pauvres
Je le demande de nouveau à M. de Mandat- Grancey, qui est coupable?
Est-ce le sol? Non.
Sont-ce les tenanciers? Non.
Sont-ce les propriétaires? Oui.
Je termine sur ce chapitre par les nobles paroles de M. Flach, le professeur du Collège de France.
Préoccupé, avant tout, d'obtenir une solution satisfaisante que pourraient compromettre des prétentions exagérées, M. Flach se montre partisan de l'expropriation partielle, avec avances par l'Etat (aut, cïL),
« Le remède, dit-il, qui s'impose selon moi, ou s'imposera un jour à l'Angleterre, est l'expropriation partielle des terres, moyennant une indemnité avancée par l'Etat, et remboursée sous forme d'annuités par les paysans irlandais. L'expropriation portera, sans aucun doute, sur des terres qui, aujourd'hui, servent aux pâturages, mais elle devra surtout porter sur les
terres en friche qui représentent un cinquième de la superficie totale de Tlrlande. Beaucoup de ces terres sont susceptibles d'être drainées et défrichées, et leur prix d'acquisition est très minime, car la valeur moyenne ne dépasse guère un shelling par acre. L'Angleterre pourrait, à peu de frais et en utilisant le travail et le zèle des futurs propriétaires eux-mêmes, résoudre, d'une façon définitive, les éléments, en apparence, les plus insolubles du problème agraire.
« Les grands propriétaires d'Mande seraient assurément les derniers à se plaindre. Eux qui ont, ajuste titre, il faut le reconnaître, protesté contre les atteintes, sans compensations, que les bills agraires ont portées à leur droit; eux encore qui, trop souvent, invoquèrent en vain la protection de l'Etat, pour garantir leurs personnes et leurs biens en Irlande ; eux tous trouveraient et dans l'indemnité payée par l'Etat le prix des terres qu'ils céderaient, et dans la situation nouvelle de prospérité et de paix assurée à l'Irlande, cette sécurité et ce bon
ordre qu'ils ont, jusqu'à ce jour, demandés inutilement à la répression pénale. Peut-être se décideront-ils alors à résider sur leurs domaines , et, comme les lords d'Angleterre, à s'acquiter des devoirs que la propriété impose, non moins qu'à exercer les droits qu'elle confère. »