COMMETTRE UN GRELIN AU CINQUIÈME
Pour avoir l’ourdissure, il faut augmenter d’un quart la longueur désirée du grelin Tait ; ainsi un grelin de 1 20 brasses sera ourdi à i5o. Le cinquième pour le raccourcissement voulu est de 5o brasses. Il faut diviser ce raccourcissement total par 4 » et l’on aura 7 brasses 1/2 pour chaque opération, et le grelin conservera 120 brasses de longueur.
Au surplus, l’expérience a prouvé que les cordages augmentent de force plus que proportionnellement au nombre des fds qui les composent.
11 est également démontré que les cordages augmentent de force, plus que proportionnellement à leurs poids.
Un officier forcé de calculer la puissance d’un appareil, pourra prendre pour base, que l’effort d’une corde goudronnée de trois pouces et dé cinq brasses de longueur, est de 3ooo liv. Partant de Iâ, il devra considérer que la force des cordes augmente à jveu près comme le carré de leurs circonférences.
Une corde blariche toute pareille est susceptible d’un effort du quart en sus, et pour les cordes au-dessous de 5 pouces, leur force est, par approximation, un peu plus que proportionnelle au nombre de leurs fils; un carantenier en six goudronné, de quatre brasses de longueur, peut faire un effort de 58o liv., mais tout cela n’est qu’approximatif.
En novembre 1818, M. Bernard Duboul, cordier de Bordeaux, frappé des vices dejl’ourdissure, et de ceux du commettage avec des fils, des torons filés et tordus d’avance sous des températures inégales, entreprit d’y remédier en construisant une machine avec laquelle il ourdissait, tordait, commettait tout à la fois les âussières et les grelins, et commettait par les deux bouts. Le seul inconvénient que présentait cette méthode, c’était le danger d’avoir un câble moins commis au milieu qu’aux deiyt bouts. Cet artiste n’obtint pas l’approbation du ministère de la marine, il s’adressa à la société d’encouragement à Paris, et fit, en présence du comité, un grelin commis au tiers et de neuf pouce», ourdi 12G mètres. L’opération entière fut faite en moins de deux heures. Cet homme méritait des encourage mens , mais le mérite tout nud, trouve les portes fermées. Cependant la marine a adopté depuis une partie de ses procédés.
( Spy )
CORDAGE noir ou goudronné.
angl. black cordage, tarred cordage. — ctp. tabo alquitranado.
— ail. gelheertcs taiivvm-k. — il. cavo incëtiamalo. — port: cabo alcatroado. i t . l it , ,i(
On ne suit pas dans tous les ports une pratique uniforme pour goudronner les cordages ; les uns les goudronnent après qu’ils ont été commis, d’autres les goudronnent avant de les réunir pour faire des cordes. Cette dernière opération varie suivant les différons usages des ports. L’homme de mer doit savoir que les cordages goudronnés sont plus faibles que les blancs. Au surplus, les cordes trop chargées de goudron ne sont pas plus faibles que celles qui en ont été moins imbibées (cependant celles qui sont goudronnées par immersion sont plus fortes). Aiusi,lc défaut des cordages très-chargés de goudron, se réduit à être moins maniables et surtout à être plus lourds; c’est en cela que consiste l’infidélité des cordiers qui vendant du goudron pour du cordage.
Les cordages trempés dans le goudron bouillant sont au moins aussi forts que ceux qui sont imbibés de goudron tiède.
Les cordages gardés long-temms , tous faits en magasins, se détériorent parce qu’ils perdent d’autant plus de leur force qu’ils ont été plus anciennement goudronnés. Ce, dépérissement s’évalue à plus de moitié au bout de quatre ans; par conséquent, il faut garder le fil en magasin sans le goudronner, et ne le passer au goudron qu’au moment de fabriquer le filain; il s’en suit aussi que si l’on doit conserver en magasin du cordage fait , il faut qu’il soit blanc , et qu’on ne doit le goudronner qu’au moment de le livrer, et par immersion.
Les cordages blancs , exposés alternativement pendant i5 ou 18 mois au sec et à l’eau de mer, en passant i5 jours dans chacun de ces deux états , ont moins résisté que les cordages goudronnés , et a l’expérience les cordes goudronnées par immersion ont été plus fortes que celles goudronnées en fil. Malheureusement on a abandonné eu France le procédé de goudronner par immersion, et il est vrai que les frais d’un
pareil établissement seraient au-dessus des forces de beaucoup de cordicrs du commerce. ... . j
En résumé général, i° le cordage goudronné est d’un peu plus que le cinquième, moins fort que le cordage blanc.
2° Les grelins sont plus forts que les aussières , parce1 que les cordes sont d’autant plus fortes, qu'elles sont composées d’un plus grand nombre de torons, et parce que les torons d’un grelin sont moins commis qu’une aussièro.
j° Les grelins résistent mieux à l’eau parce qu’ils passent pour moins perméables.
4° Les cordes imbibées d’eau sont moins fortes que les sèches. . j-
5° Un cordage blanc, au sec, appliqué ù un travail égal, avec un cordage goudronné pareillement au scc , dure environ un tiers plus long-temps que le cordage goudronné.
6° Un cordage blanc, exposé aux injures de l’air, et appliqué nu même travail, résiste un quart plus long-temps qu’un cordage goudronné.
7° Un cordage blanc se ^étériore moins en magasin qn’un cordage goudronné, c’est efe qui a fait penser qu’on ne devrait employer que du filain blanc pour les manœuvres courantes et pour les rechanges.
8° Les cordes goudronnées par immersion à la superficie , sont plus foites que celles goudronnées en fil, et résistent mieux que les blanches lorsqu’elles sont alternativement au sec et plongées dans l’eau.
9° Le cordage blanc ne résiste pas dans l’eau autant que le goudronné , d’où il suit qu’on ne peut se dispenser de goudronner les câbles et les grelins.
On ne peut non plus se dispenser de goudronner tout le donnant des gréemens, parce que ces cordages sont dans un état de tension perpétuelle, et le cordage blanc étant un véritable hygromètre, se contracterait dans l’humidité avec une force capable de la faire rompre.
10" Enfin , diverses expérience» ont conduit à penser que les cordages employés dans la marine seraient beaucoup meilleurs, s’ils n’étaient commis qu’au quart avec du chanvre bien affiné. * i ,
On a cherché à remplacer le goudron par quelqu’aulre substance qui eût la propriété de conserver le chanvre dans l’eau, avec celle de moins l’altérer hors de l’eau et de moins accélérer son dépérissement. On a pensé que le tan remplirait ces vues. On a donc tanné des fils de chanvre sur les tourels et on les a fait commettre , on a trouvé :
i° Que le tan n’augmente pas autant le poids des cordages que le goudron .et qu’il les affaiblit moins.
a» Que la force du cordage blauc au sec, surpasse celle du tanné, et celle du tanné surpasse celle du goudroni é.
Malgré ces expériences, la marine n’a point adopté ce procédé, et c’est un malheur attaché A presque toutes les idées utiles; cependant, il est de fait que les filets de pèche tannés et les voiles tannées des chasse-marées résistent admirablement et font exemple.
CORDAGE — commis une fois.
angl. bawser laid. — es p. de un colcho. — nll. trass gcschlagencs lao. — il. una voila comcsso. — port, troça , cabo «le massa.
CORDAGE — commis deux fois.
angl. cable laid. — esp. calabrotado. — ail. ltabel gcschlagcnestaue. — il. due voile comesso . — port, cabo calabrotado , amarrote.