‹ Réplique à la lettre de Mgr B. Paquet [microforme]Chapitre 3 sur 5 · DOCUMENT N · texte numérisé non relu

DOCUMENT N

MonrTréaAL, 6 mars 1891, Sa Grandeur Mgr Enouarp Cus FABRE,

Archevèque de Montréal.

MoNSEIGNEUR,

Je reçois aujourd’hui même la lettre que Mgr Paquet a écrite “ à Son Eminence le Cardinal Taschereau et aux Archevêques et Evêques qui composent le Conseil Supérieur de l’Université Laval.”

Pour ne pas éterniser une dispute qui devien-

calme res, je

le dé-

réal.

> Mgr dinal 28 qui

ersité

vien-

QT drait inutile, prisque Mgr Paquet n’a aucunement prouvé ses premiers avancés, je ne vois pas, pour le momeït, l’à-propos d'envoyer aux vénérables membres du Conseil Supérieur une contreréponse. Seulement, lorsque je serai quelque peu débarrassé de l’ouvrage qui me presse de toutes parts, je me propose d'envoyer à Nosseigneurs les Archevêque et Evêques de la province de Montréal quelques remarques à propos de cette lettre.

Aujourd’hui, qu’il me suffise de dire que Mgr Paquet, sortant complètement du terrain de l’accusation qu’il avait portée contre moi, soulève tout à coup une autre question, que je puis résumer comme suit : “ Québec, sur la demande ‘ des Evêques du Haut et du Bas-Canada a bâti ‘ une université pour tout le Canada, mais elle ‘“ n’est pas payée. Quélec reste donc avec sa ‘“ grande université, faite pour recevoir quatre ‘ ou cinq cents élèves en médecine et en droit, “ et il n’y en a que cent trente.”

Quant à savoir si, dès le principe, le Sémi-

cn 88 — naire de Québec a accepté d'établir une université pour tous les catholiques du pays, ou seulement d'établir une institution diocésaine exclusivement sous le contrôle de son Archevêque, c’est une question qui a été fort controversée, et

sur laquelle encore scxduntur doctores.

Pour le moment, supposons admis que ce soit le cas. S'en suit-il que les Evêques doivent payer des bâtisses superbes, des dépenses magnifiques, pour lesquelles ils n’auraient pas été consultés ? On a gardé sa liberté de faire ia dette, n’a-t on pas par là perdu la liberté de la passer aux autres ? Si, de mon plein gré, ïe choisis de me lancer dans des dépenses au delà de mon moyen, si je suis #o7ns prudent, (1) de de quel droit imposerais-je à mon voisin le fardeau de mes 2#prudences ?

On peut facilement comprendre l’importance qu’attache Mgr Paquet à faire admettre un cer-

tuin principe gros, gros de conséquences ; et

(1) Expression de Mgr Paquet : “ Montréal n’a pas encore bâti son Université... Québec a été moins prudent...”

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