CHARLATAN, N° L
faire aucun Charivari, à peine de prison , de 5oo livres d'amende et de punition corporelle.
Le parlement de Toulouse a défendu les Charivaris, par cinq arr-Hs des 18 janvier i537, 6 février 1 543 , 9 octobre 1 545 * 1 1 mars 1 5<|9i vt ^u de ni.irs avant l'.iques I 55 1 ■
BoutoI rapporte un arrêt Ju mois de juin iGifi, par lequel le parlement <le Dijon fit défense de plus mener le Charivari, k peine de 5o livres d'amende. Deux arrêts du parlement d'Aix, des 3 novembre
1640 et a5 février 1 G.|5 , rapportés par Bonifacc, Ont déclaré criminels les auteurs de Charivaris, et
[[III. Aujourd'hui les attroupements connus sous le nom de Charivari, sontpunisdes peines de simple police. V. l'art. 4;y, n°8, du Code pénal de 1810.]] •CHARLATAN. Ce terme s'emploie particulièrement pour désigner quelqu'un qui. n'ayant ni études, ni principes, ni degrés dans une université, exerce néanmoins la médecine ou la chirurgie 5011s prétexte de seercts qu'il possède) et qu'il applique à tout.
I. Depuis que les hommes vivent en société, il y a eu des Charlatans et des dupes. On voit , dans l'histoire médicinale des Egyptiens et des Hébreux, une foule d'imposteurs qui, profitant de la faiblesse et
ont enjoint aux officiers de tenir la main à ce que de la crédulité, se vantaient de guérir les maladies l'on n'en fît point. les plus invétérées par leurs amulettes , leurs chat-
Un arrêt de règlement du parlement de Lorraine, mes, leurs divinations et leurs spécifiques.
du 17 janvier 17 1 5 ■ a pareillement défendu les Charivaris, à peine d'être procédé extraordinairement contre les coupables, et ordonne que les pères, les mères et les maîtres demeureraient responsables civilement des contraventions de leurs enfants et de leurs domestiques.
Les Grecs et les l'orna ms furent a leur tour inondt de Charlatans en tout genre. Aristophane a célébré un certain Eudarous, qui vendait des anneaux contre la morsure des bêtes venimeuses.
Nos Charlatans ne diffèrent pas des anciens pour le caractère; c'est le même génie qui les gouverne,
l ne sentence, rendue par le lieutenant de police le même but auquel ils tendent, celui de gagner d ChAtelet de Paris, le i3 mai i"35, a condamné l'argent et de tromper le public , et toujours avec de
le
au l.natelet de fans . le n mai a conuamne 1 argent et (te tromper le public , et toujours avec des
à l'amende différents particuliers pour avoir fait sachets, des peaux divines , des calottes contre l'a- Charivari. Elle a en outre ordonné l'exécution des poplexie, l'émiplégie, l'épilcpsie, etc. règlements relatifs à la tranquillité publique, et dé- Voici quelques traits rassembles par M. Dionis, claré que les pères, les mères, les maîtres et les sur les Charlatans qui ont eu le plus de vogue eu maîtresses seraient responsables des amendes qui France vers la fin du dix-septième siècle.
Le marquis Caretto, un de ces aventuriers hardis, d'un caractère libre et familier, qui, se produisant eux-mêmes, protestent qu'ils ont dans l'art toute l'habileté qui manque aux autres, et qui sont crus sur leur parole, perca la foule, parvint jusqu'à l'oreille du prince, cl en obtint la faveur et des pensions. 11 avait un spécifique qu'il vendait 1 louis la goutte : le moyen qu'uu remède si cher ne fut pas excellent? Cet homme entreprit M. le maréchal de Luxembourg, et l'empêcha d'être saigné dans une
pourraient être prononcées contre leurs enfants, leurs apprentis et leurs domestiques.
Par arrêt du 19 avril 1780, le parlement de Paris a sévi, en ces teraies, contre les auteifrs et fauteurs d'un Charivari : « la cour, sans avoir égard aux demandes de la partie de Poitevin ( le sieur Simon ), met l'appt'llatinn et ce dont est appel, au néant; émendant, évoquant le principal , et y faisant droit, ordonne que les arrêts et règlements de la cour concernant les Charivaris et tous attroupements populaires, ensemble l'ordonnance de police des officiers fausse pleurésie dont il mourut. Cet accident décria
dudit Joinville, du 10 mars 17(38, seront exécutés selon L ur forme et teneur ; condamne, tant ladite partic de Poitevin, que le nommé Pcrrin , procureur fiscal k Joinville , Bouquain, huissier, Kegnier, commis à la recette des tailles, Lemaire, tanneur, 1rs nommés Mauriau, Lecerf, Maigrot, Amour et Simon Ballet frères, chacun en -ao livres d'amende...; cond.imne les susnommés en a,ooo livres de dommages et intérêts solidairement envers la partie de Husson de Broutières ( le sieur Cadet ); leur fait défense de récidiver et de faire à l'avenir aucun Charivari , sous peine de punition exemplaire : les condamne en tous les dépens solidairement des causes principale , d'appel et demandes... j faisant droit sur les conclusions du procureur-général du roi, ordonne que Pcrrin,
Erocureur fiscal à Joinville, et le nommé Bouquain, uissicr, seront et demeureront interdits de leurs fonctions pendant le temps et espace, savoir, ledit Perrin, pendant un an, et Bouquain, pendant six mois; permet à la partie de Husson de Broutières de faire imprimer et afficher l'arrêt... ; le tout aux frais solidaires des accusés ci -dessus nommés, etc. » ( M. Guyot. )•
le Charlatan ; mais le grand capitaine était mort.
Deux capucins succédèrent à l'aventurier d'Italie ; ils firent publier qu'ils apportaient des pays étrangers des secrets inconnus aux autres homme*. Ils furent logés au Louvre; on leur donna i,5oo livres par an. Tout Paris accourut vers eux; ils distribuèrent beaucoup de remèdes qui ne guérirent personne; on les abandonna , et ils se jetèrent dans l'ordre de Clugni. L'un , qui se fit appeler l'abbé Rousseau , fut martyr de sa charlalancric ; il aima mieux mourir que de se laisser saigner. L'autre, qui fut connu sous le nom de l'abbé Aignant , ne se réserva qu'un remède contre la petite vérole; mais ce remède était infaillible. Deux seigneurs de la première qualité s'en servirent : l'un était le duc de Roquelaure, qui en réchappa, parce que sa petite vérole se trouva de bonne qualité; l'autre, le prince d'Epinoi, qui en mourut.
En voici un pour les urines ; on l'appelait le médecin des bœufs; il était établi à Seignelai, bourg du comté d'Auxerre : il prétendait connaître tontes sortes de maladies par l'inspection des urines ; charlatanerie farile, usée rt de tous pays. Il passa, pend-nt quelque temps, pour un oracle; mai* ou Via-
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atruisit mal, et il se trompa tant de fois que les malades oublièrent le chemin de Seignelai.
Le père Guiton , cordolicr, ayant lu dan» un livre de chimie la préparation de quelques médicaments, obtint de ses supérieurs la liberté de les Tendre et d'en garder le profit, à condition d'en fournir gratis à ceux du courent qui en auraient besoin. Le prince d'Isenghicn et plusieurs autres personnes éprouvèrent ces remèdes, mais avec un si mauvais succès, que le nouveau chimiste en perdit son crédit.
Un apothicaire du loratat d'Avignon se mit sur les rangs avec une pastille telle qu'il notait point de maladie qui ne dut céder a sa vertu. Ce remède merveilleux, qui n'était qu'un peu de su. rc incorporé avec de l'arsenic, produisit les effets les plus funestes. Ce Charlatan était si stupide, que prenant, pour mille pastilles, mi Ile grains d'arsenic qu'il mêlait sans aucune précaution avecautant de sucre qu'il en fallait pour former les mille pastilles, la distribution de l'arsenic n'était point exacte; en sorte qu'il y avait telle pastille chargée de très-peu d'arsenic, et telle autre de deux grains et plus de ce minéral.
Le frère Ange, capurin du couvent du faubourg Saint- Jacques , avait été garçon apothicaire: toute sa science consistait dans la composition d'un sel végétal, et d'un sirop qu'il appelait mésentérique , et qu'il donnait à tout le monde, attribuant à ce sirop la propriété de purger avec choix les humeurs qu'il fallait évacuer. C'était, dit-on, un bonhomme qui le croyait de bonne loi. .Madame la Dauphine, qui était indisposée, usa de son sel et de son sirop pendant quinze jours , et n'en recevant aucun soulagement, le frère Ange fut congédié.
I. 'abbé de Bclzé lui surcéda à Versailles. C'était un prêtre normand qui s'avisa de se dire médecin ; il purgea madame la Dauphine vingt-deux fois en deux mois, et dans le temps où il est imprudent de fairedes remèdes aux femmes la princesse s'en trouva fort mal , et les demoiselles Bcsula et Patrocle, deux de ses femmes de chambre, qui avaient aussi fait usage de la médecine de l'abbé, en contractèrent un devoiement continuel, dont elles moururent l'une après l'autre.
Le sieur du Cerf vint ensuite avec une huile de gayac qui rendait les gens immortels. L'n des aumôniers de madame la Dauphine, au lieu de se mêler de «on ministère, s'avisa de proposer le sieur du Cerf; le Charlatan vit la princesse , assura qu'il eu avait guéri de plus malades qu'elle ; courut préparer sou rcrnôdc, revint, et trouva la princesse morte. Cet homme, qui avait le secret de l'immortalité, mourut trois mois après.
II. Ces détails pourraient faire penser que nous n'avons point de loi en France contre lesCharlatans; mais ce serait un erreur. L'art. a6 de l'édit du mois de mars 1707 défend, sous peine de 5oo livres d'amende, i quiconque n'est ni docteur ni licencié dans une faculté de médecine, d'ordonner aucun remède, même gratuitement, sous quelque prétexte que ce soit.
L'art. 37 du même édit a déclaré que les religieux mendiants et non-mendiants étaient compris dan* les