V. l’article bittes ci-dessus
BITTES. Traversin de bittes.
angl. cross pieceof'the bitts. — esp. cruceta delà bita. — ail. betingens batken , beting balk. — it. traversa délie bitte.
— port, tmvesseiro, travessa das abitas.
BITTES, petites bittes ou bittons.
angt. top sbcets bitts. — esp. cscoteras. — ail. kleine betingen, betingen au den mars schooten. — it. bittoni. — port, escoteiras.
Petites bittes placées sur les gaillards au pied et en avant des mâts majeurs; ils servent à tourner les écoutes des huniers; il y en a beaucoup dont le traversin est un virevaut qui se meut avec une cigogne.
BITTURE, s. f.
angl. range, biter end.— ejp bitailura. — ail. ueher betingen gowandt tau. — it. bitadura. — port, volta de abitas.
Portion de câble préparée sur le pont pour filer d’ellemême au moment où l’on mouille. La bitture u bien à peu près le double du brassiage, mais elle dépend surtout du temps, et de l’effort que le câble et l’ancre auront à supporter quand on fera tête. Le double de la bitture est allongé sur le pont et bien paré , le bout qui vient de la cale est capelé à la bitte, il est même bossé.
On doit veiller à bien faire prendre la bitture , car si on se trompe en cupelant le tour de bitte , on peut faire une demiclé, ce qui peut avoir des suites fâcheuses.
BLANC, adj.
angl. untarred. — esp. blanco. — ail. ungetheertea. — it. bianco. — po.t. blanco.
Le fdain est blanc quand il n’est pas goudronné. V. cordage. On en dit autant de i’étoupe : elle est blanche quand elle n’est pas goudronnée.
BLAY. interj. ou plutôt belay.
Mot anglais qui veut dire tiens bon là, nous ne l’employons que pour les boulines, encore aujourd’hui supprimet-op tous les cris de manœuvre ; ce qui donne au service une tacilurnité empruntée de nos rivaux et qui contraste avec la gaîté de notre nation.
BLIN. s. m.
angl. beetle.— eip. drago, gai gadera. — ail. ranime. — it. cravia, mazzeranga. — port, vaivem.
Bellier, ou si l’on veut mouton, qu’on fait agir horizontalement dans une coulisse avec des cordes. On l’emploie pour chasser des coins; c’est aussi avec des blins qu’on fait force sur un arc-boutant placé contre l’étrave d’un vaisseau qui refuse de partir quand on le lance.
Tout autre usage du mol bliii est vieux.
BLINDER, r. a.
angl. to tcoce. — esp. hacer blindages. — ail. d** fîoke aetxen.
— it. fare le bliude. — port, fazer triocheiras.
Bastinguer fortement un vaisseau en dehors, quand onl’embosse pour soutenir une batterie ou défendre une passe. Ce blindage est fait de ballots de laine ou d’étoupe de tronces de câble, etc.
On blinde aussi les ponts des vaisseaux dans un port où l’on craint un bombardement, en les couvrant de câbles et d’étoupe jusqu’à une certaine épaisseur, pour amortir l’effet de la chute d’une bombe.
BLOC. s. m.
angl. bilbocs.— esp. pedazo decastigo, pedruaco. — ait. block. — il. ceppo di punizione. — port, inadeira de castigo, pedaço de inadeira.
Mot qui a beaucoup d’acceptions; c’est le crapaud des mortiers sur les galliotes à bombe. C’est un instrument de punition dans les colonies, composé de deux madriers posés l’un sur l’autre et entre lesquels on a ménagé une entaille dans laquelle on met les jambes du patient, les deux madriers fermés l’un sur l’autre, sont fixés par un cadenas. Ce mot est aussi en français une fausse application du mot anglais bloc, qui signifie poulie; d’où vient que lorsque des poulies sont à joindre, on dit qu’elles sont bloc en bloe.
BLOCUS, s. m.
angl. btocua, blockade. — esp. bloqueo. — ail. bloc kirung. — it. blocco, assedio. — port, bloqueio.
Action de bloquer. V. le suivant.
BLOQUER, v. a.
angl. to block ap. — esp. bloquear, — ail. blockiren. — it. bloccare. — port, bloquear.
Bloquer, c’est faire le blocus. Il y a deux sortes de blo* eus ; l’un est effectif, l’autre n’existe que dans une déclara* tion; ce dernier est odieux et contraire au droit public.
Bloquer effectivement, c’est occuper toutes les avenues d’un port, d’une rade avec des forces supérieures, de sorte qu’aucun batiment ne puisse y entrer ni en sortir. Ce blocus est dans le droit de la guerre , on a le droit d’empêcher qu’on ne porte secours en munitions à son ennemi.
L’autre blocus est une formalité et non une croisière effective à l’entrée du port: on fait une promulgation dans laquelle on déclare que l’on met tel port ou telle côte, ou tel royaume en état de blocus. Et l’on en prend droit d’intercepter tous les bâtimens destinés pour ce royaume, ce port, celte côte, comme aussi ceux qui en viennent, fussent-ils neutres et A des distances con-idérables. En vain les nations étrangères refusent-elles de reconnaître ce genre de blocus; si celui qui l’a déclaré est le plus fort, il y persiste au mépris du droit des gens. C’est un abus tyrannique fondé sur la force, et que rien ne peut justifier. V. neutres.
BOIS. s. m.
ARCIAII.
ESPiCSOL.
A Ll.t U IRD.
Il ALIC \.
POftTtCil».
Boit .
limber wood.
madera
bol*.
legno.
pao, madrir*.
Boit de client .
oak.
toble.
eiclieu bol*.
rovrre.
carvallio.
Boit de lapin.
tir.
abeto.
taon hoir.
abele.
abdo.
Boit d’orme.
clin.
olmo.
ulm
olmn.
olma
Boit de hêtre.
beech.
baya
bûche.
Ma.
Boit de chine vert
lire oak.
enciua.
tlein eirbe.
rovere verdr.
azîubeira.
Bt il de payer.
lignunt vit*.
palo tanin.
heilig bol*.
legno .* an Ho
pan «ii fl In.
Boit de charme.
ynke elm.
ojaranxo.
bagbuche.
carpino.
earpea.
Boit de teke.
teak.
tek.
lecke
(eck.
leque.
Boit droit.
«irait limber.
palo deredio.
gerades bau
Icgno drilto.
pao drrreho. .
bd/.
Boit Ion.
cant limber.
palo de buelto
krmmnes bau legno piega'o
pao curvo.
raadero rorvo.
hoir.
incurvai o.
inadeira de
Collttniçao.
C’est le bois de chêne dont
on fait
usage de préférence
dans la construction des vaisseaux, la membrure et toutes
les pièces principales sont de chêne. On borde et on vaigre en chêne autant qu’on le peut; mais il y a des ports où l’on borde volontiers le petit fond en hêtre. Ce bois se conserve bien, mais il a le défaut de ronger le fer. On borde entre les carreaux avec du sapin; on fait les tillacs de sapin, les mâts sont invariablement de sapin; le sapin du nord est préférable à celui du midi : c’est le contraire pour les bois durs.
L’orme fait les pompes, les jotereaux, élongis et barres de hune, les chouquets, les affûts et les caisses des poulies.
Le hêtre fait les avirons, les barres de cabestan, celles de virevaut et les anspects, mais le charme est préféré pour les anspects et les roues d’affût.
Le châtaignier s’emploie pour faire des futailles.
Le chêne vert fait des essieux de poulie. Le gayac fait des rouleaux et des rouets de poulie.
Le teke est un bois de l’Asie qui remplace notre chêne dans les constructions, on en fait même de la mâture quoiqu’il soit lourd.
Le chêne pèse de 60 à 70 livres le pied cube ; il y en a même dans le midi qui pèse jusqu’à 80 livres, mais comme cela est très-rare, on peut prendre 65 livres pour terme moyen , bois sec.
La pesanteur du sapin — est à celle du chêne — comme L’orme — comme
Le hêtre — comme
Le gayac — comme 1
Le pin — comme
SS est à 87.
Les bois écorchés et séchés sur pied acquièrent une grande supériorité de force sur ceux qui sont abattus en bonne santé.
On calcule que dans un vaisseau de 74 canons, il entre environ trente-neuf mille pieds cubes de bois de chêne en
œuvre, et do trois à quatre mille, de bois de sapin, aussi en œuvre.
La coupe du bois de chêne doit se faire sur l’arrière-saison au commencement de l’hiver; on conseille de prendre le moment du décours de la lune. La coupe de sapin et surtout de celui propre à la mâture, se fait au contraire à la fin du mois de mai dans le nord. A ce moment, la sève ne monte pas encore.
Il faut pour la mâture rejeter les bois colorés d’un rouge pâle , dont les cercles concentriques sont séparés , les pores ouverts et peu résineux. Il faut rechercher les bois de mâture d’un grain bien serré, remplis d’une rézine abondante et d’une odeur agréable.
On a proposé plusieurs moyens pour conserver les bois, mais on n’est pas d’accord. Des ports emploient des procédés contraires à ceux des autres ports. L’homme de mer et l’armateur doivent savoir que la chaleur et la privation d’air sont des motifs de très-prompte pourriture ; aussi ne peut-on mieux faire que d’ouvrir une ou deux virures de bout en bout dans la carène des vaisseaux désarmés. Au surplus, on est généralement d’accord que le bois passé au feu et brûlé légèrement à la superficie, acquiert une sorte d’incorruptibilité. On a proposé ce moyen pour les extrémités des baux, pour les assemblages à tenons et mortaises, etc.
On nomme plein bois le corps du vaisseau ; tirer en plein bois, c’est ajuster au milieu de la masse du vaisseau : quand un vaisseau est fort éloigné, on ne voit que ses voiles et pas son bois; on dit qu’on aperçoit son bois quand on voit le corps au-dessus de l’eau.
(#) On nomme bois tors , celui dont la courbure le rend propre à faire les couples. Un vaisseau sur chantiers est dit
(*) Yoyet lo tableau précédent pour le* nom* étrangers.
leré en bois tors, quand il n’a encore que ses couples plaeés sans liaisons.
On nomme bois de foc un petit bâton qui fait la têtière des focs ; il empêche les deux ralingues de se tordre ensemble.
On dit qu’on fait du bois, quand on embarque le bois à brûler dont on fait provision. Pour les maladies du bois, V. aubour et griselle.
BOIS à tête de bois.
angt. a trip. — ttp. guinda. — ail. an kopf den mast. — H. toppa.
— port, em topo.
Une voile est û tête de bois quand elle est hissée tout haut et sans ris, et aussi haut que possible; c’est synonyme du mot en coche ; ce qu’il ne faut pas confondre avec étarque.
BOIS d’arrimage, s. m. V. billette.
BOITE, s. f. on prononce bouete.
angl. bait. ■ — ttp. cebo. — ait. loekspeise. — it. esca. -r port. isca.
Terme trivial, qui signifie l’appât que l’on met sur les hameçons de pêche ; c’est le talent du pêcheur qui doit savoir faire plusieurs sortes d’appâts pour les diverses espèces de poissons.
BOITE de cuivre ou de fonte. V. dei.
BOITE à calfat.
angl. keeler. — ttp. caxa del calafate. — ait. kalfater'n koffar.
— it. scatola di calafao. — port, boceta da calafate.
Petit coffre dont les charnières sont de corde. Il est divisé en plusieurs compartimens , pour mettre les clavets du calfat, son fer à bec de corbin, et un peu d’eau ou d’étoupe mouillée, pour humecter son fer, qui, sans cela , se cou-
viirait de poudre de bray, et s’attacherait à l’étoupe. Cette boite se ferme arec une longue aiguillette, dont le calfat se sert pour la suspendre arec sa jument, au manche de son maillet, quand il jette le tout sur ses épaules pour l’emporter.
BOITE de mitraille. On les abandonne pour les paquets de
mitraille. V. mitraille.
BOMBE, s. m.
angl. bomb, sliell. — etp. bomba. — ail. bombe. — il. bomba.
— port, bomba.
Globe de fer creux, garni de deux anses, percé d’un trot» qu’on nomme œil, par où l’on introduit la charge; on enfonce'ensuite dans cef œil une fusée de bois remplie d’une composition qui s’allanie à la charge du mortier, et qui communique le feu à la charge de la bombe. Les Turcs ont, les premiers, fait usage de bombes, au siège de Rhodes, en i522. Le maréchal de Laforce s’en servit au siège de Lamothe, en 1634.
Il y a des bombes de plusieurs dimensions; la plus usitée a 12 pouces de diamètre; elle peut contenir 17 livres de poudre, et éclate avec 5 ou 6; celle de 10 pouces contient 10 livres, elle éclate avec 3 livres; mais, pour avoir 18 ou 20 éclats, on la charge de 5 livres; celle de 8 pouces contient 4 livres et une once de poudre, elle éclate avec une livre et demie de charge. On donne 4 lignes de vent aux bombes de 12 pouces, une ligne 5 points à celles de 10 pouces, et une ligne pour les autres. Les bombes de 12 pouces pèsent »5o livres; elles ont 16 lignes d’épaisseur au culot; celles de 10 pouces pèsent 100 livres, et ont 18 lignes d’épaisseur; celles de 8 pouces pèsent 4o livres, et ont 10 ligues d’épaisseur; plus on met de poudre à Ja charge de la bombe, plus on a d’éclats, et moins on en met, plus les éclats sont gros.
Les mortiers du service de la marine portent plus loin que
ceux de terre ; la plus grande amplitude des bombes de i a pouces du service de mer est de 2000 toises ; celles du service de terre ne portent qu’à 1200 toises. L’amplitude des bombes de 10 pouces, avec des mortiers grande portée, est de »4°o toises, et avec des mortiers moyenne portée, elle est de iioo toises; celle des bombes de 8 pouces est de 58o toises; ces trois dernières amplitudes sont celles du service de terre. V. mortier.
La fusée est de saule, frêne ou tilleul; la composition dont on la remplit est ds 7 parties de poulvrin , 4 de salpêtre , et trois de soufre ; elle dure environ 70 secondes.
BOME. s. f.
angl. boom sait. — ctp. vcla <lu cangrcja. — ail. gicksegel. — il. vêla di borna. — port, borna. *
Mot corrompu de l’anglais boom. On donne ce nom à la
grande voile d’un bateau. C’est une voile aurique, bordée
sur un gui ; c’est une véritable brigantine. Le mot borne est
en désuétude, excepté dans le nord de la Manche.
BONACE: s. f.
angl. luit. — esp. bonanza. — ail. augenblick guten vwjtlors. — il. instante de buon tempo , bonaccia. — port, bonança.
Intervalle de beau temps, avant ou après le mauvais temps.
C’est le mot latin bonacia , qui signifie calme. La bonacc est
une ucalmie.