CONVERSION DE C1.0VTS AU CHRISTIANISME
ci appellent les Francs, et Chlovis accourt. Il n'avait garde de leur refuser xme protection dont il comptait leur faire comprendre et paj'er le prix.
On combattit à Tolbiac^, auprès de Cologne. Sigebert, de la race de Chlovis, gouvernait ce pays avec le titre de roi. Ce fut lui qui commença l'attaque, tombant sur les Allemands avec une grande re'solution. Mais il succomba. Ses troupes, rebutées, reculèrent, et, renversé lui-même et blessé, son fils ne le retira qu'à grand' peine de la mêlée*'. Tout fut alors, cliez les Francs, terreur efc désordre. Chez les Allemands, l'ardeur et l'acharnement redoublaient. En un instant, Chlovis, pressé et environné, se vit dans un extrême péril ; il allait perdre sa gloire. Aurélian^, alors s'approchant : " Chlovis," dit-il, " te fieras-tu toujours à tes dieux ?" " Non," reprit le roi ; "ils sont vains. Je le connais bien à cette heure. Dieu des Chrétiens ! sois-moi en aide; je me voue à toi." Et, disant ainsi, il s'élance. Le courage revient aux siens, et l'on ne fuit plus. L'ennemi s'étonne. Il poursuivait des troupes rompues, c'est lui maintenant que l'on va rompre et poursuivre ; il était vainqueur, le voilà vaincu.
Le carnage fut grand ; le roi des Allemands fut tué ; la nation passa sous le joug, et paya tribut. . . .
Chlovis vint à Reims. Là, ayant fait assembler les Francs, il se préparait à leur expliquer sa résolution. ]Mais, prévenu par des acclamations unanimes : " Nous renonçons les dieux mortels," criait le peuple : " nous croirons Remi^, et n'obéirons qu'au Dieu immortel."
On prépara la solennité du baptême. L'église de Saint- Martin fut parée avec luie grande somptuosité. Trois
* Tolbiac, aujourd'hui Zulpich ou Zulz.
^ Quelque temps apiès cette bataille, ce même fils (Clodoric), excité par les conseils de Clovis, assassina son père, et fut tué à son tour par des émissaires de Clovis, qui par ce double crime, se rendit maître de la tribu des Eipuaires.
" Aurélian, ministre de Clovis, était gaulois et chrétien ; ce fut lui qui négocia son mariage avec Clotilde.
" Sainf-Remi, ou Rémy, évoque de Reims, s'était concihé l'estime et l'amitié des Francs pendant la guerre de Soissons ; ce fut lui surtout qui instruisit Clovis dans les vérités de la religion.
284 RÉGNE DE CHARLEMAGXE
raille catéchumènes des Francs suivirent le roi au baptême, et, quand ce prince s'avança, vêtu de blanc, pour le recevoir: "Sicambre," lui dit saint-Remi, " liumilie-toi et abaisse ta tête ; brûle ce que tu as adoré, et adore ce que tu as brûlé." Le comte de Peyronnet.
Peyronnet {Charles-Ignace, comte de).
Né en 1775; auteur vivant. Élevé au comble des honneurs politiques sous Charles X, il a vu tout à coup s'écrouler l'édifice de sa grandeur (à la révolution de juillet 1830). Nous avons de M. de PejTonnet l'Histoire des Francs.
règne de charlemagne^.
Charlemagne songea à tenir le pouvoir de la noblesse dans ses limites, et à empêcher l'oppression du clergé et des hommes libres. Il mit un tel tempérament dans les ordres de l'Etat, qu'ils furent contrebalancés, et qu'il resta le maître. Tout fut uni par la force de son génie. Il mena continuellement la noblesse d'expédition en expédition ; il ne lui laissa pas le temps de former des desseins, et l'occupa tout entière à suivre les siens. L'Empire se maintint par la grandeur du chef: le prince était grand, l'homme l'était davantage. Les rois, ses enfants, furent ses premiers sujets, les instruments de son pouvoir, et les modèles de l'obéissance. Il fit d'admirables règlements ; il fit plus, il les fit exécuter. Sou génie se répandit sur toutes les parties de l'Empire. On voit, dans les lois de ce prince, un esprit de prévoyance qui comprend tout, et une certaine force qui entraîne tout. Les prétextes pour éluder les devoirs sont ôtés, les négligences corrigées, les abus réformés ou prévenus. Il savait punir ; il savait encore mieux pardonner. Vaste dans ses desseins, simple dans l'exécution, personne n'eut à un plus haut degré l'art de faire les plus grandes choses avec facihté, les difficiles avec
^ Charlemagne, roi de France et empereur d'Occident, mort en 814,