Scène de L'Amoub médecin, comédie
Sganarelle, Lisette.
Liis. Que voulez-vous donc faire, monsieur, de quatre médecins ? N'est-ce pas assez d'un pour tuer une personne ?
Sgan. Taisez-vous. Quati-e conseils valent mieux qu'un.
L/is. Est-ce que votre fille ne peut pas bien mourir sans le secours de ces messieurs-là?
Sgan. Est-ce que les médecins font mourir ?
lAs. Sans doute; et j'ai connu un homme qui prouvait, par bonnes raisons, qu'il ne faut jamais dire : Une telle personne est morte d'une fiè\Te et d'ime fluxion sur la poitrine, mais elle est morte de quatre médecins et de deux apothicaires.
Sgan. Chut ! N'offensez pas ces messieurs-là.
Lns. Ma foi, monsieur, notre chat est réchappé depuis peu d'un saut qu'il fit du haut de la maison dans la rue ; et il fut trois jouis sans manger, et sans pouvoir remuer ni pied ni patte"; mais il est bien heui-eux de ce qu'il n'y a point de chats médecins, car ses affaires étaient faites, et ils n'auraient pas manqué de le purger et de le saigner.
Sgan. Youlez-vous vous taire ? vous dis-je. Mais voyez quelle impertinence ! Les voici.
Lis. Prenez garde, vous allez être bien édifié. Ils vous diront en latin que votre fille est malade.
Molière. {Voyez la page 4A4.)
' Ne remuer m pied ni patte, çxpression proverbiale et familière qui signifie être sans mouvemeat.