ALLOCUTION DE HENRI IV
U refuse de donner F assaut à la ville de Paris.
Après la victoire d'Ivry, où Henri IV battit Mayenne^ et les Espagnols (1590), le roi vainqueur ^-int bloquer Paris. Cette malheureuse ville, en proie aux fureurs des Seize *" et à la tyrannie des soldats espagnols, fut réduite aiL\ dernières extrémités de la famine : les Paiisiens, opprimés par leurs défenseurs, ne ti-ouvaient de pitié que dans le prince qui les assiégeait.
Mes amis, mes compagnons, mes frères d'armes, que me demandez-vous? que veulent ces soldats qui poussent des cris de guerre autour de ma tente ? Quoi ! on veut que je commande l'assaut ! on veut que je donne l'ordre et le signal du carnage ! et nos ennemis sont nos concitoyens, et ce sont des Français que nous irions égorger dans leurs muis ; et cette ville dont on demande la ruine est la capitale de mon royaume ! Je sais bien que de funestes souvenirs excusent et autorisent peut-être nos ressentiments : catholiques et calvinistes, nous aurions ' tous, je le sais, des crimes à pimir dans Paris, et les mânes de Henri III ^ et de Coligny'^ ap-
• Voyez la page 322, note *.
'' Faction des Seize. Nom donné à une faction qui se fornoa à Paris pendant la Ligue, sous le règne de Henri III, ainsi nommée parce que seize de ses principaux membres avaient été nommés chefs des seize sections de Paris.
■= Voyez la page 317, note •>. ^ Voyez la page 316.