BEAU FRAIS
La gradation du frais s’établit ainsi.
Petit frais. — Les voiles sont pleines.
Joli frais. — On veille les caeatoas.
Beau frais. — On veille Icsperroquetsetletempscstbeau.
Bon frais. — On l ise les perroquets.
Grand frais. — On prend des ris aux huniers.
Gros frais. — On met sous les quatre voiles majeures.
BEAUPRÉ, s. ni.
angl. hovrsprit. — esp. bauprés. — ail. bugs priet. — it. albero di proia, boni bressu, hopreaso. — port, gtmipes.
Ce mot nous vient de l’anglais , sprit est un matéreau , bow est la joue. Le beaupré est comme tous les mats, c’est un levier de seconde espèce, c’est le mal qui se projette diagonalement sur le devant d’un vaisseau , c’est lui qui sert de clé à toute la mature; c’est sur lui que sont établis les focs, qui sont aujoud'lmi voiles d’évolution, depuis qu’ils remplacent les huniers et perroquets de beaupré.
Duhamel et Bouguer fixent à 35 degrés l’angle d’inclinaison que doit faire le beaupré avecl’horison : on a depuis diminué cette inclinaison et on l’a réduite à a5 et même 20 degrés. Est-celin bien , est-ce un mal?
La longueur du beaupré est d’une fois et demie le bau de son vaisseau, le demi-bau reste en dedans, et la longueur du bau est en dehors de l’étrave. Quant à son diamètre, l’Encyclopédie, copiant Duhamel, lui donne un terme moyen entre le grand diamètre du grand mat et celui du mat de mizaine; mais lîouguer diminue celte proportion. Le beaupré diminue de grosseur dans la même gradation des deux côtés du grand diamètre; ce grand diamètre est dans les étambrais et se prolonge jusque dans la Heure : son petit diamètre est auprès du chouquet , il est égal la moitié du grand.
( «fio)
Le pied du beaupré esl encastré à tenon entre deux flasques fortement chevillées aux baux des ponts qu’elles traversent; c’est là son point d’appui, et sa résistance est à la tête de l’étrave. En dehors de cette étrave il est fortement saisi par une Heure qui le rend inébranlable dans le sens vertical ; et c’est dans ce sens qu’il est sollicité par les étais. Indépendamment delà Heure, il est encore appuyé, dans le sens vertical, par une soubarbe placée droit sous l’étai de mizaine pour lui faire contre effort; ce point est fixé aux trois quarts de la saillie du mat en dehors de l’étrave. Et quant aux efforts dans le sens latéral, on leur oppose deux haubans crochés dans des pitons placés à cet effet dans la joue du vaisseau, et qui viennent rider sur le beaupré à un pied en dehors du cap de mouton de la soubarbe; les efforts latéraux sont ceux qui sont produits par les focs.
BEAUPRÉ — sur poupe.
angl. close in tbc wake. — csp. ir por la cstcla de un navio. — ait. sicli in dem lielvvasser eiucs .scindes bcfiuden. — il. essore ncllosolco, nella stela d’una nave. — port, estar na esteira de buni navio.
On est beaupré sur pouped’un vaisseau, quand on est dans ses eaux, à moins d’une longueur de vaisseau, et qu’on gouverne comme lui ; c’est la situation d’une ligne très-serrée. Cela demande un grand tact dans les mouvemens, un grand balancement dans la voilure, et un grand talent de gouvernail. Cela n’a lieu que de très-beau temps. Encore est-ce une position dangereuse quand celui qui manœuvre n’a pas le pied assez marin pour sentir le transport du vaisseau avant de le voir.
BEAUSIR. v. n.
angl. to clcar. — csp. clarar. — ail. klalir. — il. ebiarar. — port, clarar, abrirse.
Mot local, vicieux, mais adopté parce qu’il est concis, quelques pilotes de la Manche disent qu’il beausit , quand le temps veut se parer.
BEAU TEMPS. C’est un temps à souhait. V. temps, BEAUTURE. s. f.
Ce mot n’a point d’équivalent dans les langues étrangères, il est très-familier , les matelots entendent par beauture le substantif de beau; ainsi, beauture de temps, est l’état du temps quand il est beau ; dans les ports, quand on voit une brume le matin, on dit c’est beauture de temps, les vents sont au S. O. en beauture; ce mot est l’opposé de malice : quand le temps a mauvaise apparence, les matelots disent qu’il est à la malice; il y a de la malice dans le temps. L’usage a consacré ces deux expressions.
BEC DE CORBIN. s. m,
angl. ripping iron. — e*p. hierro de arrancar. — ail. nathhaken. — il. cava stoppa. — port, ferro por arnncar estopa.
Fer courbe et à manche, dont les calfats se servent pour retirer des coulures la mauvaise étoupe , c’est ce qu’on nomme dccrocheter une coulure.
BEC. s. m., ou même bègue. V. ancre.
BÉCASSE, s. f.
Mot local, c’est une barque espagnole qui ressemble à nos pêcheurs de la Manche; elle est ouverte et navigue avec une voile carrée.
BÉLANDRE. s. f.
angl. by lander. — esp. balandra. — ail. bitander. — il. belandra.
— port, balandra.
Mot qui, dans les langues du Nord, signilie ,/>rès de terre , qui navigue près de terre ; c’est un véritable brio avec une vergue d’hourse A sa grande voile qui est aurique ; l’hourse s’amarre à un piton au milieu du pont; c’est l’amure de la grande voile de la bélandrc , sorte de bâtiment qu'on voit peu aujourd’hui.
BELAY. V. blay.
BÉLIER, s. m. V. blin ci-après.
BELLE, s. f. On dit aussi embelle ; d’autres écrivent en belle.
La belle d’un vaisseau était jadis l’espace compris entre les gaillards, ou si l’on veut, entre les rabatues des gaillards ; ce mot entièrement hors d’usage , est relégué dans le pointage des canons.
On dit pointer en belle pour dire braquer un canon horizontalement et perpendiculairement au grand axe du vaisseau.
On dit aussi sabord de belle , pour indiquer un sabord que les vais&aux marchands ont dans leur cale immédiatement au-dessous et quelquefois au-dessus de la précinte, pat le travers de la grande écoutille. C’est par ce sabord qu’ils lestent et délestent. V. sabord.
BELLE-MER. s. f.
angt ■ smooth «ea. — etp bello mar. — ait. schone «ee. — it. bclla mare. — port, bello mar.
La mer est belle, quand elle est ariolée , qu’elle est peu agitée et qu’on peut faire autant de voile que le vent le permet.
BÉQUILLES, s. f.
angt. crutches. — ttp. eacoras. — ait. itutzen. — it. puatelü pontali. — port, esbirros.
Accors presque perpendiculaires que l’on cheville sur les précintes d’un petit navire très-fin, forcé de s’échouer. Les béquilles sont mobiles, la cheville qui les attache au vaisseau est l’axe autour duquel se fait leur mouvement; leur tête o pourpoint d’appui un fort taquet, ou semelle sous laquelle elle se meut. On relève leur pied avec un bout de filain , quand le bâtiment flotte ou quand il se déplace.
BERCEAU. Y. bert.
BERCIN. s. m.
angl. buek witb a fiat bUl. — etp. gaucho con un pioo Uaoo. — ail. ^leich hackeo, hacken mit ein gleich schnabcl. — il. gaucto con becco piatto. — port, gancho com hum bico piano.
Croc de fer dont la pointe est plate et triangulaire, ce qui le distingue des crocs ordinaires, dont la pointe est ronde et unie. Les bercins ont l’avantage de se décrocher très-difficilement; ils sont surtout excellens pour les écoutes volantes des perroquets, quand ce sont les balancines du hunier qui servent d’écoutes.
BERDA. s. m. et, selon d’autres breda.
angl. paasaree. — etp bardago. — ail. bullea-tan. — U. bardago. — port, bardago.
Sorte d’attrape qu’on frappe sur le point du vent de la misaine pour Ja faire ranger sur le bossoir ou à son appel, dans les vents largues ou de l’arriére.
BERDINDIN. s. m. et selon d'autres bredindin.
angl. garnet. — etp. estriuque pequcno candaliza. — ail. staggarnat. — it. strichc. — port, candeliza.
Petit palan frappé sur le grand étay, et qu’il ne faut pas confondre avec le palan d’étay. Le berdindin n’a point de guis , il est au bout d’une pentoire frappée sur le grand étay,
un peu au-dessous de la pomme du collet. Il se compose de deux poulies, celle d’en bas est simple et à croc, celle d’en haut est à violon. Le berdindin n’enlève que de petits fardeaux.
RKRNACHE. s. f.
angl. bainacle. — etp. inarisco. — ail. kleiner muscheln. — il. cravana , spezic di conchiglic. — port, especic de marisco.
Petit coquillage qui s'attache à la partie submergée des vaisseaux doublés en bois, il tient au vaisseau par une tige ou pédicule flexible qui cède à la rapidité du sillage et permet au coquillage de se coucher sur le doublage, la tige est visqueuse, d’une substance assez semblable à celle du Vareck. La coquille est composée de cinq pièces dont deux grandes et trois petites. Valmontde Bomare la nomme conque anatifère.
BERNE, s. f.
angl. waft. — csp. morron. — ail. die flagge wolien laaaeu. — il. bandiera piegata. — port, bandeira ferrada.
Signal de détresse et d’appel. Pour le faire, on réunit la gaine de la têtière d’unpavillon dans une poignée, et on frappe les deux bouts de la drisse sur cette poignée ; on hisse ainsi le pav illon en une sorte de faisceau. La queue s’agite en se déployant un peu, tandis que la tête reste cueillie en poignée.
BERT ou BERG , ou BERCEAU, s. jn.
angl. cradle. — ttp. area. — ail. wiege. — il. culla. — port. beiço.
Assemblage de charpente et de cordage, sans clou ni cheville, qui sert à lancer un vaisseau à la mer.
Le bert est composé de deux coëtes ou anguilles, de plusieurs colombiers, de deux ventrières et d’une quantité de roustures de filain blanc, roidies à coups de cabestan.
La cale est un plan incliné sur lequel on établit deux cou-
fisses de forts madriers dont le bord extérieur est revêtu de deux fortes pièces de bois qu’on peut nommer tisses , fortement assujetties avec du clou et avec des taquets debout; leur objet est de contenir les coûtes dans leurmouveincnt, et deles forcer à glisser tout droit à la mer quand on lance le vaisseau. C’est sur ces coulisses qu’on place les anguilles nu coûtes qui sont les pièces fondamentales du bert.
Ces coûtes sont des pièces de bois très-droites , bien équarries, de la longueur et de la grosseur de la quille; leur Tare extérieure est éloignée de la face latérale de la quille du même bord , à une distance égale au huitième de la largeur du vaisseau; on les fixe à cette distance par deux traverses aux deux extrémités et par plusieurs pièces de bois qui nrc-boutent sur la quille, et on les empêche de s’écarter par de fortes rousturcs passées dans des anneaux triangulaires et qui les saisissent Pune à l’autre par-dessous la quille. Voilé une carrée fortement établie autour du vaisseau. Alors on plante perpendiculairement sur les coûtes, de forts montans arrondis sur la face extérieure; on les nomme colombiers. Leurdiamètre varie de i5 à 1 8 pouces, et leur intervalle esta peu près de six pieds, leur extrémité inférieure porte à épaulette sur la coûte, et le bout d’en haut, coupé en sidlet. se colle aux façons du vaisseau. Ces colombiers suivent à peu près la direction de la première lisse de fond; on taille sur leur face extérieure des épaulemens qui ont par bas une épaisseur égale au dia mètre du cordage qui fait la rouslure, et qui viennent à rien par en haut; on appuie ces colombiers vis-à-vis de chaque entaille, par un arc-boutant sur le vaisseau, pour faire contre effort à la rousture. On place sous la belle, ou mieux sôus -les fleurs, droit au-dessus de la coûte, une pièce de gabarit •qu’on nomme ventrière, et qui colle parfaitement au vaisseau; 'on la soutient dans cette position par des massifs de bois ■posés de plat et par intervalles sur la coûte ; ensuite par des
Colombiers; alors ie bert est planté, il faut le rousler, ce qui se fait avec de fortes aussièrcs de Alain blanc passant par sous la quille et d’un bord à l’autre autour des colombiers dans des entailles dont nous venons de parler. Lorsque ces Heures sontsouquées et bridées, le bert est fini, on coupe les chantiers; et le vaisseau porte en entier sur son bert, on graisse alors les coulisses avec du suif; on abattes accors, et on retire les freins qui sont deux arcs-boutans placés à la pince en sens inverse du mouvement que va prendre le vaisseau. C’est à ce moment qu’il fait un petit mouvement comme pour s’asseoir sur son bert; alors on coupe les brides, et le vaisseau abandonné à sa gravité, parcourt le plan incliné qui le supporte, avec un mouvement uniformément accéléré, jusqu’à ce qu’il arrive à la mer dans laquelle il entre ; et tout son bert n’étant assemblé qu’avec des cordes, n’est pas plutôt affranchi de la pression du vaisseau , qu’il se démonte de luimême.
En Russie, on cheville le bert au vaisseau, et c’est une opération , que de les séparer quand il est à flot. On a pour but de l’empêcher d’arquer quand il abandonne l’avant cale» ce qui produit précisément l'effet contraire.
BERT. s. in.
nnffl. bed. — ctp. lecho. — ali. bette. — il. letto. — port. leito.
Place qu’occupe une futaille dans l’arrimage. Ce bert est composé de deux pailles et des coins destinés àaccorer la futaille. V. arrimer.
BERTHELOT. s. m.
Tout-à-fait en désuétude. On nommait jadis ainsi , une sorte de poulainc propre aux tartanes et quelques autres bâtimens du Levant. Il était formé par le prolongement d’une courbe qui formait l’éperon, et par deux lisses qui partaient ù peu prés de sous le bossoir et aboutissaient à son extrémité.
BIDON, s. ni.
angl. can. — csp. spccie de barril coti un pico. — ail. kanne von holz. — canette, fiasco dilegno. — port, ancoreta.
Petit vase de tonnelage, fait en forme de cône tronqué, et qui sert àcontenir la ration de vin des matelots. On en donne un pour chaque plat de sept hommes; le bidon a un bec de bois creux qui ne fait qu’uu avec une des douelies; il est fermé en haut par un fond percé d’unbondon; le tout est recouvert au-dessus des jables par un fond mobile enfilé dans un erseau.
BIGOTS, s. m. bigots de racage.
angl. ribs of a parrcl. — isp. liebres del racamento. — ail. rack schleten. — il. bigotti delta trozze. — port, bigolas.