‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 278 sur 320 · LE FESTIN DE PIERRE · texte numérisé non relu

LE FESTIN DE PIERRE

parler à personne ; mais cet ordre n'est pas pour vous, et vous êtes en droit de ne trouver jamais de porte fermée chez moi.

M. Dim. Monsieur, je vous suis fort obligé.

Don Juan, {^parlant à La Violette et à Ragotin.'] Parbleu ! coquins, je vous apprendrai à laisser monsiem* Dimanche dans une antichambre, et je vous ferai connaître les gens.

M. Dim, Monsieur, cela n'est rien.

Don Juan, [à M. Dimanche.^ Comment ! vous dire que je n'y, suis pas, à monsieur Dimanche, au meilleur de mes amis !

M. Dim. Monsieur, je suis votre serviteur. J'étais venu. . . .

Don Juan. AUons, vite, un siège pom- monsieiu- Dimanche.

M. Dim. Monsieur, je suis bien comme cela.

Don Juan. Point, point, je veux que vous soyez assis comme moi.

M. Dim. Cela n'est point nécessaire.

Don Juan, ôtez ce pliant-, et apportez un fauteuil.

M. Dim. Monsieur, vous vous moquez ; et. . . .

Don Juan. Non, non, je sais ce que je vous dois ; et je ne veux point qu'on mette de différence entre nous deux.

M. Dim. Monsieur ....

Don Juan. Allons, asseyez-vous.

M. Dim. Il n'est pas besoin, monsieur, et je n'ai qu'un mot à vous dire. J'étais ....

Don Juan. Mettez-vous là, vous dis-je.

M. Dim. Non, monsieur, je suis bien. Je viens pour ....

Don Juan. Non, je ne vous écoute point si vous n'êtes assis.

M. Dim. Monsieur, je fais ce que vous voulez. Je ... .

Don Juan. Parbleu ! monsieur Dimanche, vous vous portez bien.

M. Dim. Oui, monsiem-, pour vous rendi-e service. Je suis venu ....

Don Juan. Vous avez im fonds de santé admirable, des lèvres fraîches, un teint vermeil, et des yeux vifs.

M. Dim. Je voudrais bien ....

Don Juan, Comment se porte madame Dimanche, votre épouse ?

M. Dim. Fort bien, monsieur. Dieu merci.

Don Juan. C'est ime brave femme.

M. Dim. Elle est votre servante, monsieur. Je venais ....

Don Juan. Et votre petite fille Claudine, comment se portet-elle ?

M. Dim. Le mieux du monde.

Don Juan. La jolie petite fille que c'est ! je l'aime de tout mon cœur.

M. Dim. C'est trop d'honneur que vous lui faites, monsieur. Je vous ....

Don Juan. Et le petit Colin, fait-il toujours bien du bruit avec son tambour ?

Ji. Dim. Toujours de même, monsieur. Je ... .

Don Juan. Et votre petit chien Brusquet, gronde-t-il toujours aussi fort, et mord-il toujours bien aux jambes les gens qui vont chez vous?

M. Dim. Plus que jamais, monsieur ; et nous ne saurions en chevir^.

Don Juan. Ne vous étonnez pas si je m'informe des nouvelles de toute la famille ; car j'y prends beaucoup d'intérêt.

M. Dim. Nous vous sommes, monsieur, infiniment obligés. Je

Don Juan, \lui tendant la main.'] Touchez donc là, monsieur Dimanche. Êtes-vous bien de mes amis?

M. Dim. Monsieur, je suis votre serviteur.

Don Juan. Parbleu ! je suis à vous de tout mon cœur.

M. Dim. Vous m'honorez trop. Je ... .

Don Juan. Il n'y a rien que je ne fisse pour vous.

M. Dim. Monsieur, vous avez trop de bonté pour moi.

Don Juan. Et cela sans intérêt, je vous prie de le croire.

3/. Dim. Je n'ai point mérité cette grâce, assurément. Mais, monsieur ....

Don Juan. Oh çà, monsieur Dimanche, sans façon, voulezvous souper avec moi?

M. Dim. Non, monsieur, il faut que je m'en retom-ne tout à l'heure. Je ... .

Don Juan, [se levant.] Allons, vite un flambeau pour conduire monsieur Dimanche, et que quatre ou cinq de mes gens prennent des mousquetons pour l'escorter.

M. Dim. [se levant aussi.] Monsieur, il n'est pas nécessaire, et je m'en irai bien tout seul. Mais ....

[Sganarelle dte les sièges promptement.]

Don Juan. Comment ! Je veux qu'on vous escorte, et je m'intéresse trop à votre personne. Je suis votre serviteur, et, de plus, votre débiteur.

* Chevir, c'est-à-dire venir à chef et à bout de quelque chose ; car il vient de chif, ainsi qu'achever.

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