V. le mot futaille
BAROMÈTRE, s. m. nautique.
anel barometer. — tsp. barometro. — ail. wetter glasa. — it. barometro. — port, barometro.
Le baromètre nautique est le baromètre dit à Siphon; il ne diffère des baromètres de ce genre qu’en ce qu’il est porté par la suspension de cardan.
Le baromètre est le pèse air; il sert faire connaître la pression atmosphérique : il se compose d’un tube de verre fermé par un bout, que l’on a rempli de mercure chaud, son orifice plonge dans un bassin également rempli de mercure. L’espace au-dessus du mercure dans le tube est vide , et la pression atmosphérique s’exerce sur le mercure du bassin. La différence de cette pression opère la différence
dans la hauteur du mercure dans le tube, et la limite de cette hauteur est de 28 pouces -fc. Ce baromètre est celui que l’en nomme à cuvette. Pour rendre cet instrument d’un transport plus facile, on recourbe le bout ouvert, et on remplace la cuvette par une boule soudée au-dessus de la courbure: cette boule est terminée par un bec affilé qui donne accèsà l’air extérieur. Ce baromètre est celui qu’on nomme à siphon.
L’invention de cet instrument est due à Toricelli, en
Une colonne d’air, depuis le haut de l’atmosphère jusqu’à nous, est égale en pesanteur à une colonne de mercure du môme diamètre et de 28 pouces de hauteur. Si l’air est plus lourd, il pèse davantage sur le bassin, et le mercure monte dans le tube : il descend au contraire, si l’air devient plus léger. Par conséquent, plus la colonne de l’atmosphère s’accourcira, moins elle pèsera, et plus le mercure descendra; c’est ce qui a lieu sur les hautes montagnes.
Bouguer s’exprime ainsi : « Si l’on prend la différence des » logarithmes de deux hauteurs du mercure exprimée en » lignes, et qu’on ne se serve que des quatre premières ligures «après la caractéristique; il suffira d’en retrancher une tren- »tième partie pour avoir en toises la différence de hauteur rentre les lieux où se sont faites les deux observations.» Cette méthode a donné , sur le pichinca le même résultat que la mesure géométrique, à une toise près.
Duluc, traitant le même sujet, dit : « Par une température déterminée, les différences des logarithmes des hauteurs du mercure donnent immédiatement en millièmes de «toises, la différence de hauteur des lieux où l’on a observé «le baromètre.» Mais cette théorie ne peut être d’une application générale, et les inductions que l’homme de mer peut
en retirer ne sont que relatives à la somme des variations du mercure dansées lieux où les observations sont faites.
A Paris, la variation du mercure, dans un bon baromètre , se renferme entre 28 pouces et 26 pouces ~ • c’est 2 pouces de jeu , tandis que dans d’autres endroits, sous la zône torride par exemple, le jeu entier du mercure dans le tube se renferme dans quatre lignes ; dans d’autres endroits ce jeu est plus ou moins considérable. Ainsi dans un pays où le jeu entier n’est que de 4 lignes, un mouvement d’une ligne indiquera ce que 6 lignes indiqueront à Paris; faute de tenir compte de ces rapports dans la comparaison des observations en des lieux dififérens, on n’arrive qu’à de faux résultats.
L’homme de mer, dansles pays lointains, est souvent dans le cas de faire avec le baromètre des observations utiles à la physique et à la géographie physique ; mais indépendamment de ces observations , il ne doit pas se refuser à le consulter, s’il réfléchit aux causes qui produisent les variations dans la hauteur du mercure. (V, Leibnitz, Bernouilly, Euler,) (Voyez surtout Mairan , dissertation sur les variations du baromètre. ) Cet auteur, envisageant la pesanteur de l’atmosphère comme absolue et relative, dit : « Quand Pâtit mo&phère n’est point agitée, quand il n’y règne aucun «vent, alors son poids est plus grand qu’en tout autre temps, «et le mercure monte. S'agitent— il P plus son agitation est «grande, moins il pèse, et par conséquent moins le mercure «doit monter.»
Il est donc incontestable que le mercure doit ressentir les approches d’un vent violent , car il agile l’air bien loin de l’endroit où il souffle; on doit donc se tenir sur ses gardes, dès qu’on s’aperçoit à bord, que Je mercure baisse, etle plus petit abaissement est plus essentiel , en proportion de ce qu’on approche de la zône torride ; puisque c’est là que le mouvement du mercure est moindre.
II faut en outre, dans les observations, tenir compte des variations horaires. A ce sujet il n’est pas indiffèrent de dire à l’homme de mer que le i5 juin i8a5, M. de Humboldt a communiqué à l’académie des sciences un tableau de ses recherches sur les variations horaires du baromètre entre les tropiques, jusqu’à i,4oo toises au-dessus du niveau de la mer. Le mercure, dit -il, éprouve très-régulièrement dans 24 heures deux mouvemens ascendans et deux mouvemens descendans, indépendamment de sa marche par ailleurs. Cette espèce de flux et de reflux atmosphérique parait déterminée par la position du soleil; il faut en tenir compte.
Le système du baromètre est le même que celui de la pompe, et en effet l’eau pèse à peu près quatorze fois moins que le mercure ; or si l’on multiplie par cette différence 14 la hauteur moyenne du mercure dans le tube, c’est-à-dire 37 pouces , on aura 5a pieds 1 pouce. L’eau s’élève, en effet, dans le tube de la pompe à 5a pieds; le pouce de surplus au produit de la multiplication est dû à ce que le rapport du mercure à l’eau n’est pas tout-à-fait comme 14 1 1.
Les pistons de la lieuse et de la chopinettc font le vide dans le tube de la pompe, et la colonne atmosphérique, pesant sur l’eau au pied de la pompe, la force à monter dans le tube entre les deux pistons; de là elle est enlevée parla heuse, et se dégorge à l’extérieur par l’orifice qui lui est préparé. (V. pompe).
BANQUE, s. f.
angl. bark. — etp. barca. — ail. barkasse. — il. barca. — port. barca.
Nom générique de tout bàtimen! flottant, d’où nous avons reçu les dérivés embarquer, débarquer, embarcation, etc.
Aujourd’hui ce nom se donne à tout bâtiment ponté d'une petite capacité, et qui n’a que deux mâts. Ce mot n’a rien de précis, il tient un peu à la localité et devient dérisoire quand on l’applique à un grand navire. Dans la Méditerranée on donne ce nom à un navire à trois mâts qui n’a qu’une antenne au mât de mizaine.
BARQUE longue.
angl. bark long. — etp. l arca long*. — ail. barke lange. — it. barca lunga. — port, barco longo.
Grand bateau ponté fort en usage dans la Méditerranée; ce bateau grée en chasse marée et quelquefois en lougre, c’est-à-dire en voiles auriques pointes au tiers.
BARRE, s. f.
Mot qui dans la marine a une foule d’acceptions, comme suit.
BARRE de gouvernail, c’est le timon.
angl. h lm, tiller, yoke. — etp. cagna del timon. — ail. ruder pinnn, ateu r. — il. aghiaccin, aigola rit.'Olla manovella dcl limone. — port, barra, cana du lemc.
Levier de première espèce , fixé à la tête du gouvernail, pour le faire pivoter. La puissance est au bout de la barre, l’appui à l’entrée de la mortaise, la résistance au milieu du saffran. On aecourcit aujourd’hui les barres pour diminuer l’angle du saffran avec la quille, et augmenter l’incidence de l’eau sur le saffran. La barre est dite franche quand elle se meut avec la main, sans roue ni drousse.
La barre transversale emboîte la tête du gouvernail , ses deux branches décrivent un segment dont la flèche n’a que 8 ou 10 pouces, la drousse se croise et se frappe sur les extrémités des branches, et se rend par des retours, galoches, rouets, etc., à la roue.
Cette barre ménage l’espace, mais ion peu de solidité l'a reléguée dans les embarcations.
BARRE d’arcasse.
angl. transom. — etp cochinata, puerca, yugo. — ait. worp.
— it. gua, traversa. — y or/, gio.
Nom générique de toutes les barres qui traversent horizontalement l’arcasse , et dont les extrémités s’appuient sur la levée des estains.
BARRE d’hourdi ou lisse d’hourdi.
angl. wing trausom. — csp. yugo principal, yugo de popa. — ail. erste worp. — ilal. tragante, dragante. — port, gio grande.
C’est ce que dans la pratique on nomme généralement traversin d’étambot. C’est une des pièces principales de la construction des vaisseaux ; elle est placée à peu près à la hauteur du fort de l’arrière; elle forme le seuillet des sabords de la sainte-barbe, et c’est sur elle et en dessous que se fait la rablure où viennent se noyer les barbes de la carène. Elle est entaillée réciproquement à mi-bois dans Pétambot qu’elle traverse perpendiculairement dansle sens du petitaxedu vaisseau. La barre d’bourtli a deux bouges, l’un horizontal et l’autre vertical. Lu flèche de l’arc de cette courbure est égale è 5 I. par pied de la longueur de la barre d’hourdi pour les vaisseaux a deux batteries, cl 3 I.|pour les frégates etau-dessous (Duhamel) Toutes les proportions de cette pièce varient au gré de l’ingénieur. (V. Romme, Art de lu Marine). On parle aujourd’hui de supprimer toutes Ies barres d’arcasse, en donnant aux vaisseaux par derrière et par devant, la forme ronde des flûtes hollandaises.
BARRE du bout de l’etambot.
angl. K 1m port transom. — csp. contra yugo , sobre yugo. — ait. obenhcck balkcn. — il. contra trîgantc. — port, barra supérior das portas dapraça de armas.
Barre placée au-dessus de la lisse d’hourdi, dont elle est séparée par toute la hauteur des sabords de sainte-barbe.
C’est elle qui termine la hauteur de l’étambot, et c’est sur elle que le limon s’appuie.
BARRE de pont.
angl. deck transom. — esp. yugo de cubierta. — ail. unter heck balken, deckworpen, deck wrangcn. — it. gua de coperta. — port, gio da cuberta.
Bau de derrière d’un pont.
BARRE de remplissage.
angl. fillins transom. — eip. \ugo de inchimento. — ail. full beck balken. — ital. gua de riempirnento. — port, gio primeiro.
Barre qui se place quand elle est nécessaire entre la lisse d’hourdi et la barre du premier pont.
BARRES de hune.
angl. cross trees. — esp. traversanos, baos de los alberos, mamparos y arcadas. — ail. sablingen. — it. crocette, alberi trausversali, bai. — port, paus dos mastros, curvatores.
Barres transversales placées au-dessus dos élongis , pour porter les hunes. Les barres de la grande hune ont de longueur un vingtième moins du denai-bau ; leur largeur est égale aux de leur longueur ; leur épaisseur est la moitié de leur largeur; les autres suivent entr’elles le rapport de leurs mâts.
BARRES de perroquet.
angl. cross trees. --esp. bao ■ de los masteleros, crucetas , traversanos. — ail. sablingen. — ital. crocette. — port, paos dos mastarcos, curvatores.
Elles sont aux mâts de hune ce que les barres de hune sont aux bas mâts; elles portent sur les élongis dans lesquels elles sont endentées, et servent d’appui aux haubans de perroquets. , . ,
La longueur des barres du grand perroquet est des de celles de la grande hune, et leur largeur les ^ de leur longueur; leur épaisseur moitié de leur largeur. Les autres barres de perroquet suivent entre elles le rapport de leurs mSts.
BARRES d’écoutille.
angl. hatch-barg. — esp. barras de las cscotilhas. — altem. lueken 6tangen , donna latten. — it. cerchi delle boccaporte , ferro di bocaporte. — port, barras das escotilhas.
Barres plates de fer, placées sur les panneaux°des écoutilles, afin qu’on ne puisse les ouvrir. Un des bouts fait verrou et s’engage; l’autre percé pour le passage d’une crampe, est retenu par un cadenat.
BARRES de cabestan.
angl. capstcrn. bars. — esp. barras del cal restante. — ail. hand speiken des gangs pills. — it. manovellc del argano.
— port, barras do cabestantc.
Gros levier de bois qu’on place horizontalement dans les amelotes du cabestan pour le faire pivoter. V. cabestan, c’est le treuil vertical.
BARRES de virevaut.
angl. viindlass bars. — esp. burei ie. moiinete , barras del molinete. — ail. hand speiken des brats pï 11. — it. manovclla di tuulinellü. — port, barras do mol.nete , cabiratn do molincte.
Barres plus longues que celles du cabestan. On les place verticalement dans les amelotes du virevaut, pour le faire tourner sur son axe. Le virevaut est le treuil horizontal.
BARRE de sabord.
angl. port bar. — esp. barra delas portas. — ail. pforten balken.
— ital. traversa dei portelli. — port, barra das portas.
Barre de bois placée transversalement en dedans d’un sa-
bord , pour servir à rabander le mantelet quand on ferme I« sabord.
BARRE de justice.
angl. bitboes. — esp. 1 arra de casligo. — ail. gericbt balken. —
U. barra digiustizia. — port, barra de caatigo, barra de ;ustiça.
Barre ronde de fer, enfilée dans des bagues dans lesquelles on passe les jambes des hommes auxquels on inflige la punition des fers.
BARRE de cuisine.
angl. bars of tbe cook room. — esp. barras de fogon. — ail. eisenbalken von combuse. — it. traversa di focone. — port. barras de fogoes.
Barres trè -fortes, élevées de 6 ou 8 pouces au-dessus de l’fitre de la cabane il feu pour porter la chaudière sur le feu. Elles méritent l’attention de l’homme de mer, parce que quelque fortes qu’elles soient , le feu les corrode promptement et les met hors de service;
BARRE de port, de rivière, en pleine côte
angl. surf, bar. — asp. barra. — ait. barr, wieder see. — it. barra. — port, barra.
La barre d’un port ou d’une embouchure de rivière est un banc de sable ou même de ri ches, et quelquefois de vase , et qui traverse l’entrée, de telle sorte qu’on ne peut la franchir sans allégir : telle est celle du Alississipi, quelquefois les eaux courantes y causent un petit canal dont les vaisseaux profitent pour franchir cette barre : telle est celle de Bayonne.
La bnrre de l’intérieurd’une rivière est une lame rapide déferlante,que le premierflot pousse devant lui, renversant tout ce qu’elle rencontre : il y en a une à l’entrée de la Seine jusqu’à Quiltebœuf; il y en a une petite dans la Dordogne; la plus fameuse est dans le Gange.
Les eûtes frappées perpendiculairement par les vagues servent de point d’appui aux sables, et A tous les corps qu’elles y veulent déposer.
La vague, en se déployant sur le rivage, se retire aussitôt pour revenir immédiatement, et ces oscillations forment ce que les marins nomment ressac. Il en résulte un banc à une petite distance , composé de ce que le ressac entraîne , et de ce que la lame apporte. Ce banc fait la barre, c’est sur cette barre que la mer déferle avec violence. Il en est qu’on ne peut passer qu’avec un péril extrême : L’homme le plus intrépide ne franchit pas celle de la Côte d’Or sans effroi. Celle de la côte de l’Inde est plus douce; on la franchit dans des chelingues. V. chelingue. Mais à la Côte d’Or , ce sont des pirogues d’une vélocité égale ù celle de la lame sur le sommet de laquelle elles franchissent le danger. V. pirogue.
BARRÉ, BARRÉE. V. bras et vergues barrés.
BARRER, v. a.
angt. to teaae a ship witb the he)m. — esp. barrear. — ail. verriegeln. — it. sbarrare. — port, trancar.
Barrer un vaisseau, c’est changer continuellement la barre d’un bord à l’autre, ce qui le fait lancer et retarde sa marche. Un bon timonier doit gouverner un bon vaisseau avec infiniment peu de mouvemens dans la barre, quand les voiles sont balancées.
BARRIQUE. V. barique.
BARROT. V. bau.
BARROTER. v. a.
angt. to atow up to the beam. — etp. abarrotar. — ail. fullen.
— ital. stivare tra bai. — port, abarrotar.
Arrimer entre les baux, lorsque la cale est tout-à-fait
pleine par ailleurs. Celte opération n’a lieu que dans les vaisseaux de commerce.
BARROTINS. s. m.
angl. ledges. — erp. pequenos estremichea. — ail. kleioer querbalkcn. — itat. piccolo hao. — port, barrote.
Petits baux placés entre les baux; ce sont aussi des barrots
qui supportent des tillacs légers, comme ceux de la dunette,
d’un roufle, etc. Ce sont aussi des barrotins sur lesquels sont
cloués les lattes des caillebotis.
BAS. adv.
angl. dowo. — esp. baxo. — ail. niedrig, hioab. — liai, bassa.
— port, baixo.
Mot qui, dans la marine , n’a pas une acception différente que partout ailleurs.
BAS. adj.
angl. thick. — tsp. pesado. — ail. dicht vretter. — t'f. basso, pesante. — port, eapeaso.
On dit que le temps est bas quand il est épais et couvert. bas de bord. V. ras.
bas de l’eau, marée basse.
angl. low water. — erp. marea vaciante , baja roar. — ait. niedrig wasscr. — il. marea bassa. — port, baixa mar.
Dernier terme du jusant. C est l’instant où la marée est étale avant que le flot se fasse sentir. C’est le synonyme de basse mer. C’est l’opposé du mot gros de l’eau.
BAS FOND. s. m.
angl. sounding spot. — ttp. baxo , buxiu. — ail. untief wasser.
— il. basso. — port, baixo.
Ecueil isolé dans la mer, où la sonde trouve fond à une
grande profondeur, bien différent du haut fond , sur lequel on peut toucher; on les confond presque toujours mal à propos l’un avec l’autre.
BAS MATS ou mâts majeurs.
angt. lower masts. — etp. palos mayores. — ail. masten ohne die stengen. — il. alberi grandi. — po:l. mastros grandes.
Mât dont le pied est au fond du vaisseau, et dont la tête est garnie d’une hune. Le beaupré ne répond pas à cette définition , et cependant on le nomme aussi bas mât.