‹ Réplique à la lettre de Mgr B. Paquet [microforme]Chapitre 2 sur 5 · Q . LA · texte numérisé non relu

Q . LA

communiquer ce qui intéresse à un si haut degré l'Université aux membres du Conseil Supérieur de la dite Université? Est-ce cela que l’on

entend par les faire circuler en Canada ?

“Je n’accuse pas M. le Vice-Recteur d’avoir lui- ‘“ même répandu ces mémoires,”

Alors, Messeigneurs, je vous le demande, qui

donc sont accusés ?

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“ Il est regrettable aussi que des lettres échangées ‘entre le Recteur etle Vice-Recteur aient été pu- ‘ bliées dans les journaux. Je n’accuse personne en “ particulier d’avoir commis cette indiscrétion, mais ‘je constate un fait. Je sais toutefois que ces lettres ‘se trouvent dans les mémoires de M. le Vice-Rec- ‘teur présentés à la Propagande.”

Oui, c’est très regrettable ; et, si j'étais sensible, j'en aurais plus souffert que Mgr le Recteur. Ces indiscrétions étaient dirigées, non contre lui, mais contre moi. Je pourrais, pour découvrir quel est le coupable, invoquer l'axiome du droit criminel : Qui a profité du crime ?

Mes adversaires de l'Ecole de Médecine, au- Jourd’hui mes amis, me reprochaient ces lettres, dès l’automne de 1889, longtemps avant que mes mémoires n’eussent été publiés. Où en avaient-ils eu connaissance ? Peut-on supposer

que c'est chez moi? Alors, chez qui ? (1)

Une petite question. Le VEHEMENTER DOLUIT,

(1) Mgr Paquet hésite dans son accusation : “ Je n’accuse personne en particulier...” Pourquoi cette hésitation ? Aurait-il peur de frapper des personnes qui lui tiennent de près ?

ER rer

qui se trouvait dans une lettre écrite à Son Eminence le Cardinal Taschereau par l’Eminentissime Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, par qui, je voudrais bien savoir, a-t-il été, immédiatement après la réception de ce document romain, répandu dans la ville de Montréal ?

Dans une lettre en date du 21 janvier 1891, Mgr Paquet ne nie pas que ces indiscrétions soient parties de Québec. Non. Seulement il prétend qu’elles sont justes, et il semble me menacer

de la lettre pontificale. Voici :

“ Je n’admets pas que des indiscrétions à pro- ‘ pos de lettres reçues de Rome, qu ne sont pas “€ justes, seraient parties du Séminaire de Québec. ‘ Je crois que vous serez de mon avis, lorsque ‘6 vous connaîtrez la lettre que le Cardinal Préfet “ de la Propagande a écrite à Son Eminence le ‘ Cardinal Archevêque de Québec.”

Mgr Paquet attribuait alors à cette missive de

bienveillance paternelle une signification tout

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autre qu’elle n’ean réalité. Depuis, il a pu en connaître le vrai sens. (1)

Vous n'avez pas oublié, Mgr l’Archevêque, comme, dans la poursuite de nos desseins de conciliation, j'ai été attaqué violemment par les mécontants de l’un et l’autre parti: tellement que vous m'avez donné la permission de me défendre

dans les journaux.

(1). Voici ce que j'avais l’occasion d'écrire, À ce sujet, à Sa Grandeur Mgr l’Archevêque de Montréal, en date du 25 février 1891 :

‘“ Mgr Paquet ne nie pas que des indiscrétions aient été ‘“ commises ; et comment l’aurait-il pu nier, lorsque le vehemen- “ter doluit courait tous les cercles universitaires de Montréal, ‘ colporté avec complaisance par quelques amis personnels de “ Mgr le Recteur? Bien plus, il proteste qu’un jour viendra ‘(et on dirait qu’il n’est pas loin) que je serai de son avis. ‘“ Mon avis est que Notre Saint Père le Pape, en effet, doit être ‘très affligé du spectacle affligeant que nous lui offrons tous ‘ensemble ; que ces mots, cités ex parte, n’ont pas, dans l’en- ‘“ semble de la lettre romaine, le sens qu’on leur donne dans ‘ ces conmentaires de circonstance ; que l’'Eminentissime Pré-

*“ fet de la Propagande ne les a jamais écrits pour l’usage qu’on

‘en a fait ; que cette lettre de paix et de bienveillance pater- ‘“ nelle, que l’on semble vouloir agiter de loin comme un épou- ‘ vantail, ne me fera jamais que du bien ; que jamais je ne ‘ serai blâmé à Rome, pour avoir contribué à faire passer un ‘* bill qui a été le triomphe difinitif des décrets apostoliques au “Canada; et qu'avant longtemps, le silence sera imposé à ‘ceux qui promènent, dans le clair-obscur d’un demi-secret, ‘“ces indiscrétions que je signale, comme étant non seulement «‘ injurieuses aux personries, mais encore préjudiciables à l’œu- ‘“vre universitaire.”

a Mu “ Continuez, disiez-vous, avec courage votre

‘“ œuvre de dévouement. Jusqu'ici, vous avez ‘ bien fait... Je vous donne toute permission de

‘ défendre votre franchise et votre loyauté dans “ les journaux.” (Lettre de Sa Grandeur Mgr Edouard Charles Fabre, Archevêque de Montréal, à l’abbé J. B. Proulx, 16 novembre 1889.)

Je n’ai usé de cette permission que dans une seule circonstance. Tout le pays sait dans quel silence et quel mutisme je me suisrenfermé. Eh bien,aujourd’huïi, dans un documentquidoit aller à Rome, là où nécessairement on ne peut être au courant de ces petits détails de publicité, on ne craint pas de m’attaquer sur le point où je suis peut-être le plus invulnérable. N’avais-je pas

raison de vous écrire, le 25 février, trois jours

avant que Mgr le Recteur n’envoyât cette lettre :

aux membres du Conseil Supérieur ?

“ Monseigneur, il me plaît de risquer ici une ‘“ petite prédiction. Voici que, dans l'espérance ‘ d’un retour de la fortune, on fait circuler, à

“ l’occasion de ma manière d'agir, certaines ru-

votre s avez sion de 6 dans r Mgr Mont- 1889.) 1s une s quel é. Eh taller tre au on ne e suis e pas

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GE ce “ meurs dans le public; devant le public, je ne ‘me défendrai point, absolument point. Eh “ bien, à la fin, lorsque ces c:pérances seront ‘“ devenues vVaines, vous allez voir si on ne ‘ m’accuse pas d’avoir fait du bruit et d’avoir

‘ rompu le silence. Je connais mon monde!”

5° ‘ Malgré l'exemple de M. le Vice-Recteur, j'aurai ‘“ bien soin de n’envoyer cette lettre qu'aux mem- ‘ bres du Conseil Supérieur, à M. l’abbé Proulx et à ‘# la Propagande.”

Merci du compliment et de la faveur. Je suis plus heureux cette fois que quand j'ai été atta-

qué, à la sourdine, devant le Conseil Supérieur, le 23 septembre 1890.

‘ Je laisse à Votre Eminence et à Vos Grandeurs le ‘ goin d'apprécier le ton général de la brochure de ‘© M. le Vice-Recteur, m’en rapportant complètement ‘ à leur jugement.”

Le ton de cette brochure, en effet, est un peu

plus vif que celui de mes mémoires; et, de

moi-même, j'en donnais la raison à Son Eminence le Cardinal Simeoni, quand je lui en ai envoyé les premiers exemplaires.

‘“ Si le ton de cette réponse semble être un “peu plus vif que celui de mes mémoires en “ général, c’est que j'ai voulu reproduire par “ écrit ma réplique parlée fidèlement jusque ‘“ dans ses moindres nuances; c’est que J'étais “ sur la défensive, et que je devais proportion- ‘“ ner les divers mouvements de cette escrime “ que l’on m’impose, à la rapidité et à la vio- “ lence des coups que l’on voulait me porter. ‘“ Du reste, Nosseigneurs les Evêques, près de ‘“ deux heures durant, par leur air bienveillant ‘“ et leur attention soutenue, m’ont laissé croire ‘“ que mes paroles ne sortaient pas de la note, ‘ tantôt gaie, tantôt sevère, permise en pareille “ circonstance.” (Lettre de l’abbé J.B. Proulx à Son Eminence le (Cardinal Simeoni, 10 février 1891).(1)

En vérité, j'aurais cru que Mgr Paquet était

(1) Je plaide, et avec non moins de raison, pour cette réplique les mêmes circonstances atténuantes,.

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eus AE us le dernier homme à se scandaliser d’une réplique un peu vive. Aurait-il oublié qu’il a écrit les phrases suivantes :

‘‘ Je savais déjà par le passé que votre mémoire ‘n’est pas très heureuse, mais je ne la croyais pas ‘aussi infidèle.” (Lettre de Mgr Paquet à l'abbé J.B. Proulx, 21 janvier 1891.)

Je n’ai rien à ajouter à ma réponse du 21 janvier, “ attendu que, suivant moi, elle répond parfaitement ‘à vos nouvelles questions; attendu que aussi, d’a- ‘* près votre lettre, vous avez compris le sens de cette “réponse.” (Lettre de Mgr Paquet à l’abbé J. B. Proulx, 7 février 1891.)

“Vous ne serez pas surpris si, à l’avenir, j’exige que “ nous ayons toujours des témoins de nos conversa- “tions”. (Lettre de Mgr Paquet à l'abbé J. B. ‘© Proulx, 7 février 1891.)

Et que d’autres extraits du même genre je pourrais citer.

Dans cette lettre même aux vénérables membres du Conseil Supérieur, que signifie cette phrase :

“ Québec a été moins prudent, ou mieux, trop con- ‘€ fiant dans la parole des hommes ?”

Quels sont ces hommes, dont la parole ne mé-

rite pas trop de confiance ?

EN de 7”

‘ Je profite également de cette occasion pour dire ‘aux vénérables membres du Conseil Supérieur, et ‘‘ en particulier aux Archevêque et Evêques de Mon- ‘€ tréal, que le Conseil de l’Université qui, suivant le ‘ désir du Saint-Père, doit veiller avec soin au maintien de ‘“ la paix et de l’union entre les deux sections de l’univer- ‘* sité, n’omettra rien pour opérer cet heureux résul- ‘tat, en se renfermant toutefois dans les limites fixées «° par la constitution Jam dudum et la loi qui crée la ‘“ nouvelle corporation de l'Ecole de Médecine et de ‘* Chirurgie de Montréal, Faculté médicale de l’Uni- ‘“ versité Laval à Montréal.”

Il y a là un Zoufefois qui ne présage rien de bon pour l'avenir. Toutefois, de mon côté, j'ai confiance que la sagesse de Rome, dans les réponses qui vont nous venir infailliblement, dissipera tout danger de se refermer dans des

bornes trop étroites, en étendant les Æ#ztes des

bonnes volontés.

8° Cependant, malgré ces petites divergences d'opinion, je suis heureux de concourir pleine- ‘

ment dans les paroles par lesquelles Mgr le Rec-

{5 — teur de l’Université termine sa lettre, et de lui

annoncer que nous sommes en très bonne voie

pour faire réussir son sir et son souhait.

‘Nous désirons de tout notre cœur que les volontés ‘Cet les désirs du Saint-Siège reçoivent leur parfait ‘ accomplissement, et nous y travaillerons de toutes ‘ nos forces. Nous souhaitons que l’organisation com- ‘ plète de la section de l’Université à Montréal se ‘* fasse le plus tôt possible, qu’elle prospère pour la ‘“ gloire de la religion, du nom canadien-français, ‘ l'avantage de la jeunesse catholique et la consolation ‘ de Sa Sainteté Léon XIII, qui a témoigné et témoi- ‘ gne tous les jours tant d'intérêt et de sympathie à ‘ notre université. (1)”

Espérant que bientôt, bon gré mal gré, le

silence se fera sur toutes ces récriminations, afin

(1) Ces paroles me remettent en mémoire celles que j'avais l'honneur d'écrire à Son Eminence le (Cardinal Simeoni, le 25 avril 1890, en tête de mon Mémoire sur les comptes du Séminaire de Québec :

‘* Que Votre Eminence en soit bien persuadé, dans ce mé- ‘ moire, comme dans celui que je lui ai déjà passé, ainsi que ‘ dans ceux que j’aurai l’occasion de lui remettre sous peu, je ‘ne poursuis d’autre but que l'exposition sous son vrai jour ‘4 d’une situation trop embrouillée, les intérêts d’une paix qui “ soit équitable pour être durable, et la prospérité, également ‘ dans toutes les parties de notre pays, de cette université ‘ catholique que lo Saint-Père voudrait y voir fleurir bien

équilibrée, grande et une.”

de nous permettre de travailler dans le calme au développement de nos projets salutaires, je demeure avec le respect le plus profond et le dévouement le plus filial, De Votre Grandeur, Monseigneur,

Le très humble et très dévoué serviteur,

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