‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 59 sur 320 · LE CHEVAL · texte numérisé non relu

LE CHEVAL

suffit, pour se nourrir, de quelques poissons ^'o« fait mariner^, et qu'on met ensuite en réserve. Mais, ce qu'il y a de merreilleux dans les habitudes de ces bons chiens, c'est qu'ils restent libres et livrés à eux-mêmes tout le cours de leur été. Tant qu'on n'îfpas besoin de leur assistance, ils rivent de leur seule industrie. Ce n'est qu'à im signal qu'on leur donne, après l'apparition des premiers froids, qu'ils accourent affectueuiement auprès de leurs maîtres, pour leur rendre tous les services dont ceux-ci ont besoin. Ils les dirigent pendant les ténèbres de la nuit, et au milieu des plus terribles orages. Quand les Samoïèdes tombent engourdis'' sur la terre couverte de frimas, leurs cldens viennent les couvrir de leurs corps, et leur communiquer leur chaleur naturelle. Mais que fait l'homme, partout si ingrat, pour tant de bons offices? Il attend que ces animaux deviennent vieux pour exiger leur peau, et pour s'en revêtir. Alibert. (For/ez la page 73.)

LE cheval.

La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal % qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats : aussi intrépide que son maître, le cheval voit le péril et Vqfronte^ ; il se fait au bruit des armes, il l'aime, il le cherche, et s'anime de la même ardeur : il partage aussi ses plaisirs ; à la chasse, aux tournois, à la course, il brille, il étincelle. Mais, docile autant que courageux, il ne se laisse pas emporter à son feu ; il sait réprimer ses mouvements : nonseulement il fléchit' sous la main de celui qui le guide,

* A>'ECDOTE. — Un jour Rivarol, un des écrivains les plus spirituels du 18'^ siècle, causait avec D'Alembert qui n'aimait pas Buifon. D'Alembert lui disait, " Ne me parlez pas de Buffon qui, au lieu de nommer simplement le cheval, dit : La plus noble conquête que f homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal, etc. Que ne dit-il le cheval V " Oui," reprit Rivarol, "c'est comme ce sot de J.-B. Rousseau, qui s'avise de dire :

' Des bords sacrés où naît l'Aurore, Aux bords enflammés du couchant/ au lieu de dire de Vest à l'oxtest."

Page 1