NARRATIONS HISTORIQUES
EXTRAITS Di; VOYAGE DU JEUNE ANACHARSIS EN GRECE.
Combat des Thermopyles.
Penûant la ntiit, Léonidas avait été instruit du projet des Perses par des transfuges échappés du camp de Xercès^ ; et le lendemain matin, il le fut^ de leurs succès par des sentinelles accourues du haut de la montagne. A cette terrible nouvelle, les chefs des Grecs s'assemblèrent. Comme les uns étaient d'avis de s'éloigner des Thermopyles^, les autres d'y rester, Léonidas les conjura de se réserver pour des temps plus heureux, et déclara que, quant à lui et à ses compagnons, U ne leur était pas permis de quitter un poste que Sparte leur avait confié. Les Thespiens protestèrent qu'ils n'abandonneraient point les Spartiates ; les quatre cents Théliaius, soit de gré, soit de force', prirent le même parti; le leste de l'armée eut le temps de sortir du défilé.
Cependant ce piince se disposait à la plus hardie des entreprises. " Ce n'est point ici," dit-il à ses compagnons, "que nous devons combattre ; il faut marcher à la tente de Xercès, l'immoler, ou périr au milieu de son camp." Ses soldats ne répoudh'ent que par im cri de joie. Il leur fait preudi'e un repas frugal, en ajoutant: "Nous en prendrons
a Au printemps de la quatrième année de la 74* Olympiade (480 arant l'ère vulgaire), Xercès (fils de Darius), roi des Perses, envahit la Grèce avec la plus nombreuse armée qui ait jamais dévasté la terre.
*" Thermopyles, du grec 6ep[ibs (thermos) chaud (U y avait eu jadis des sources d'eaux chaudes aux environs du défilé), et Tri'Xrj (pul^ porte, défilé. Le passage des Thermopyles est situé entre la Thessalie et la Locride. Tout le détroit peut avoir environ deux lieues de longueur. Sa largeur varie presque à chaque pas ; mais partout on a, d'un côté, des montagues escarpées, et de l'autre, la mer et des marais impénétrables.