‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 289 sur 320 · BRUÉYS · texte numérisé non relu

BRUÉYS

M. Gnil. Faites mieux. Vous avez, dites-vous, l'argent tout prêt?

Pat. Sans cela je n'y songerais pas.

M. Guil. Je m'en vais le faire porter chez vous par un de mes garçons. Il me souvient qu'il y en a là de coupé justement ce qu'il vous en faut.

Pat. \prenant le drap.'] Cela est heureux !

M. Guil. Attendez : il faut auparavant que je l'aune en votre présence.

Pat. Bon ! est-ce que je ne me fie pas à vous?

M. Guil. Donnez, donnez ; je vais le faire porter, et vous m'enverrez par le retour...

Pat. [l'interrompant.'] Le retour... Non, non; ne détournez pas vos gens : je n'ai que deux pas à faire d'ici chez moi. Comme vous dites, le tailleur aura plus de temps.

M. Guil. Laissez-moi vous donner un garçon qui me rapportera l'argenc.

Pat. Eh ! point, point. Je ne suis pas glorieux : il est presque nuit; et, sous ma robe, on prendra ceci pour un sac de procès.

M. Guil. Mais, monsieur; je vais toujours vous donner un garçon pour me...

Pat. [l'interrompant.] Eh! point de façon, vous dis-je...A cinq hem'es précises, trois cent trente écus, et l'oie à dîner... Oh! çà, il se fait tard: adieu, mon cher voisin, ser\ateur...eh I serviteur...

M. Guil. Serviteur, monsieur, serviteur. [Patelin rentre chez lui.] Bruéys.

Bkiiéys {David Augustin de), Poëte et théologien, né à Aix en 1640, mort à Montpellier en 1723. Il a écrit seul ou en société avec Palaprat, son ami, plusieurs comédies qui eurent du succès, entre autres l'Avocat Patelin, et la Grondeur.

Scènes du Grondeur, comédie.

M. Grichard, vieux médecin ; L'Olive, son valet ; Akiste, frère de Grichard.

M. Grich. BomTeau, me feras-tu toujours frapper deux heure ; à la porte ?

L'Ol. Monsieur, je travaillais au jardin. Au premier coup de marteau, j'ai com'u si vite que je sms tombé en chemin.

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