‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 156 sur 320 · COMBAT DES THERMOPYLES · texte numérisé non relu

COMBAT DES THERMOPYLES

bientôt un autre chez Pluton." Toutes ses paroles laissaient une impression profonde dans les esprits. Près d'attaquer l'ennemi, il est e'mu sur le sort de deux Spartiates qui lui étaient unis par le sang et par l'amitié : il donne au premier une lettre, au second ime commission secrète pour les magistrats de Lacédémone. " Nous ne sommes pas ici,'' disent-ils, "pour porter des ordres, mais pour combattre;" et, sans attendre sa réponse, ils vont se placer dans les rangs qu'on leur avait assignés.

Au milieu de la nuit, les Grecs, Léonidas à leur tête, sortent du défilé, avancent à pas redoublés dans la plaine, renversent les postes avancés, et pénètrent dans la tente de Xercès, qui avait déjà pris la fuite ; ils entrent dans les tentes voisines, se répandent dans le camp, et se rassasient de carnage. La terreur qu'ils inspirent se reproduit à chaque pas, à chaque instant, avec des circonstances plus effrayantes. Des bruits sourds, des cris affreux annoncent que les troupes à' Ili/darnès^ sont détruites, que toute l'armée le sera bientôt par les forces réunies de la Grèce.

Les plus courageux des Perses, ne pouvant entendre la voix de leurs généraux, ne sachant où porter leurs pas, oii diriger leurs coups, se jetaient au hasard dans la mêlée, et périssaient par les mains les ims des autres, lorsque les premiers rayons du soleil offrirent à leurs yeux le petit nombre des vainqueurs. Ils se forment aussitôt, et attaquent les Grecs de toutes parts. Léonidas tombe sous une grêle de traits. L'honneur d'enlever son corps engage un combat terrible entre ses compagnons et les troupes les plus aguerries de l'armée persane. Deux frères de Xercès, quantité de Perses, plusieurs Spartiates y perdii-ent la vie. A la fin, les Grecs, quoique épuisés et affaiblis par leurs pertes, enlèvent leur général, repoussent quatre fois l'ennemi dans leur retraite, et, après avoir gagné le défilé, franchissent le retranchement, et vont se placer sur la petite colline qui est auprès d' Anthéla ; ils s'y défendirent encore

* Ce général commandait les 10,000 Immortels, troupes d'élite de Xercès ainsi nommées parce que leur •nombre devait être toujours complet,

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