‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 138 sur 320 · BRI DAINE · texte numérisé non relu

BRI DAINE

que je m'abaisse aux miscrables iaqmétudes de la vanitë. A Dieu ne plaise qu'un ministre du ciel pense jamais avoir besoir d'excuse auprès de vous ! car, qui que vous soyez, vous n'êtes, comme moi, que des pécheurs. C'est devant votre Dieu et le mien que je me sens pressé dans ce moment de frapper ma poitrine.

Jusqu'à présent j'ai publié les justices du Très-Haut dans des temples couverts de chaume ; j'ai prêché la soumission et la parience à des informnés qui manquaient de pain ; j'ai amioncé aux bons habitants des campagnes les vérités les plus effrayantes de ma religion, Qu'ai-je fait, malheureux ! j'ai contristé les pauvres, les meilleurs amis de mon Dieu ; j'ai porté l'épouvante et la douleur dans ces âmes simples et fidèles que j'aurais dû plaindre et consoler.

C'est ici, oii mes regards ne tombent que sur des grands, sur des riches, sur des oppresseurs de Thinnanité souffrante, ou des pécheurs audacieux et enduTcis : ah ! c'est ici seulemetit qu'il fallait faire retentir la parole sainte dans toute la force de son tonnerre, et placer avec moi dans cette chaire, d'un côté la mort qtri nous menace, et de l'autre, mon grand Dieu qui vient vous juger. Je tiens aujourd'hui votre sentence à la main : tremblez donc devant moi, hommes superbes et dédaigneux qui m' écoutez ! La nécesàté du salut, la certitude de la mort, l'inceititude de cette heure si effroyable pour vous, l'impénitence finale, le jugement dernier, le petit nombre des élus, l'enfer, et par-dessus tout l'éternité : l'éternité ! voilà les sujets dont je viens vous entretenir, et que j'aurais dû sans doute réserver pour vous seuls.

Et qu'ai-je besoin de vos suffrages, qui m.e damneraient peut-être sans vous sauver ? Dieu va vous émouvoir, tandis que son mdigne ministre vous parlera ; car j'ai acquis une expérience de ses miséricordes. Alors, pénétrés d'horreur pour vos iniquités passées, vous viendrez vous jeter entre mes bras en versant des larmes de componction et de repentir, et à force de remords, vous me trouverez assez cloquent.

Bridaixe (Jacques), Ne en 1701, mort en 1767.

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