‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 76 sur 320 · LES RELIGIEUX DU SAIXT-BERNARD · texte numérisé non relu

LES RELIGIEUX DU SAIXT-BERNARD

Il est intéressant de voir, dans les jours de grand passage, tous ces bons religieux empressés à recevoir les voyageurs, à les réchauffer, à les restaurer, à soigner ceux que la vivacité de l'air ou la fatigue ont épuisés ou rendus malades. Ils servent avec un égal empressement et les étrangers et leurs compatriotes, sans distinction d'état, de sexe, ou de rehgion ; sans s'inforrner même, en aucune manière, de la patrie ou de la croyance de ceux qu'ils servent : le besoin ou la souffrance sont les premiers titres pour avoir droit à leurs soins. Mais c'est surtout en hiver et au printemps que leur zèle est le plus méritoire, parce qu'U les expose alors à de grandes peines et à de très-grands dangers. Dès le mois de novembre, jusqu'au mois de mai, un. domestique de confiance, qui se nomme le marroiinier, va jusqu'à la moitié de la descente au-devant des voyageurs, accompagné d'un ou deux grands chiens qui sont dressés à reconnaître le chemin dans les brouillards, dans les tem-

• Dévaler, mot populaire assez expressif. Il est employé par les Toyageurs dans les montagnes et par les visiteurs des glaciers.

" Le grand Saint-Bernard, montagne des Alpes Pennines, sur la limite du Bas-Valals et de la province d'Aoste, Au sommet de cette montagne est l'hospice fondé en 962 par saint Bernard de Menthon. C'est l'habitation la plus élevée de l'ancien monde. Le froid y est si rigoureux qu'en hiver le thermoiuiltre s'y lient de 20 à 22 degrés au-dessous de zéro (Réaumur).

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