LE SERPENT EEVIN OV LE BOA. 9J
taux presque entièrement desséchés, en excitant ainsi un vaste incendie, et en élevant, pour ainsi dire, un rempart de feu contre la poursuite de cet énorme animal.
Il ne peut être en effet arrêté ni par les fleuves qu'il rencontre, ni par les bras de mer dont d fréquente souvent les bords ; car il nage avec facdité, même au milieu des ondes agitées, et c'est en vain, d'un autre côté, qu'on voudrait chercher un abri sur de grands arbres ; il se roule avec promptitude jusqu'à l'extrémité des cimes les plus hantes : aussi vit-il souvent dans les forêts. Enveloppant les tiges dans les divers replis' de son corps, il se fixe sur les arbres à différentes hauteurs ; et y demeure souvent longtemps en embuscade, attendant patiemment le passage de sa proie. Lorsque, pour l'atteindre, ou pour sauter sur un arbre voisin, il a une trop grande distance à franchir, il entortille^ sa queue autour d'une branche, et suspendant son corps allongé à cette espèce d'anneau, se balançant, et tout d'un coup s' élançant avec force, il se jette comme un trait sur sa victime, ou contre l'arbre auquel il veut s'attacher.
Lorsqu'il aperçoit un ennemi dangereux, ce n'est point avec ses dents qu'il commence un combat, qui alors serait trop désavantageux pour lui ; mais il se précipite avec tant de rapidité sur sa malheureuse victime, l'enveloppe dans tant de contours ; la serre avec tant de force ; fait craquer ses os avec tant de violence, que, ne pouvant ni s'échapper, ni user de ses armes, et réduite à pousser de vains mais d'affreux hurlements, elle est bientôt étouffée sous les efforts multiphés de ce monstrueux reptile.
Si le volume de l'animal expiré est trop considérable pour que le devin puisse l'avaler, malgré la grande ouverture de sa gueule, la facilité qu'il a de l'agrandir, et l'extension dont presque tout son corps est susceptible, il continue de presser sa proie mise à mort ; il en écrase les parties les plus compactes ; et, lorsqu'il ne peut point les briser avec facihté, il l'entraîne, en se roulant avec elle, auprès d'vm gros arbre dont il renferme le tronc dans ses replis ; il place sa prok^^intlti l'Ul^brt^ ^t son corps ; il les