‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 260 sur 320 · SI LES HOMMES XE TE VOIENT PAS, DIEU TE VOIT · texte numérisé non relu

SI LES HOMMES XE TE VOIENT PAS, DIEU TE VOIT

M. DE LA Perrière se promenait un jour dans les champs avec Fabien, son plus jeune ills. C'était un beau jour d'automne, et il faisait encore grand ciiaud.

" Mon papa," lui dit Fabien, en tournant la tête du côté d'un jardin, le long duquel ils marchaient alors, "j'ai bien soif."

" Et moi aussi, mon fils," lui répondit M. de la Ferrière. " Mais il faut prendre patience, jusqu'à ce que nous arrivions à la maison."

Fabien. Voilà un poirier chargé de bien belles pones. Voyez, c'est du doyenné^. Ah ! que j'en mangerais une avec plaisir !

M, de la Ferrière. Je le crois sans peine ; mais cet arbre est dans un jardin fermé de toutes parts.

Fab. La haie n'est pas trop fourrée, et voici un trou par où je poiUTais bien passer.

il/, de la Fer. Et que dirait le maître du jardin, s'il était là?

Fab. Oh ! sûrement, il n'y est pas, et il n'y a personne qui puisse nous voii-,

M. de la Fer. Tu te trompes, mon enfant. Il y a quelqu'un qui nous voit, et qui nous punirait avec justice, parce qu'il y am-ait du mal à faire ce que tu me proposes.

Fab. Et qui serait-ce donc, mon papa?

M. de la Fer. Celid qui est présent partout, qui ne nous perd jamais im instant de vue, et qui voit jusque dans le fond de nos pensées. Dieu.

Fab. Ah ! vous avez raison : je n'y songe plus.

Au même instant, il se leva de derrière la haie, un homme qu'ils n'avaient pu voir, parce qu'il était étendu sur un banc de gazon. C'était un vieillard à qui appartenait le jardin, et qui parla de cette manière à Fabien :

" Remercie Dieu, mon enfant, de ce que ton père t'a empêché

" Boyenné, espèce de poire trCs-fondante et peu parfumée, qui se cueille en automne.

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