‹ Réponse a L'homme-femme de M. A. DumasChapitre 3 sur 3 · SC · texte numérisé non relu

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fondé la Famille, et si c'est par elle que vous souffrez, c’est aussi par elle que vous êtes grande, que vous êtes sainte. Ge n'est pas dans un coin de notre civilisation, coin obscur, jusqu’à la découverte qu'en a faite M. Dumas, coin où il eut mieux valu ne pas porter la lumière, et surtout la lumière des lustres et des fêtes, qu'il faut aller vous chercher. Oui, c’est dans la famille, dans cette existence laborieuse où la femme du peuple, comme celle du bourgeois, comme celle du grand seigneur, forme des citoyens, des hommes, au prix de sacrifices souvent inconnus et souvent doux au cœur d'une mère. C'est dans les grandes circonstances de la vie, dans nos drames privés ou publics, qu'on doit aller chercher l'épouse pour la trouver telle que l’idéal la montre à nos yeux dans toute sa réalité.

La femme du foyer, vous la rencontrez partout, dans le passé comme dans le présent. Elle est dans chacun de vos faubourgs, aristocratiques ou populaires,

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dans chacune de vos rues, dans chacune de vos maisons, dans tout palais comme dans toute Chaumière. C'est là qu'il faut … aller la chercher, et non dans les in :

de Hombourg ou de Bade, où Musset, ce.

pendant, rencontra une rare Bonne for- A" tune; mais il était poëte, celui-là, et la poésie va au poëts comme l'abeille à la.

fleur ! PER

.ts.s..ss... Elle était simple et bonne.

Ne sachant pas le mal, elle faisait le bien : Des richesses du cœur elle me fit l'aumônes Et tout en écoutant comme le cœur se donne Sans oser y penser, je lui donnai le mien; Elle emporta ma vie et n’en sut jamais rien.

La femme du foyer, vous en avez limage dans Mme André Ampère, dont le cœur pur donna plus de bonheur à l'illustre savant que ne lui en valurent ses titres, ses découvertes scientifiques. Quel beau miroir transparent et sans tache

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que cette âme de Julie Caron! Combien Ampère avait raison de souhaiter qu’elle s’ouvrit à lui, qu’elle lui appartint !

Quelle conquête enviable! C'est dans le Correspondance d'André - Marie Ampère que vous pouvez la contempler dans toute sa simplicité, comme dans toute sa beauté. J'ouvre le livre (1) au hasard et j'y lis cette lettre:

Pourquoi t’imaginer que le temps que tu as sacrifié à tes affaires a pu gâter ton séjour ici? N’avons-nous pas eu de bons moments ensemble, quand je te donnais le bras, ou bien en courant avec le petit sous les arbres de Bellecourt? Tout cela, n’étaient-ce pas des jouissances ? Tu les a bien comprises, et ta

(1) Correspondance d’André-Marie Ampère, chez Hetzel, éditeur, rue Jacob.

lettre, qui viert de me faire pleurer, n'est

pas écrite par un cœur insensible ; je l'aime | bien, cette lettre ; elle me peint ton âme, et | TON AME EST CE QUE J'AIME LE PLUS EN TOI; elle n’est pas ordinaire : elle sacrifierait tout au bonheur de ton amie, Mais ta mère, tu dois aussi l’aimer bien tendrement ; tu l’a

mes ! mais pas comme il faut aimer sa

mère... Mon bon ami, mon André, écris-lui ea

donc toutes les tendresses que tu sens pour elle. Le grand bonheur qu’un cœur maternel

puisse éprouver est de retrouver dans celui … de ses enfants une partie de ses propres sen= "+

timents, de ceux qui l'ont animée dans tous les soins qu'elle leur a prodigués. Mon pauvre pelit, s’il venait à ne pas m'aimer tou- | jours?..…..

Voilà bien du radotage, et je n’ai encore rien dit pour celui qui a toute ma confiance, que j'aime comme un frère, qui passera sa vie avec moi et notre enfant...

Cette femme, {cette mère si tendre, si juste, ne vécut que pour donner à son

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tari un digne héritier de son nomet la promesse d’une vie heureuse. Longtemps souhaitée, longtemps attendue, elle partit, à peine installée au foyer si durement conquis! Mais ils meurent jeunes ceux qui sont aimés des dieux immortels!

Nous devons remercier les mains pieuses qui nous montrent ces figures presque

effacées pendant leur vie et que la mort

rend rayonnantes à nos souvenirs et à notre culte. N'est-ce pas, en effet, par de tels exemples, transportés de la vie intime au théâtre, plutôt que par le tableau d’un monde perdu de fausses princesses et de fausses baronnes, que l’on peut élever les générations, les fortifier et les porter au bien? Maïs pour les présenter au public dans tout leur intérêt, dans leur jour, ces images, il faudrait les comprendre et les aimer. Il faudrait être sim-

ple, et nos dramaturges ne sont que pré-

tentieux et déclamatoires. Il faudrait parler un langage qui ne s’apprend pas dans

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les boudoirs capitonnés et parfumés: il faudrait oublier qu'on a de l'esprit et se souvenir davantage qu’on a une âme. I!

faudrait croire à ces figures, et l’on ne croit à rien, pas même aux idées qu’on lance par boutade sur le boulevard, en avançant qu’elles sont « probablement insensées ! » Et quand j'invoque la foi, je ne veux pas parler de la foi au surnaturel, mais de la croyance aux sentiments élevés que la nature a mis dans l'homme comme dans la femme, et qu'il est du devoir de tout être, de tout écrivain, ‘de développer et d'exalter.

Nefaisonspointde pathosmyctique, agrémenté d'expressions ordurières; soyons simples et nobles ; au lieu de nous avilir dans la fréquentation des mauvais lieux, remontons aux sources du beau langage et des idées saines et généreuses ; au lieu de nous rapetisser sans cesse, grandissonsnous autant que notre petite taille nous le permet, non pas avec insolence ou emphase, mais avec simplicité et dignité.

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N’appelons pas perpétuellement le peuple à la parade, au son de la trompette, car en se prodiguant ainsi on ne peut donner qu'un spectacle aussi vide que la grosse caisse qui l'annonce.

M. Dumas n'a pas négligé de conclure, et la conclusion de son Homme-Femme nous ramène à la barbarie. Là, il n’y a plus de loi, il n’y a plus de société, il n’y a plus qu'un-homme isolé, se faisant « le juge et l’exécuteur » de la femme qui le trompe et que M. Dumas appelle alors « une guenon »! Il n'y a plus de clémence pour celle qui, le plus souvent, na froissé que l’amour-propre d’un mari dont la conduite n’est peut-être pas sans reproches. Il n’y a plus de respect pour l'enfant, auquel vous devez conserver le culte de sa mère et aux yeux duquel votre vengeance ne sera jamais justifiée.

Non, vous n'avez pas le droit de disposer de votre femme qui, avant de vous ap-

partenir, appartient à la Loi; non, vo s.

n'avez pas le droit de vous faire justice à vous-même, en pleine civilisation, en x pleine société organisée. Et vous, qui :

vous dites chrétien, vous devez pardonne es.

Le pardon, c’est le repentir, et le repentir est le commencement de la sagesse.

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