BASSES VOILES
angl. course*. — etp. vêlas bajas. — ail. untere segel. — il. tresi.
— port, papafigos.
En général dans un trait carré, les basses voiles sont la grande voile et la mizaine, mais le brick n’a point de grande voile carrée; il n’a qu’une brigantine. Cette voile a obtenu pour le brick le nom de basse voile. Les trois voiles de cape , et même l’artimon, ont la prétention d’être basses voiles, mais cela n’est point accordé.
BASSE. ». f.
angl ledge, riclge, kcy. — etp. escollo, taxa. — ail. untiefe.
— il. giugaja di scogli. — port, baixos, penhascos, jacentcs.
C’est un haut fond dangereux, un écueil. Nous en avons parlé au mot banc.
BASSIN, s. in.
angl. dock, dry dock. — etp. bacia, concha, clique. — ail. duckc, docke mit Dut thurcn. — it. bacioo, ridotta, iquero, darsena. — port, bacia, dique.
Il j a des bassins artificiels et des bassins naturels.
Le bassin artificiel se distingue en forme et en bassin fermé.
La forme est un emplacement de la grandeur nécessaire pour qu’un vaisseau puisse y entrer aisément. Cet emplacement est fermé par des portes pour y admettre l’eau de la mer ou pour l’empêcher d’y entrer. On y répare les gros vaisseaux qu’ou ne veut pas virer en quille. Leurs portes sont busquées en dehors, et elles s’ouvrent en dehors quand la mer est basse.
Dans les ports où il n’y a pas de marée, comme ù Toulon, la forme est fermée par un bateau porte , que l’on coule à volonté, et qu’on pompe ensuite quand on veut ouvrirle bassin. Ici on a besoin d’un travail qui n’a pas lieu dans les ports de marée; on est forcé de vider le bassin quand il est fermé. On emploie pour cela diverses pompes à chapelet et autres.
Le bassin fermé est un grand emplacement dans lequel on retient l’eau , afin que les vaisseaux y restent à flot à marée basse. L’effort de la poussée de l’eau, venant de dedans, les portes sont busquées en dedans , et s’ouvrent en dedans : tels sont les bassins du Havre et de Honfleur.
Dans ces deux sortes de bassins la poussée de l’eau sur les portes est d’autant plus forte, que la profondeur de l’eau est plus grande , et nous ne prenons pas en France assez de pré-'
cautions pourdiminuer cet effort. Mais le bassin de Cronstadt, en Russie, dont les portes éprouvent la pression de vingt-deux pieds d’eau, est construit de manière à servir de modèle. Iî y a trois portes, laissant entre elles deux intervalles, dans lesquels on conserve de l’eau à une hauteur moyenne. Le premier intervalle admet quinze pieds d’eau, et le second neuf pieds, de sorte que la porte extérieure n’éprouve la pression que d’une colonne d’eau de sept pieds au lieu de vingt-deux, et les autres progressivement ainsi.
Le bassin naturel est un enfoncement tellement à l’abri du vent et de la mer, qu’on n’en a jamais rien à craindre : il y en a qu’à très-peu de frais on pourrait convertir en très-beaux bassins fermés.
BASTE. interj.
Corrompu de l’anglais fast, ou du portugais bastaute; le mot baste a prévalu, parce qu’on aime les mots brefs et concis t il signifie tiens bon-là.
BASTIN. s. m.
Cordage du levant, fait d’une plante qui ressemble à du jonc. V. koff.
BASTINGAGE, s. m.
ait gt. fence. — esp. filarete. — ail. finke, schanz kleider. — il. parapetto del casser o.: — port, trincheiras, parapetto, pavez.
C’est un abri contre la mitraille et la mousqueterie. Il y a plusieurs sortes de bastingages ; on en met un entre mailles, et qui consiste en des tronces de cordage, qui présentent le bout aux balles ; on y substitue parfois du liège , ce qui vaut mieux à cause de sa légèreté ; souvent on recouvre le vibord en dehors avec de gros filain, dont les bouts enfilés les uns avec les autres ont l’apparence d’un pailiet; enfin, dans les
filets destinés à cet emploi , on fait avec succès usage des hamacs des matelots, qu’on place l’un à côté de l’autre, et qui remplissent tout l’intervalle laissé libre entre les filets; on a bien soin de bastinguer aussi les rambades et fronteaux, pour préseiver de l’enfilade; on bastingue jusqu’aux hunes, afin d’y être un peu à couvert du feu des hunes ennemies.
A tous ces bastingages, on ajoute un filet en dedans du vibord des batteries, pour éviter le vol des éclats, dont les blessures sont si dangereuses.
BASTINGAGE — filet de bastingage.
angl. netting. — esp. filarete. — ail. finke nelling. — il. reti del casse ro , filaretti del cassera. — port, lileretc.
Le filet de bastingage est fait de carentenicr, et son double est contenu par des chandeliers de fer à deux branches , entre lesquelles le filet est fixé comme une poche ouverte; c’est dans ce filet qu’on met les hamacs debout, auprès l’un de l’autre.
BASTINGAGE — lisse de.
angl. quarter rails. — esp. baranda de filarete. — ail. finke spieren. — il. battagliuola, forme di filaretti, — port, armad uras de filcrete, corrim&o.
Lisses de bois, sur lesquelles on raidit et l’on amarre les filets de bastingage.
BASTINGAGE — de hune.
angl. top armour. — esp. filaictc de canasta. — ail. schanz kleider der marsen. — il. filaretti di gabia. — port. Glercte de cesto da gavia.
Bastingage dont on entoure la hune pour mettre les gabiers il l’abri du feu des hunes ennemies.
BASTINGUER. v. a.
angl. to fcnce. — esp. haccr lo filarete. — ail. das finke maken, nas finie seljen. — il. meltere gli red. — poil, fazer lo filerete.
C’est mettre le bastingage en place.
HAÏ «u mieux bâte.
Remplissage sous les corps saillans; il y en a un sous les dauphins; les culs de lampe sous les bouteilles sont en bâtes, etc.
BATAILLE, s. f.
angt. battlc. — esp. batalla. — ait. scblacht. — it. battaglia. — port, batalha.
Longue action générale en ligne, entre deux armées navales. Deux escadres, deux divisions, deux vaisseaux se livrent combat. Si le combat est léger, ou dit que c'est une affaire. On dit: SI. Dorvilliers commandait à la bataille d’Ouessant; les Français se distinguèrent au combat de la Grenade. Cependant l’usage intervertit souvent l’emploi de ces mots: celui de combat est devenu très-familier.
BATAILLE — corps de bataille.
angt. center. — esp. cuerpo de batalla, centra. — ail. minière tbeil eiuer scblacht. — it. centra. — part, centra de batalha.
Escadre qui lient le milieu de la ligne, dans l’ordre naturel. L’amiral se tient au corps de bataille. V. le suivant.
BATAILLE — ligne de.
angt. battle line. — esp. linea de batalla. — ait. scblacht Unie.
— il. linea di battaglia. — port, linha de batalha.
Disposition d’une armée navale, rangée sur la ligne du plus près dont elle tient les amures. Si l’armée est sur la ligne du plus près dont elle ne lient pas les amures . elle est en échiquier. Qu’on ne s’y trompe pas; la ligne du plus près n’est pas la ligue de bataille , et cependant la ligne de bataille ne peut être que sur une des deux lignes du plus près. L’ordre de bataille n’est point la ligne, mais la situation des vaisseaux
dans la ligne: ainsi, ordre naturel étant l’amiral peut chan-
ger cette disposition, cet ordre, et faire VcT» 0,1 bien TW) ou bien, ordre renversé, ~ ; la ligne restera la même, l’ordre seul sera changé. V. tactique; V. ligne. V. amiral pour la signification des abréviations -L— , etc.
BATAIOLE. s. f. ou BATAYOLE.
angl. crotclies, stanchions. — esp. hatayola. — ait. mander spieren. — il. battagliuola. — port, baiauste de pao, armadura» da gavia.
Petits garde-corps de bois, supportés par des montans de bois ou des chandeliers de fer. Ce nom, qui tombe en désuétude, se donne principalement aux garde-corps de la poulaine et des hunes ; il nous vient de l’espagnol.
BATARD, s. m. de racage.
angl. trusa, truss parmi. — esp. bastardo, troza. — ait. racklau.
— il. bastardo délie trozze, trozza di corde. — port, bastardo.
Le batard est une corde qui unit le racage A la vergue. On commence à supprimer le racage et à le remplacer par un double batard. V. racage.
On nomme canot batard une demi-chaloupe; un petit bâtiment batard qui n’est ni canot ni chaloupe, et qui tient de tous les deux. Le canot batard est fait pour marcher, mais cependant il a le lof trés-évasé, et porte un davier à son étrave; il lève par devant les ancres à jet.
BATARDEAU, s. m. C’est le bardis. Y. ce mot.
BATEAU, s. m.
angl. boat, sloop. — esp. botequin, bote, barca. — ail. boot.
— il. navicella , barca, lancia. — port, bote, baleiro , laueba.
Ce mot générique signifie tout bâtiment flottant. Toutes les embarcations sont des bateaux, bateaux ouverts, bateaux pontés. Les allèges, leschalans, sont des bateaux. La dé-
marcation entre barque et bateau u’est pas fixe ; il semblerait cependant que pour être barque il faudrait avoir deux mâts et être ponté. On dit bateau de pêche, bateau de passage, bateau de plaisance, etc.
Dans l’acception précise, bateau signifie bâtiment gréé d’un mât, comme un cutter. Ce qui distingue le bateau du cutter, c’estquelemât de beaupré du bateau est fixe, appuyé par des haubans et des enfleehures, et qu'il est incliné d’à peu près a5° au-dessus de l’horizon. Les Anglais nous ont donné les noms de bot et sloup, qu’on applique souvent improprement au bateau.
BATEAli à vapeur. V. navire.
BATEAU pêcheur.
angl. fishboat, fis hing boat. — esp. batel, barca de pescador.
— ail. fish bout. — it. peschereccia , pescatore. — port. petcador.
BATEAU de passage.
angl. passage boat. — cip. barca de pasage. — ail. yacht.
— it. navicella. — port, barco de passageui.
BATEAU de plaisance. V. yack.
BATEAU de lock. V. lock.
BATELAGE. s. m.
Transport et voyage en bateau. Dans les comptes d’armement et de désarmement, on comprend dans l’article frais de batelage, le transport des effets et des personnes dont la présence était nécessaire.
BATELÉE. s. f.
angl. boat’» load. — esp. barcada. — ail. boot ladung. — it. naviccllata. — port, batelada.
Charge d’un bateau, eu hommes, en animaux, ou en effets; par corruption, on dit souvent bâtée.
BATELER. v. n.
angl. boat’s managing. — esp. barquear. — ail. boot fuhren. — il. navicellarc. — port, conduziros bateles.
Conduire des bateaux; passer sa vie à cette occupation. BATELIER, s. nu
angl. boat’s man. — esp. barquero. — ail. schiffer. — it. navicellajo. — port, bateleiro.
Conducteur d’un bateau de passage. Dès qu’il y a plus d’un homme, le premier est le patron. Le mot batelier, tant au singulier qu’au pluriel, est relégué dans les bateaux de passage ou de plaisance.
BATI. adj.
angl. built, shaped. — esp. fabiicado. — ail. gebauct. — it. fabbricato. — port, construido.
Synonyme de construit. On l’emploie pour désigner la forme ou le pays d’un vaisseau. Bâti en frégate, bâti en sapin, bâti à la française, bâti en Angleterre.
BATIMENT, s. m.
angl. ship, vesscl. — esp. embarcacion. — ail. scbiff.— it. bastimento. — port, navio , embarcaçao.
Tout ce qui est bâti est bâtiment, depuis la yole jusqu’au trois-ponts. Mais, dans l’usage habituel, on ne donne pas ce nom à un vaisseau, ou frégate, ou corvette, que cependant on range dans l’appellation collective de bâtimens armés en guerre, ou bâtimens de guerre. On dit bâtiment marchand, bâtiment de commerce, bâtimens à rames, bâtimens ennemis, etc.
BATON, s. m.
Mot générique qui s’emploie dans bien des cas, comme suit.
BATON de foc.
Nous sommes ici opposés à tout ce qu’on a écrit avant nous. Le bâton de foc n’est point le bout dehors de beaupré avec lequel on veut le confondre ; le bâton de foc est un petit bout dehors un bâton, que l’on pousse au bout de celui de beaupré, et sur lequel onamure le foc volant. V. boutdehors.
BATON de pavillon , ou gaule d’enseigne.
Diminutif de mât de pavillon. Il en est de celui-ci comme du précédent : nous ne reconnaissons pourbâtonde pavillon qu’un petit bâton ou flèche que l’on pousse au bout du mât de tapecul pour y hisser le pavillon. Y. mât de pavillon.
BATON de commandement.
angl. flag staff. — csp. baston de comandancia. — ail. staff.
— U. bastonc di comando. — port, asta de commando.
Le bâton de commandement est un matereau, un espare, que l’on place momentanément au haut d’un mât dégréé, à bord du vaisseau commandant. Ainsi , un capitaine de vaisseau , commandant sur la rade , et dont les mâts de perroquet ■sont dépassés , placera provisoirement un bâton de commandement dans le chouquet du grand mât de hune , pour y hisser sa cornette , et s’il dépasse ses mâts de hune, il placera son bâton de commandement dans le grand chouquet. Le bâton de commandement porte les drisses nécessaires pour les signaux à faire sur rade.
BATON d’hiver.
angl. winter staff. — csp. asta d’invierno. — ail. winter staff. — it. asta d’inverno. — port, asta d’inverno.
Tout-à-fait hors d’usage. Jadis, les navires marchands, qui naviguaient pendant l’hiver dans des mers orageuses, avaient coutume de dégréer leurs perroquets; ils plaçaient un petit matereau dans les ehouquets de leurs mâts de hune, et
les nommaient bâtons d’hiver. Ces bâtons portaient à moitié de leur longueur une noix et un capelage de carentenier, qiij leur servait de haubans.
BATON de flame.
angl. stock of a pendant. — esp. asta de flamula. — ail. wimpe stock. — it. asta di Gamma. — port, asta de bandeirola.
Petite vergue qui porte la tête de la flame ou du guidon,
dont elle a un peu plus que la largeur; on y estrope une patte
d’oie , sur laquelle est frappée la drisse. Le bâton est passé
dans la gaine de toile qui fait la tête de la flame.
BATON de pompe.
i angl. pump spear. — esp. asta de bomba. — ail. pumpen
schiapcr, pumpen-stange. — it. asta délia tromba. — port. verga de bomba, barra de bomba, verga do junco.
On dit aussi bâton de lieuse. C'est le bâton sur lequel est monté le piston qu’on nomme heuse. Voyez pompe et baromètre. La lieuse est le piston supérieur. Le bâton de pompe est ou de bois ou de fer. On exprime souvent les coups de piston par les mots coups de bâton; on dit faire assez d’eau pour donner à la pompe deux cents coups de bâton par quart.
BATTANT, adj.
angl. capacions, open. — esp. espacioso. — ail. schlagcnd. — it. baltentc. — port, espaçoso, que combate.
Un vaisseau est bien battant quand il est propre ;\ se bien
battre. Les principales qualités pour cela, sont d’être spacieux
pour le service de l’artillerie, d’avoir assez de hauteur sons
barrot pour manœuvrer facilement et les pièces et les écou-
villons, et d’avoir assez de batterie pour ouvrir les sabords
en tout temps.
BATTANT, s. m.
angl. flljr. — esp. cola. — ail. vlj. — il. coda. — port, volante.
Le battant d’un pavillon est sa longueur; on nomme sa hauteur guindan, parce qu’en effet c’est cette partie qui se guindé le long du mât. Le ballant excède le guindan; il est quelquefois le double; toute la partie du battant qui excède les proportions du guindan est la queue ; le battant des guidons et des flammes est la partie que le vent fait battre ; c’est longueur.
Le pavillon battant est haut et déployé ; le vent le fait battre à toute sa grandeur. Le pavillon enhouache ou en berne n’est pas battant.
BATTEMENT, s. m.
Corps de la pompe dans lequel se fait le jeu du piston. V. pompe.
BATTERIE, s. f.
angl. battery. — esp. bateria. — ail. batterie. — ilal. batteria.
— port, bateria.
En terme général c’est l’ensemble de plusieurs canons, disposés à faire feu. L’homme de mer n’est point étranger aux batteries de côte, car ilestsouventdans le cas de les attaquer, ou au moins de se placer de manière à en recevoir le moins de mal possible. Or, il est de principe qu’il faut faire ricocher une batterie de côte et en éviter le ricochet si l’on peut. Si donc un ingénieur sait qu’à aoo toises de sa batterie , il y a bon mouillage et bonne profondeur : sachant que pour ricocher, le boulet doit frapper l’eau sous un angle de 4 ou de 5 degrés, il trouvera la hauteur de sa batterie en disant : le sin. de 85 degrés esta 200 toises, comme le sinus de 5 degrés est à la hauteur cherchée qu’il trouvera de 17 toises |.
Réciproquement le capitaine de vaisseau qui voudra s’embosser devant cette batterie et qui la verra élevée de cette quantité, fera la proportion inverse, et dira : sin. 5’ ; 17^
sin. 85“ : 200 toiser, et il fera tous ses efforts pour approcher plus près de la batterie, afin d’augmenter l’incidence des boulets et faire buter tous les coups Irainans.
A bord des vaisseaux, la batterie est une rangée de canons de bout en bout entre deux tillacs. Les bàtimens de guerre de tous rangs, jusques y compris les frégates, n’ont qu’une batterie. Le vaisseau de ligne porte 74 ou 80 canons, en deux batteries. Le vaisseau de 100 canons et au-dessus, porte trois batteries , c’est ce qu’on nomme communément vaisseau à trois ponts.
On nomme aussi batterie, les ponts et les sabords où les canons sont rangés , on dit : il y a des matelots couchés dans la batterie ; il ne doit rien rester dans la batterie quand le branle-bas est fait. La batterie basse est au-dessous des autres et porte le plus gros calibre; la batterie haute est la plus élevée , elle est au-dessous des gaillards ; la seconde batterie, dans un trois ponts, est celle du milieu. La batterie à barbette n’est point couverte. V. barbette.
La batterie est aussi l’élévation du scuillet des sabords de la batterie basse au-dessus de la surface de la mer. Si cette élévation n’est pas au moins de six pieds, le vaisseau n’a pas assez de batterie. — Un canon est en batterie quand il est au sabord. V. boute-feu, pour les platines.
BATTRE, v. a. V. combattre.
BATTRE les coutures. V. rebattre.
BATTRE le mât.
angl. to beat againt the masts. — csp. bâtir contra los palus. — ail. wider masts schtagcn. — it. battere contra gti alberi. — • port, bâter o mastro.
Les voiles battent les mâts quand le vent n’est pas assez fort pour les enfler. Alors cédant à l’impulsion du tangage et
du roulis, elles frappent avec violence contre les mâts, ce qui force quelquefois de les amener.
BATTUE la mer.
angl. to wandcr about. — csp. vaguear a ia mai-. — ail. heram irrcn umsee. — U. ragare ncl marc. — port, bâter ao niar, vaguear no mar.
C’est tenirla mer long-temps infructueusement, sans pouvoir se rendre à sa destination.
BATTU, adj. de mauvais temps.
angl. weather beaten. — csp. trabaado de la tormenta — ait. slurm besebadigtes. — ital. battuta de la {empesta. — port. avariadu da tormenta.
Se dit d’un vaisseau en désordre après une tempête ou après un long et dur voyage.
BATTUBES. V. banc, basses.
BAU. s. m.
angl. breadtk. — csp. boca de la nave. — ail. schiff wiede. — il. larghezza d’una nave, bocca. — port, bocca de navio.
Largeur d’un vaisseau de dehors en dehors, l’endroit le plus large. V. le suivant, maître-bau.
BAU. maître-bau.
angl. midship bcam. — esp. bao maestro. — ail. segel halke. — it. bao maestro. — port, vao grande.
C’est l’endroit de la plus grande largeur d’un vaisseau.
Dans les constructions françaises, il varie de place; cette place est soumise au calcul du déphteement : c’est l’affaire de l’ingénieur. Duhamel qui est si utile aux constructeurs de routine, dit de placer dans les frégates le maître-bau A i/38 en avant de la moitié de la longueur totale, i/5o pour les vaisseaux a trois ponts; à 1/4 pour les navires mar-
chands, et à î/ia pour les navires pleins, c’est-à-dire ronds, peu fins.
BAU. barrot. s. m.
angl. beani. — csp bao, travc. — ait. balt. — il. travicello trave, bao. — port. vao.
Les baux sont les poutres qui soutiennent les planchers, c’est-à-dire les ponts des vaisseaux; et comme ils sont fortement liés par leurs extrémités avec les côtés des vaisseaux, ils empêchent ces côtés de s’écarter ou de se rapprocher. C’est en cela que consiste la solidité du vaisseau danslesens de sa largeur.
Le bout des baux est entaillé à queue d’hironde de moitié de leur épaisseur dans le can supérieur de labauquièrc; et de plus, ils sont mariés avec la muraille du vaisseau, par de fortes courbes horizontales et verticales. Ces dernières sont les meilleures, parce que dans les forts roulis, elles empêchent l’angle formé par le bau et le côté du vaisseau de changer d’ouverture. Le comble de la solidité, c’est de placer à chaque bout de bau, une courbe verticale et une horizontale. Les courbes deviennent rares; on est aujourd’hui forcé d’en employer de fer. Elles ont l’avantage d’occuper moins d’espace, mais leur chevillage ne vaut pas celui en bois, parce que la tête et la rivure de la cheville ne peuvent faire leur lit.
On donne un peu de bouge aux baux pour faciliter l’écoulement des eaux, mais ce bouge est un vice; et on commence, sinon à le supprimer, au moins à beaucoup l’amoindrir, car il diminue l’effort des baux comme arc-boutant; c’est un commencement de flexion qui dispose le bau à craquer par le milieu dans une forte pression latérale.
On s’arrange pour qu’il n’y ait pas de bau au-dessus d’un sabord, mais on en place un au-dessous pour porter le canon.
Les ouvertures des écoutilles forcent de laisser un plus grand intervalle en cet endroit entre les baux; on remédie un peu à cet inconvénient par des barrotins, et on marie la totalité des baux par des entremises alignées les unes sur les autres, entaillées de leur épaisseur dans la face supérieure du bau.
Les baux sont de deux et souvent de trois pièces assemblées par des adens en'biais, et qui serrent d’autant plus qu’ils sont plus chargés; ils sont très-forts pour supporter des pesanteurs, mais la pression latérale reste à vaincre. L’équarissage des baux du premier pont est de 4 lignes par pied de leur longueur, ceux du second pont ont les 4/5 de ceux du premier, ainsi des autres. Tous les ponts ont entre eux ce même rapport.
BAUX faux baux.
angl. orlop brama. — esp. haos vacios, baos «n el ayre, baos dcl sollado. — ail. balken der luh brucke. — il. bai di corredorc. — port, vaus dus baileos do porao.
Baux qui supportent le faux pont. V. faux pont.
L’équarissage des faux baux est de 5 lignes | par pied de leur longueur.
BAUQUIÈRES. s. f.
angl. clamps, strings. — esp. sioglones, contra durmientea. — ail. balk yvager. — il. dornientes. — port, dornientes.
Les bauquières reçoivent leur nom des baux, parce qu’elles en supportent les extrémités. Ce sont des bordages épais qui s’étendent d’un bout è l’autre du vaisseau dont ils prennent tout le contour intérieur, à la hauteur des ponts et des gaillards. Les bauquières sont clouées avec du clou assez fort pour entrer aux deux tiers de l’épaisseur de la membrure, mais elles sont bien plus solidement attachées par les chc-
villes des courbes, qui Ijent toute la pahie. C’est, comme nous venons de le dire , sur la bauquiére que le bout des baux est entaillé à queue d’hyronde. Comme les bauquières sont mariées entre elles par des écarts à croc, on évite de placer ces écarts vis-à-vis des sabords, et vis-à-vis des écarts de précintes ou de goutièrcs.
La bauquiére du premier pont a d’épaisseur le double des vaigres , ou si l’on veut , à peu près les deux tiers de la membrure sur laquelle elle est clouée. La bauquiére du second pont a les trois quarts de celle du premier, et ainsi des autres, la supérieure a les trois quarts de l’inférieure. La largeur de la bauquiére doit excéder beaucoup l’épaisseur du bau.
BAUQUIÉRE SERRE. V. vaigre.
Voici comme s’exprime Duhamel : « On appelle serre en «général, des bordages fort épais qui sont entaillés vis à vis «despièces sur lesquelles ils reposent. En ce sens, la bau- «quière peut être regardée comme une serre, et beaucoup de «constructeurs la nomment en effet serre bauquiére, mais «d’autres ont conservé ce nom pour une autre serre qu’on pose «sous la bauquiére; mais comme on ne l’eudente pas ordi- «nairement vis à vis des membres, c’est véritablement une » vaigre.»
Ainsi, la serre bauquiére est une vaigre placée immédiatement au-dessous de la bauquiére.
BAYE. — Nous l’avons placée au mot baie. V. ce mot.
BAZARAS. s. m.
Mot de la langue du Bengale, qui signifie un bateau de plaisauce. Les Bazaras naviguent sur le Gange et quelquesuns sont des modèle^ d’élégance et de commodité.