IMPROVISATION DU PRÉDICATEUR BRIDAINK
face à face avec la faim. Et la faim n'était pas entrée seule en son logis : la maladie y était aussi entre'e avec elle.
Or, cet homme avait deux voisins, l'un plus riche, l'autre moins.
Il s'en alla trouver le premier et il lui dit : " Nous manquons de tout, moi, ma femme et mes enfants : ayez pitié de nous."
Le riche lui répondit : " Que puis-je à cela ? Quand vous avez travaillé pour moi., vous ai-je retenu votre salaire, ou en ai-je différé le payement? Jamais je ne fis aucun tort ni à vous ni à nul autre : mes mains sont pures de toute iniquité. Votre misère m'afflige, mais chacun doit songer à soi dans ces temps mauvais : qid sait combien ils dureront?"
Le pau^Te père se tut ; et, le cœur plein d'angoisse, il s'en retournait lentement chez lui, lorsqu'il rencontra l'autre voisin moins riche.
Celui-ci, le voyant pensif et triste, lui dit : " Qu'avezvous ? il y a des soucis sur votre front et des larmes dans vos yeux."
Et le père, d'une voix altérée", lui exposa son infortune.
Quand il eut achevé : " Pourquoi," lui dit l'autre, "vous désoler de la sorte ? Ne sommes-nous pas frères ? et comment pourrais-je délaisser mon frère en sa détresse ? Venez, et nous partagerons ce que je tiens de la bonté de Dieu."
La famille qui souffrait fut ainsi soulagée, jusqu'à ce qu'elle pût elle-même pourvoir à ses besoins.
Lamennais. {Voyez la page 130.)
IMPROVISATION DU PREDICATEUR BRIDAINE, DANS UN DES PREMIERS TEMPLES ET AU MILIEU DE LA PLUS HAUTE COMPAGNIE DE LA CAPITALE.
À LA \'ue d'un auditoire si nouveau pour moi, il semble, mes frères, que je ne devTais ouvrir la bouche que pour vous demander grâce en faveur d'un pau^TC missionnaire dépourvu de tous les talents que vous exigez quand on vient vous parler de votre salut. J'éprouve cependant aujourd'hui un sentiment différent ; et, si je suis humilié, gardez-vous de croire