‹ Répertoire polyglotte de la marine, à l'usage des navigateurs et des armateursChapitre 86 sur 140 · V. contre-couranl · texte numérisé non relu

V. contre-couranl

CONTRE-QUILLE, s. f.

ançl. back of ibe keel. — esp. contra quilla.— ail. kicli back. — if. contra aebiglia. — port, sobre sano inlerior.

Comme toutes les varangues doivent être entaillées dans la quille , eette pièce serait trop affaiblie , car sa hauteur serait bien diminuée, à moins qu’on ne lui donnât beaucoup plus de force; mais l’on a imaginé de mettre au-dessus 4e la quill.e une garniture qu’on uomme conttc-quiilo et qu’il ne faut pas confondre avec fausse quille.

C’est sur la contre-quille que sont entaillées toutes les varangues; elle sert d’ailleurs à croiser, par conséquent à fortifier les écarts de la quille ; elle n’a que quelques pouces d’épaisseur entre les deux levées de balancement, mais en arrière et en avant, elle a toute la hauteur que le bois peut fournir, afin de diminuer d’autant le pied des fourcats ; sa largeqf' en ayant et en arrière des levées de balancement, est à pep près les deux tiers de celle de la quille.

CONTRE-VOILE d’étay ; prend aussi le nom de fausse voile

d’étùy.

anpl. miitdc stay sait. — esp. vêla de estay volante. — ail. diegcr. — il. vola di straggio volante. — port, vêla do esta) volante.

Voile d’étay au-dessus de la voile d’étay de hune, elle se hissait autrefois avec un racage et sur une draille; on lesiélablit aujourd’hui sur une corne.

CONTRE-VOUTE, s. f.

Partie de la poupe d’un vaisseau ; on la supprime aujourd’hui. (voir Duhamel arch. nav. p. 190).

CONTRIBUTION, s. f

Lorsque pour le salut commun, on est forcé de jeter ou d’abandonner quelque partie, soit du vaisseau ou du chargement, marchandises, mâtures, câbles ou ancres; la répartition des pertes et dommages se fait sur les objets sauvés, comme sur ceux qui sont jetés et sur la moitié du navire et de son fret, au marc la livre de leurvaleur. V. les articles 1 1, 12, i3, 1 5, de l’ordonnance commentée par Valin, art. jet et

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avarie grosse ; voir le code de commerce liv. a , titre 1 a , tout entier et eu particulier l’art. 4>7»

CONTROLEUR, s. m.

Officier d’administration de la marine, qui enregistre les brevets et tout ce qui est susceptible d’enregistrement ; il siège au conseil, il y a droit de représentation , mais il ne peut s’opposer à une délibération. Il rend compte au ministre.

CONVOI ou convoy. s. m.

angl. convoy. — csp. convoy. — ail. convoy. — il. convojo , flotta, convoglio. — port, comboy.

Flotte de vaisseaux marchands qui naviguent sous la protection d’une force armée; la force qui escorte prend ellemCmc aussi le nom de convoi, on dit qu’on donne convoi, pour dire qu’on escorte. , ,

Le convoi prend assez ordinairement le nom de celui qui le commande , mais cela n’est pas général , car on dit un convoi des Indes , un convoi de telle Antille , etc.

CONVOY. Ordre de convoi.

Manœuvre de tactique. C’est le second ordre de marche. L’armée est sur la perpendiculaire du vent , et fait la route qui lui convient ; le plus grand inconvénient deeet ordre', est de ne pouvoir virer par la contre-marche.

CONVOYER, v. a.

angl. to convoy. — csp. dar convoy, convoyar. — ail. convoy.

— it. convogliarc. — port, dar comboy, comboiar.

Protéger, défendre une flotte de vaisseaux marchands,, en combattant les ennemis qui voudraient l’attaquer. Celui qui convoie donne des signaux à la flotte , la commande , lui donne la route et règle sa marche sur le plus mauvais marcheur; mais l’indiscipline des marins du commerce, rend l’action de convoyer pénible , désagréable; aussi, le plus grand zèle soutenu d’un vrai talent, n’a pas toujours suffi à

un officier de marine , pour amener ton convoi sain et sauf à sa destination.

COPElVU. s. m. . | | > ■ .

angl. spUntcr. — etp. doladura. — ail. s pli lier. — il. sebeggia. — port, cavaco.

Morceau de bois que la hache du charpentier enlève d’une pièce en la travaillant. Sur la masse totale d’une construction, les copeaux Font bien il peu près un quart du bois brut employé.

COQ. s. m.

angt. cook. — ttp. cocineru. — ail. koeb. — Uni. ctioco, — porl. coûnheiro.

Mot qui nous rient de l’anglais et qui veut dire cuisinier. Le coq est en effet le cuisinier de l’équipage.

COQUE, s. f

angl. kiuk. — etp. voila. — ail. bug. — if. volta. — porl. Volta.

Tour qu’une corde fait sur elle-même , c’est une espèce de pli qui se contracte quand le fiiain est neuf, quand il a trop de tors ou quand il est raide et mai lové. Pour parer la coque, il faut donner du détors au cordage; car une coque que l’on déferait, en raidissant le fiiain, pourrait crever le oorduge ou au moins faire une jambe de chien , sujet d’un prompt dépérissement . Les coques arrêtent toutes les manoeuvres en empêchant les cordes de courir sur leurs rouets, raison. pour laquelle on a grand soin de les parer.

COQUE, s. f.

angl. bull. — etp. cascu, buque. — ait. rum[-f. — il. corpo .. delta uave. — porl. curpo, carcaaaa. ■ r ■■

C’est le corps du vaisseau sans infits ni apparaux, sans

câbles ni ancres; en style judiciaire on dit coque et quille,

pour exprimer tout le corps du vaisseau, sans égard aux

agrès et apparaux.

COQUERON.ss. in.

Dernier retranchement de l’arrière des soutes d’un vaisseau, c’est aussi la tille de devant des bateaux pêcheurs. COQUILLES, s. f. ' '

V. sonde. V. l'ond. V. aussi bernnehes , corne d’ammon. CORAI. s, ui. V. couroi.

CORBILLON. s. m.

■ Petite gamelle dans laquelle on met le biscuit d’un plat de matelots; chaque plat a son corbillon.

CORDAGE, s. m.

angl. cordage. — atp. cabo cordage. — ail. tauvvaik. — W' iunaine, canapé , capo, cavo , cordame , tarliame. —port. cabo.

Terme générique qui désigne tout ce qui sort de in corderie.

CORDAGE blanc.

angl. untared cordage , white cordage. — etp. cabo blancu. - — ait. ungetheertes tanwerk. — il. canapé bianco , cavo bianco. — por!. cabo branco.

Cordage qui n’est pas goudronné.

Cet article est un des principaux de ceux que l’homme de iner doit connaître, aussi ne craindrons -nous pas de le faire un peu long.

Le cordage peut se distinguer en simple et composé ; les simples sont ceux qu’on nomme en aussière, ils ne sont commis qu’une fois sur le toupin, c’est-à-dire que par une seule opération , on convertit les fils et les forons en cordes. Les cordages composés sont les grelins et les câbles; ils sont composés de cordages simples , c’est-à-dire d’aussières qu’on commet ensemble , qu’on réunit parle tortillement. Ils sont donc commis ainsi pour la seconde fois , puisque les aussières l’ont déjà été une fois; donc les grelins sont commis deux fois.

Un fil abandonné à lui-même perd presque tout son tortillement, parce que l’élasticité du brin du chanvre tend toujours à le rétablir droit. Il n’en est pas de même quand plu-

sieurs fils composent une corde, parce que cette corde icst tortillée dans un sens opposé à celui des fils qui la composent» Ainsi, deux fils ne pouvant tourner autour du même axe, ne peuvent se détordre sans rouler l’un sur l’autre, dans leaedsdu tortillement de la corde. Par conséquent, tout leur effort pour se détordre contribue à tordre davantage la corde. Ainsi un fdain bien fait doit être regardé comme deux ressort $' d’égale force qui, agissant l’un contre l’autre, ne produisent aucun effet sur la corde, qui, par cette raison, ne se dètortille pas, car les tils qui composent les cordages ne restent point unis par une force d’inertie de la matière qui les compose , mais par une force de ressort qui tend continuellement à les rouler les uns sur les autres. u

Ourdir un cordage c’est allonger les fils qui doivent le composer. c

-Pour qu’un cordage soit bien ourdi, il iaut que lés fils qui le composent soient bien également étendus ; ce qui demande d’autant plus d’attention qu'on est obligé d’en étendre une grande quantité ensemble , et qu’il est difficile de les faire tous travailler également. Les cordiers ont des routines qui, parfois, approchent de la théorie : pur exemple, pour faire une aussière de (i pouces, ils réuniront une quantité de (iis jusqu’à la grosseur du 0 pouces i/a, ou bien ils donuei’onl à chaque toron un peu plus de 5 pouces, car la grosseur des torons est à celle de la corde faite, à peu près comme 5? sont à loo. Mais celte routine n’est pasexacte ; il vaut mieux dire : les cylindres sout entre eux comme les carrés de leur circonférence. Ainsi, pour faire, une aussière de 8 pouces, sachant , qu’que aussière de 5 pouces en 5 torons est composée de 39 fils , on dira :

, Carrçr la grosseur de la cordc faite et celle de la corde à ouftlir, et, faire la proportion suivante ;

• r . • 31 =19 : g- 64 69 fils : 377 (ils.

L’aussière <le 8 poucdfc devra donc se composer de 077 fils de grosseur égale à ceux de la corde de 3 pouces. ^

Mais les fils, les torons, raccourcissent considérablement en se commettant; il est donc nécessaire d’ourdir un cordage à une longueur bien plus grande que oellc qu’il doit avoir quand il sera commis. Or c’est une question non encore résolue que de savoir à quel point il est avantageux de commettre un cordage: est-ce aux 5/ia, au i/3, au 1/4 ou au i/5?

Il est d’un usage presque général de commettre au tiers; il faut pour cela ourdir les fds à une demi-longueur en sus de celle du filain qu’on veut faire. Ainsi un câble de 120 brasses , commis au tiers, sera ourdi à ;8o brasses. Ce raccourcissement des fils doit être réparti sur les deux opérations de tordre les torons et de commettre la corde. Les cordiers ont chacun leur routine; les uns divisent ce raccourcissement en deux: une moitié pour les torons, une moitié pour le commettage ; d’autres suivent une autre proportion, -mais tout cela n’est que du tâtonnnge, aussi pour arriver à la grosseur et à la longueur désirée , usent-ils de ruses préjudiciables à la bonté du filain; cela consiste à lui donner un peu plus ou moins de tors, au grand détriment du cordage et de l’égalité de son bal, car un filain commis au tiers, et dont le tors serait augmenté d’un soixantième, aurait perdu toute sa force et serait, prêt à rompre.

11 est certain que tous les filains sont plus commis an commencement qu’à la fin , par la dilliculté de faire courir le tors d’un bout à l’autre. Il en résulte qu’ils sont commis dans une partie de leur longueur beaucoup plus que le tiers, et dans d’autres endroits, ils ne sont pas au quart. Cette inexactitude dans le tors ouvre la porte à lu fraude, car si le câble était ourdi à trop peu de fils, le cordier lui donnerait cependant la grosseur demandée, en lui donnant un peu plus de tors. Or,

l'expérience a prouvé que des cables pareils foui un grand effort sur les ancres pour les faire cabaner, surtout quand il y a beaucoup de liai, et si l’ancre ne cabane pus, elle fuit au moins effort latéralement dans la gueulée , dérape et chasse; aussi l’officier intelligent doit toujours se défier de cet accident quand il mouille des câbles neufs, sur un fond trèsmou.

Pour commettre une corde au tiers, en la supposant ourdie de la quantité de fils nécessaires, on emploie divers procédés : quelques ouvriers chargent le carré du double du poids du cordage; d’autres ne mettent que la moitié en sus; si l’on commet moins, on diminue le poids du carré.

La force de la corde n’est pas apssi grande que la somme des forces des cordous dont elle est composée.

Une corde commise au cinquième est plus forte u fil égal qu’une autre commise au tiers; uussi pchse-t-on généralement qu’il convient de donner peu de tors au cordage, et malgré cette vérité que l’expérience consacre , on s’obstine à commettre au tiers.

Le cordage de la marine est généralement en trois et n’excède pas quatre torons. Dans ces derniers il faut mettre une mèche , parce que les torons ne pouvant se rouler l’un près de l’autre sons laisser vide l’axe de 1a corde , il s’en suivrait que si l’un des torons travaillait plus que les autres, il se jetterait dans ccvideetdiminucraitla force de la corde, d’autant que les torons ne travailleraient plus ensemble. La proportion de la mèche est du sixième des fils d’un des torons. La mèche a l’inconvénient de pourrir et de faire pourrir le milieu du câble.

■ Un filain en quatre doit être beaucoup moins commis qu’un autre en (rois, parce qu’il a moins de tors, puisque scs torous fout leurs révolutions dans un espace plus long. Observez bien que si l'on voulait faire un grelin avec des uussières toutes faites, ce grelin serait commis bien plus qu’il

ne devrait l’être puisque tes aussières seraient déjà commises au tiers, et cependant il faudrait bien qu’elles se raccourcissent encore pour le second commettage. Pour éviter cette erreur, ort s’est fixé asses généralement sur les procédés

suivons :

commettre un GRELIN AC TIERS.

ourdir les fils à ,180 brasses

virant sur les torons, raccourcir. ..... 5o brasses, raccourcissement du premier commettage » i3 virant ensuite sur les aussières , raccqureir. 9

raccourcissement du secoud commettage . . 8

raccourcissement total. ... 60 brasses

C’est le tiers de l’ourdissure , et le grelin conserve. .• brasses

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