‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 107 sur 320 · LETTRE DE J.-J. ROUSSEAU · texte numérisé non relu

LETTRE DE J.-J. ROUSSEAU

houlières^ qu'aucun auteur de nos jours ne pourrait égaler..^ Si vous voulez que je vous cite des hommes, voyez avec quelle clarté, quelle simplicité notre Racine s'exprime toujours. Chacun croit, en le lisant, qu'U dirait eu prose tout ce que Racine a dit en vers. Croyez que tout ce qui as sera pas aussi clair, aussi simple, aussi élégant, ne vaudra rien du tout.

Vos réflexions, m.ademoiselle, vous en apprendront cent fois plus que je ne pourrais vous en dire. Vous verrez que nos hons écrivains, Fénelon, Bossuet^, Racine, Desvréaux'^, employaient toujours le mot propre. On s'accoutume à bien parler, en hsant souvent ceux qui ont bifia écrit ; 'on se fait une habitude d'exprimer simplement et noblement sa pensée sans effort. Ce n'est point ime étude ; il n'en coûte aucune peine de hre ce qui est bon, et de ne lire que cela. On n'a de maître que son plaisir et son goût.

Pardonnez, mademoiselle, à ces longues réflexions ; ne les attribuez qu'à mon obéissance à vos ordres. J'ai l'honneur d'être avec respect, etc. Voltaire {François-Arouet de), Né en 1694, mort en 1778. Génie universel, il ne fut étranger à aucune gloire littéraire. U Épopée lui doit le seul poème français dont elle puisse s'enorgueillir, la Henriade. La Tragédie lui doit Œdipe, Brutus, la Mort de César, Alzire, Mahomet, Zdire, Mérope, etc. h'Histoire lui est redevable de Charles XII, Pierrele-Grand, le Siècle de Louis XIV, etc., etc.

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