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Eh bien, non! La nature et la société ne vous crient pas à tue-tête : « A l’homme, mesdemoiselles, à l'homme!» Carla nature vous a donné une âme pour vous distinguer de la guenon, comme on vous nomme, et la société a constitué, en vous, la famille ! Jeune fille, vousen êtes la plus douce émanation, le symbole virginal, l'espérance et l’orgueil. Epouse, vous en devenez la plus sublime incarnation ! Tout respire en vous le sacrifice plutôt que la
| jouissance. La mission que vous accom- plissez à travers les Âges ne vous trouvera que rarement défaillante, car vous êtes résignée jusqu’à la mort. Que je meure, dites-vous, mais que mon enfant vive!
Qui donc a pu prononcer un tel mot, en s'adressant à vous, nos chastes sœurs, à vous nos filles pudiques ? Qui donc à osé Vous insulter ainsi dans ce cynique langage ? Ah'!celuiquil’aoséne vousa jamais Connues ; il n'est jamais descendu dans votre âme; il n'a jamais surpris aucun de vos épanchements, aucune de vos se-
crètes aspirations.Il ne vous a jamais entendu appeler le bonheur, dans le mariage de deux cœurs unis par l'amour d’un enfant! Il n’a pas deviné vos rêves, où le mari apparaît respectable comme un père, confiant et dévoué comme un frère, tendre comme une mère, unissant la force au courage, le talent à l'inspiration, la modestie à la gloire!
Ce n’est point une Benoiïiton vulgaire, avide de jouissances, curieuse, éhontée, que le poëte, ami du Beau et du Bien, a vue en vous dans tous les temps. Ce n’est point ainsi que pensent et agissent nos vierges du cloître ou du monde. Ce n’est point ainsi que se montre, à l'heure où je vous parle, la fiancée de l'artiste mort.
naguëre à l'ennemi, image vivante et mille fois répétée de vos instincts et de vos pensées, souvenir de tant d’héroïnes, choisies au hasard dans la foule, et dont les noms forment une légion. Que d’exemples j'aurais à citer ; mais il est ici permis
de se borner ; j'ouvre donc un livre paru.
hier, et j'y lis :
Elle n'avait pas encore dix-huit ans; son innocence révélait dans ses yeux une tendresse qui n’était pas de l'amour, mais une sorte d’admiration enthousiaste pour l’homme qui avait porté Virginie dans son cœur; cette Virginie dont elle se croyait la sœur!
Elle ignoraïit la nature du sentiment qu'elle avait pour lui : était-ce un dieu qui lui appa-
raissait sur la terre dans une forme qui n’a-
vait point d'âge et dont la chevelure blonde semblait parer l'immortalité? Elle rougissait
en le regardant, elle frissonnait à ses paroles; -elle n’osait pas s’avouer qu’elle l'aimait, mais
il lu1 inspirait seul un attrait sérieux qu'elle n'avait jusque-là imaginé pour aucun autre.
Ce fut cet attrait involontaire qui la révéla à Bernardin; son cœur, que l’infortune avait gardé pur, et qui était pour ainsi dire conservé jeune dans la glace du malheur, avait la pudeur timide de l'âge et ne s'avouait pas ce qu’il éprouvait pour cetteenfant. :
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Elle était pour lui l'ombre de Virginie, mais Virginie n'était qu'une ombre, et Mlle de Pelleport était un idéal qui échauffait ses songes. Il n'osait seulement y penser; mais quand, dans les lecons attentives qu’il lui donnait, il venait à fixer ses regards sur cette taille angélique, sur cette grâce chaste des mouvements, sur ces joues rougissantes, sur ces yeux voilés par de longs cils, sur cette bouche entr’ouverte par le soupir et refermée par la crainte, et quand il entendait l'éclat de cette voix timbrée et sonore, et pourtant tremblante, qui était la principale de ses séductions involontaires, son àme lui échappait et il était près de tomber pour l’adorer, aux genoux de son élève.
Ce fut dans un de ces délices que leurs âmes se rencontrèrent, et qu'ils se turent, ne pouvant plus parler, qu'ils se séparèrent sans pouvoir recouvrer la parole, et qu’ils crurent ne pouvoir plus ni parler ni se taire jamais ain8i.
C'est le chantre de l'Orient et de tous les nobles sentiments, c’est l’hôte illustre de
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Milly et de Saint-Point, qui parle ainsi dans ses Souvenirs (1), où je puiserai en- Core, comme dans une onde bienfaisante, pour effacer les souillures de la scène et du livre. Et le poëte peignaïit ce qu’il avait entendu, ce qu'il voyait chaque jour, autour de lui. Et nous tous, qui détournons nos regards des asiles du crime et de la faiblesse, qui fuyons les rivages où vient s’abattre l’'écume des sociétés, lieux impurs que nous devons dérober aux yeux par de hautes murailles, répudions l’étalage de toutes les impuretés'sous quelque voile qu’il s’abrite, Condamnons le vice à la déportation, hors de nos comédies, de nos livres, de nos journaux, de nos tableaux, et montrons de préférence une Jeanne d'Arc naïve, pure, mais inspirée, qui n'a pas cessé de vivre au milieu de nous et qui, toujours, sauvera la France.
0) Souvenirs et Portraits, par A. de Lamartine. — Hachette.
Et vous, nobles mères, qui venez d’ar:
mer vos-époux et vos fils pour le salut ‘de la patrie, qui donc encore ose vous affubler de sentiments de lorettes et vous appeler la « une telle» parce qu'un imbécile, malélevé, se sera pavané dans lefoyer d’un petit théâtre, d’un de vos sourires, sourires de pitié souvent? Qui donc ose écrire que le temple dont vous sortez ‘et le foyer où vous aimez, où vous souffrez, ne sont que des «étapes » dans le chemin qui conduit au vice?
Non, vous n'avez pas péché, car vous êtes le commencement et la fin de l'humanité. L'Homme et la Femme n'existent et ne pouvaientexister, n’ont de valeur enfin que comme Humanité. Donc, en s’unissant, ils ont répondu à leur destinée, à leur raison d’être. Messaline est une femme. Eve est la femme, la femme qui devait être et qui ne pouvait pas ne pas être.
L'histoire du monde,votre martyrologe, sert aussi à votre glorification. Vous avez
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