‹ Répertoire polyglotte de la marine, à l'usage des navigateurs et des armateursChapitre 21 sur 140 · ARBORER · texte numérisé non relu

ARBORER

Expression du haut style. V. pavillon, couleur.

ARC. s. m.

angl. cambcring. — esp. arco. — ail. katzenrucken. — liai. arco. — port. arco.

Courbure que prend un vaisseau en sens inverse de sa tonture, par la pesanteur de ses extrémités. C’est un défaut qu’il contracte en se brisant, en rompant ses liaisons. Cela • provient d’accidens ou de vétusté. V. arqué, arquer. *

ARCASSE. s. f.

angl. sien framc. — esp. quadra de popa. — ail. spiegcl, gilling. il. arcaaso, specchio. — port, carro da popa, almeida.

Toute la face d’arrière d’un vaisseau, à partir du talon, y compris la levée d’estains , toutes les barres d’eslains, la lisse d’hourdy et toutes les barres et baux qui traversent la poupe.

ARC-BOUTANT, s. m.

angl. out rigger. — esp. costonc, pescante. puntal. — ail. stutlen, tackler. — it. bighe, puntello. — port, esbirro, ftisi',envasadura.

On connaît à la mer deux arc-boutans; le premier se met sous le beaupré, et se fixe sur le chouquet; il est placé verticalement, et reçoit par le bout d’en bas la martingale du grand froc pour contre - balancer le hal de la drisse et de l’amure.

Le second est établi dans les hunes des deux mSts majeurs pour pousser au large le galhauban volant, afin d’augmenter le sinus de l’angle qu’il fait avec le mât, que cela appuie davantage. On saille dehors cet arc-boutant avec un palan, et on l’établit dès que le vent est du travers et en hallant l’avant.

AKC-EN-CIEL. s. m.

angl. rain bow. — tsp. areo iris. — ail. regenbogen. — it. arcobaleno. — port, arco iris.

Météore orné des sept couleurs primitives, et que l’on aperçoit dans l’air quand on tourne le dos au soleil, alors qu’on regarde un nuage qui se résout en pluie. Cet arc est la base d’un cône, dont le sommet est dans l’œil du spectateur, et dont l’axe (qui se nomme aussi ligne d’aspect) est parallèle aux rayons du soleil. Or, le diamètre de ce cône a ses limites calculées; et, dès lors, on conçoit que si le soleil est très-élevé, ses rayons seront tellement inclinés à l’horizon que l’axe qui leur est parallèle plongera sous l’horizon d’une quantité plus ou moius grande suivant la hauteur du soleil; et si cette quantité excède le demi -diamètre du cône, l’arc sera invisible, parce que, dans ce cas, si l’arc existait, son axe ne passerait pas dans l’œil du spectateur. On peut donc voir plus ou moins de l’arc-en-ciel , selon la position du soleil : par conséquent, la vue de ce météore est subordonnée à l’élévation du soleil sur l’horizon, ou sur une droite horizontale, passant par l’œil du spectateur, d’où l’on conclucra que si l’œil est placé sur une montagne très-élevée, et si la ligne horizontale, passant par son centre, est élevée au-dessus de l’horizon d’une quantité égale au demi-diamètre du cône, on pourra yoir le cercle coloré tout entier.

On aperçoit souvent deux arcs-en-ciel; leurs couleurs sont en ordre opposé. On en voit quelquefois trois; alors les couleurs du troisième sont dans l’ordre du premier. On en

a vu jusqu’à quatre, dont deux opposés aux deux autres, mais cela est très-rare; on n’en aperçoit le plus souvent qu’un , et assez fréquemment deux. Le moins élevé est l’intérieur, l’autre est l’extérieur. L’arc-en-ciel est un effet catadioptrique ; l’arc intérieur est produit par deux réfractions et une réflexion de la lumière, au travers des gouttes de pluie ; l’arc extérieur est le résultat de deux réflexions et de deux réfractions. Pour la démonstration , voyez notre géographie physique, première partie, folio 174.

On voit quelquefois l’arc-en-ciel sous l’apparence de deux colonnes, lorsqu’un nuage intercepte le sommet de l’arc, ou quand il ne pleut que dans les endroits où l’on aperçoit les couleurs. L’arc peut se présenter obliquement et paraître ovale. Enfin, et c’est le plus extraordinaire, l’arc-en-ciel peut paraître renversé; cela se voit à la mer ou sur de très-grands lacs, quand l'eau est assez calme pour réfléchir régulièrement les rayons du soleil.

La réfraction et la réflexion de la lumière peuvent même avoir lieu avec une lumière empruntée ; et, en effet , on a vu des arcs-en-ciel lunaires; on ea observa un à Chartres le 26 septembre 1779, entre 9 et 10 heures du soir.

ARCHIPEL, s. m.

angl. achipelago. — isp. arcbipielago. — ail. arcbipelagus. — if. arcipelago. — port, archipclago.

Amas d’îles. Celui de Grèce jouit de ce nom par excellence; les autres ont des noms particuliers.

ARCHIPOMPE, s. f. ou Abchepompe. Coffre des pompes.

ansl. pump well. — esp. area de bomba , pozo , caxa de la bomba. — ail. pumpensood , — it. arcitromha, aentina. — port, arcade bomba.

L’archipompe se nomme aussi puits. C’est une sorte de tambour pratiqué dans la cale des vaisseaux, autour des mâts,

près desquels il y a des pompes que ce retranchement a pour objet de défendre d’un choc et de la pression de l’arrimage. Il permet aussi d’aller, au besoin, visiter le pied des pompes.

Les pompes donnent toujours de l’humidité, et ni les parois ni l’extérieur du puits n’en sont jamais bien exempts ; en conséquence , le capitaine du commerce doit éviter de placer aucune marchandise sèche auprès de l’archipompe.

ARCHITECTURE — navale. V. vaisseau.

ARCTIQUE, adj.

Qui appartient à l’ours, qui est septentrional; c’est du haut style.

ARDENT, adj. être.

angt. griping, to gripe. — • etp. partir al puno. — ail. irrlicht, das allzusebr nntcr den wind kommt. — U. ardente. — port. ardente.

On dit qu’un vaisseau est ardent quand il vient au vent de lui-même, et sans y être sollicité par son gouvernail. Il est très-ardent quand il vient au vent , malgré sa barre ; c’est ce qui arrive souvent

Un vaisseau est ardent, parce que la marée ou la lame le jettent dans le vent, ou parce que sa mâture est mal placée , ou parce que sa voilure déployée est mal balancée. Pour corriger cette ardeur, on est obligé d’avoir la barre quelques dents au vent : cela nuit au sillage. Il faut donc tellement balancer la voilure , que le vaisseau tienne en route avec la barre droite. Indépendamment de ces causes, il en est une autre, c’est la bande que donne le vaisseau quand il survente, ou quand on porte trop de voile en travers au vent, parce que la résultante de l’effort de l’eau sur la carène, ne reste plus dans le même plan vertical ort se trouve la résultante de l’effort du vent sur les voiles; d’ailleurs, la barre n’est pas

plutôt au Yent, qu'il se forme sous l’arrière du vaisseau une poussée verticale qui le soulève. Aussi , un vaisseau, dans ce cas, trop pressé de voiles, ne fait-il que plonger du nez, sans arriver, ou du moins il arrive très - lentement; ce qui peut quelquefois l’engager.

Un vaisseau sur nez est ordinairement ardent ; en diminuant la différence du tirant d’eau de l’arrière, on corrige ce défaut.

ARRÊTE, s. f.

Angle qui sépare deux faces planes d’une pièce de bois ; plus cet angle est aigu, plus l’arrête est vive.

A RETOUR. V. retour.

ARGANEAU. s. m.

Expression vicieuse. V. organeau.

ARGILE, s. m.

Qualité du fond que signale le plomb de sonde. V. sonde. ARIAS, ad.

angt. cheerly. — esp. — arriar. — ait. stoss. — il. ammainare liberamente. — port, arriar.

Expression prise dans la langue espagnole, pour dire d’amener aussi vivement qu’on le peut. C’est de ce mot qu’est venu le nom de rias de poulie. Arrier , amener riemment ou riament, tous mots que les matelots de la Manche emploient volontiers.

ARIOLÉ. adj.

angl. easy sea. — esp. mar llana. — ail. leicht. sec. — Hat. ' marc abbonacciato. — port, mare de bonança.

Lorsque le vent change , la mer ne change pas tout de

suite ; elle reste mue du vent qui a cessé , elle est dure et donne de fausses lames. On dit qu’elle s’ariole à mesure que les lames contraires s’apaisent ; elle estariolce quand la lame est tout à fait avec le vent.

ARMATEUR, s. m.

angl. owner, husband. — etp. armador. — ail. rbeder. — ital. armatore. — port, armador , dont) do navio.

C’est celui qui arme un vaisseau de commerce, ou lettre de marque ou corsaire. C’est à l’armateur que le navire est réputé appartenir, quoique souvent il n’ait dans ce navire qu’un faible intérêt et quelquefois point du tout. Tout ce qui concerne les obligations et les droits de l’armateur , est consigné dans le Code de commerce, liv. II, tit. III (1).

(i) Plusieurs raisons peuvent décider une spéculation d’armement. L’armateur peut y songer lui-méme ; un capitaine expérimenté peut lui présenter un plan; un capitaliste peut lui conseiller un projet dans lequel il s'intéressera ; des avis coloniaux peuvent le déterminer à des envois directs , ou bien à les faire chercher ailleurs pour les porter aux lieux où les avis annoncent qu’ils seront de bonne défaite. Enfin nn armateur quia lait envoi de plusieurs chargemens dans une même colonie, doit y avoir des crédits arriérés ; s'il a un de ses vaisseaux inoccupé pour l’instant , il voudra l’employer, et l’enverra chercher ses recouvremcns afin d’en gagner le frèt , et dans ce cas il loi donnera une petite pacotille. Enfin , quel que soit le motif qui fasse résoudre un armateur à faire une expédition , il doit, pour la soumettre à ses co -intéressés, et pour •’cn rendre raison à lui-même, coucher son projet par écrit.

Mais l’armateur ne peut pas se livrer à toutes les spéculations dn commerce, il est forcé de se subordonner à toutes les localités. Preuons pour exemple un petit port, celui de Granville : le négociant de celte ville éprouverait des désavantages dans un armement en cargaison pour les Antilles, parce que ce port ne lui fournirait rien de premier prix ; 3 aérait obligé d'envoyer son vaisseau charger à Bordeaux ou à Marseille, et de renchérir son expédition de tout le prix de ces escales, ou bien il lui faudrait faire venir toutes ses denrées , et il en augmenterait le prix, par le fret, les assurances, les frais de chargement et déchargement , magasinage, commission et déchet.

Mais si bien des ports ne peuvent expédier en cargaison, ils expédient pour aller sur lest chercher un fret avantageux ; car dans une grande colonie on trouve assez ordinairement des denrées et des passagers destinés pour la France. G» arméniens, calculés sur la plus sévère économie , donnent du profit, parce qu’un port qui n’a pas os ses de productions pour former tin* cargaison entière d'objets de première nécessité, peut

Le mot armateur a jadis désigné un corsaire. Il est tout à fait en désuétude.

ARME. s. f.

angl. arm, weapon. — isp. arma. — ail. waffen. — il. arma. — port. arma.

Tout ce qui peut servir à l’attaque et à la défense d’un vaisseau. On distingue les armes, en armes à feu et armes blanches, et les armes à feu, en missives et projetiles. Les missives sont celles qu’on lance à la main, grenades, pots à feu. Les armes projetiles lancent le mobile à l’aide de la poudre à canon, telles que mortiers, canons, caronade, obusiers, espingoles, pierriers, fusils et pistolets. — Les armes blanches sont, le sabre, la hache d’arincs, la lance d’abordage, bayonnette et poignard.

En terme générique, on distingue cinq armes. La marine, l’artillerie, le génie, la cavalerie et l’infanterie. Deux officiers de marine disent qu’ils servent dans la même arme.

cependant fournir une assez forte pacotille pour que les bénéfices couvrent les dépenses. Ainsi une petite pacotille d'une trentaine de raille francs en représente à peu près quarante-six mille , la piastre étant à 8 francs dans la colonie ; ainsi quand an ne ferait qu'un bénéfice de 10 ponr cent d'aller, on ferait une vente déplus de cinquante mille francs qu’on peut réaliser par le retour. Ce bénéfice, joint an prix du frèt en retour, a souvent suffi ponr décider bien des armemens sur lest ; d’autres ayant un vaisseau inoccupé sans fonds disponibles , , et voyant les exportations rapides, prennent le parti d’affréter leur vaisseau, et par ce moyen peuvent gagner un frêt d’aller et un de retour. Un négociant qui a des crédits à toucher dans une colonie se décide souvent à envoyer im de ses navires 4 frêt, ou sur son lest , pour aller charger pour son compte dans la colonie, afin de faire rentrer les anciennes ventes arriérées.

Les vicissitudes de l’Amérique en ont ouvert les ports au commerce européen , et nous ont donné de nouvelles branches d’exportation , de nouveaux débouchés de nos produits d’expédition. On peut donc se livrer à des spéculations pour les pays où noos avons des consuls reconnus; mais il faut que l’armateur agisse avec prudence, et se tienne bien informé des circonstances politiques qui peuvent assurer ou barrer ses opérations; il faut qa’il connaisse quels crédits il peut faire, quelles sûretés il peut trouver dans ses transactions , et quelle solvabilité les chances des agitations publiques peuvent lui laisser cl*e* ses acheteurs .

ARMÉ. adj.

angt. armed. — tsp. armato. — ait. bcvrafltaet, — it. armato. port, armado.

Tout vaisseau , soit de guerre, soit marchand, est dit armé quand il n’aurait pas un pistolet à bord, s’il est équipé et prêt !i prendre la mer pour aller à sa destination.

ARMÉE, s. f.

angl. arm y, fleet. — esp. armada. — ail. krieg flott, gescb wader. — 1 1. armata navale. port, armada.

L’armée navale est une réunion de vaisseaux de guerre , en nombre , tel qu’il puisse se diviser en trois escadres chacune, composée de trois divisions. Il s’ensuit que la plus peite armée est de vingt-sept vaisseaux qui se divisent en trois escadres de neuf, et chaque escadre en trois divisions de trois.

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