela qu’appuyer diffère d’abraquer le mou ; dans ce dernier cas, l’objet ne sent pas le cordage.

— On appuie les bras du vent quand il fraîchit au plus près, afin de soulager l’effort des vergues. — Un vaisseau est appuyé par sa voilure , quand, au roulis, il ne retombe pas dans le vent. — On appuie une chasse quand on chasse sous grande voilure, ou bien quand on soutient les chasseurs pour les protéger.

APSIDES, s. f.

Ce mot est emprunté du grec xif/ir. Malgré cette étymologie, qui décide pour apsides, on écrit presque toujours absides.

Si l’on conçoit l’orbite tracée par la révolution d’un corps céleste, et que cette orbite soit une ellipse, le point le plus éloigné et le point le plus rapproché d’un des foyers de cette ellipse seront les apsides; et si l’on conçoit un axe par ce foyer e< par les deux apsides, cet axe se nommera la ligne des apsides.

ARAIGNÉE, s. f.

ang7. due, crowfoot. — etp. arana, pie «le cabra. — ail. hahn poot. àuh fusa, spinnen kopf. — if. pie di porco , pie di capra. — port, aranha , pe de cabra.

Complication de plusieurs bouts de carentenier, qui tous, comme autant de rayons, partent de la même bague, ou de la même tige’qu’on nomme moque d’araignée. La moque est percee d autant de petits trous que l’araignée a de branches, et 1 autre extrémité est percée d’un clan avec un rouet, qui sert à la raidir ou à la suspendre. Ce sont des araignées qui suspendent les tentes ; des araignées à cosse suspendent les cadres; on en garnit l’avant des hunes pour empêcher laralingue de fond des huniers de s’engager dessous.

ARBALÊTRE. s. tu. ou Arbalestbille, ou Flèche.

angl. jacob staff, cross staff. — esp. balestrilla. — ail. jacob st.ib. — if. batestra. — port, balestrilha.

Instrument d’astronomie toul-à-fait en désuétude.

AllBRE. s. m.

Ancien nom des mâts. V. mât.

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