LES INVALIDES AU PIED DES AUTELS
comparons, ôtant leurs chapeaux goudronnés*. Tinrent à entonner^, d'ime voix rauque^, leiu* simple et pieux cantique. Qu'elle était touchante la prière de ces hommes qui, sur une planche fragile, au milieu de l'Océan, contemplaient xm soleU couchant sur les flots ! Comme elle allait à l'âme cette iavocation du pauvre matelot! Cette humiliation devant celui qui envoie les orages et le calme ; cette conscience de notre petitesse à la vue de l'Infini; ces chants s' étendant au loia sur les vagues ; la nuit s'approchant avec ses embûches'' ; la merveille de notre vaisseau au milieu de tant de merveilles ; un équipage religieux, saisi d'admiration et de crainte ; un prêtre auguste en prière ; Dieu penché sur l'abîme, d'une main retenant le soleil aux portes de l'occident, de l'autre élevant la lune à l'horizon opposé, et prêtant, à travers l'immensité, une oreille attentive à la faible vois de sa créature : voilà ce que l'on ne saurait peindre, et ce que tout le cœur de l'homme suffit à peine pour sentir.
Chateaubriand . ( Voyez la page 63. >