V. l’article cordage
CORDAGE crevé. ... ,
Un cordage est crevé quand il y a des fils ou torons cassés. CORDAGE refait.
Le cordage refait est celui qu’on commet avec les bons fils de caret qu’on retire d’un vieux filain défait. C’est ainsi qu’on fait du carentenier A bord des vaisseaux.
CORDAGE ragué. ,
Un cordage ragué est un filai» écorché par le frottement. Cela use, coupe des fils et détériore le cordage.
CORDAGE étrîpé.
Le cordage étripé est celui dont 'plusieurs fils ont cassé à la circonférence; ces fils semblent sortir entre les torons entre lesquels ils paraissent former comme une barbe. Les cordages étripés ont perdu presque toute leur force. (V. rafraîchir une itague.)
Le cordage se distingue par le nombre de pouces de sa circonférence, depuis trois pouces et au-dessus : on dit une aussière de 5 pouces, un grelin de 8 pouces, un cSblc de i5 pouces, etc. Au-dessous de 3 pouces, on compte par fils, et on dit du lilain en 1 8, en 3o ou en 36 , etc.
CORDE, s. f.
angl. rope. — erp. cabo. — ait. tau, — il. corda-, canapé. — port. cabo.
Torlis de chanvre, résultat de l’ouvrage du cordier. Le mot cordage est générique , il comprend toutes les espèces de cordes, c’est un terme collectif. La corde est une pièce de cordage; mais dans Pusage habituel, le mot corde se restreint au cordage commis une seule fois, saus cependant qu’il y ait une règle fixe à cet égard. Dans la marine, toute corde a son nom, la corde delà cloche est la seule qui conserve celui de corde.
CORDES à mfits et à cordes.
V. à ssc, c’est la même chose ; c’est n’avoir aucune voile dehors, etfu ir devant le temps.
Une frégate , bonne marcheuse, cl qui escorte un convoi marchand, composé de vaisseaux lourds, est souvent obligée, vent arrière, de mettre à nifits et à cordes, pour ralentir sa marche, encore est-elle parfois obligée de lambarder pour ne pas avoir un sillage trop fort.
CORDELLE. s. f.
Opération de rivière, ou d’un port tel que Rochefort, et
qui consiste à se faire haleravec une corde par des houupes placés à terre, et qui entraînent le vaisseau en marchant sur le rivage.
CORDERIE. s. f. ,
angt. rope loft. — ctp. cabestreria , cordcria. n- ail. taue haûss. — it. cordcria. — port, cordoaria.
Atelier oû se fabrique le cordage. Une corderie doit être
assez longue pour y ourdir un câble à l’abri, c’est-à-dire à
couvert; on peut évaluer cette longueur à 200 toises, et
quand elle aurait plus, tant mieux.
Mais dans les ports du commerce, à peine si ces ateliers
ont 80 brasses à couvert. Us disposent au-delà d’un espace
indéfini où ils travaillent à découvert. Alors leurs opérations
dépendent du beau temps.
On dit qu’on a une corderie devant le nez, quand on a des tours dans les câbles.
(dORDIER. s. m.
angt. rope maker. — esp. cordooero , cordolero. — ail. latte ruaker. — il, funajuolo, cordoneiro. — port. estriDqiieiro, cor doeiro. •
Ouvrier qui fabrique les cordes; il a rang de maître dans les ports du roi ; dans les ports du commerce, c’est un négociant , un entrepreneur , un exploiteur, il y en a de trèsriches. Cet état demande un certain talent, et surtout de la probité; car la fraude est si facile , que l’amorce est bien puissante. • • » t-i;; ï’v
Il • <1 . ■ ,
COR DO MS. s. m.
angt. strands. — esp. cordones- — ait. ducht. — iti cordoni.
— port, cortfaes.
Nous laissons la définition de Bourdé et autres, et nous ndus rangeons à l’avis de Duhamel. Le cordon est cette aussiëre, déjà commise, que l’on fait entrer dans, la composition d’un grelin. Ainsi le grelin est composé de trois cordons , dont chacun est composé de trois torons:, d’où il suit qu’il • ci., 26
( 4oa )
faut se garder de confondre le mot cordon ayec celui toron , quoique les autres langues n’en fassent pas la différence.
CORWE d’artimon, s. f.
angt. gaiî. — esp. pico. — ait. btsalm» gafl'el. — fl. pico. — port, carangueja.
On a supprimé les vergues d’artimon. V. ourse. Et on les a remplacées par des cornes. La corne d’artimon arcboute sur le mAt d’artimon; on la retiept dans cette position par deux flasques ou deux jottereaux qui forment entre eux une gorge, une sorte de fourche qui embrasse le mAt dans la moitié de sa circonférence, et est fixée sur lui à l’aide d’un racage sans bigots. Elle a deux drisses : l’une à son racage, c’est la drisse proprement dite ; l’autre A son extrémité, c’est ce qu’on nomme le pic. On l’appuie au roulis par deux candeletles à pentoires, qu’on appelle les candelettes d’artimon.
On a depuis peu adopté l’usage d’enverguer les voiles d’étai sur des cornes; il y a moins de toile perdue : elles portent peut-être mieux; mais elles demandent plus de monde, et sont embarrassantes.
CORNE D’AMORCE, s. f.
Corne de bœuf dans laquelle on met le pulvérin pour amorcer les canons. Le chef de pièce la porte suspendue en baudoulière pendant le combat; le dégorgeoir et l’épinglette sont passés dans la ligne qui la suspend. Cette corne est fermée au gros bout par un lapon de liège, et le petit bout, fermé avec un bouton à ressort : c’est par ce petit bout que le chef de pièce introduit l’amorce dans la lumière; lorsque ialumière est pleine et le pulvérin répandu sur la plate-bande de culasse , le chef de pièce l’écrase avec sa corne, afin qu’il s’enflamme plus aisément.
CORNES D’AMMON. V. fond, qualités de fond, pointes d’alène. !,
Débris de coquillage qui se trouvent sur certains fonds, et
que le plomb de sonde amène quand il eu rencontre. Les sondes de l’attérage d’Europe sont bien connues, et les parages sont indiqués où ces aiguilles sc trouvent : le cap et le banc des aiguilles leur doivent leur nom,