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Réponse à la brochure de Monsieur l'abbé H.-R. Casgrain [microforme]

Monsieur Raymond Casgrain ne doit pas s'attendre à ce À que je lui réponde sur le ton qu'il a pris avec moi. Je suis a ennemi des sonorités excessives, et, pour tout dire, il me répugnerait de l’imiter.

Ce qu'il y a de plus clair dans le dépit qu'il manifeste, c'est qu'il a voulu buriner sa littérature sur le monument Champlain et qu'il n’y a pas réussi.

Voyant que l’inscriptiou latine présentée par M. l'abbé Lindsay avait été adoptée malgré lui par le sous-comité des inscriptions, M. l'abbé Casgrain s’est déclaré, devant le comi- “°° té général, (c'est-à-dire devant le sous-comité des inscriptions : et le sous-comité de construction réunis) en faveur d'inscriptions ‘‘ pratiques, ’’ exclusivement françaises et anglaises, proclamant que la raison de convenance d'employer une langue immuable, à cause des générations de l’avenir, devait s’appliquer à la langue française, ‘‘ une langue cristallisée. ”’

Oui, Monsieur l’abbé Henri-Raymond Casgrain, membre de la Société Royale du Canada, membre correspondant de sociétés savantes de tous les pays du monde et de bien d’autres pays encore, Monsieur Casgrain qui va à Paris tous les’ ans, et peut juger de près l’œuvre des décadents, a dit, devant une dizaine de témoins, que la langue française est maintenant cristallisée !

Le principe d’une inscription latine fut rejeté par la majorité des membres du comité général. Cela ressoft clairement de la discussion et des délibérations qui eurent lieu dans ce comité le 22 octobre 1897,

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M. Aimé Talbot proposa, dans cette séance du 22 octobre, un amendement rejetant l'inscription latine adoptée par le sous-comité des inscriptions et proposant de la remplacer par des inscriptions françaises dont l'une devait être reproduite en anglais. Cet amendement, mis aux voix, donna le résultat suivant :

Pour l’amendement : MM. H.-W. Price, F.-X. Berlinguet, l’abbé Casgrain, Arthur Evanturel, Aimé Talbot, Ludovic Brunet, (6)

Contre l’'amendeme-st : Mgr C.-O. Gagnon, l'abbé Lindsay, M. S. Lesage, l'honorable Th. Chapais, M. Ernest Gagnon. (s)

Ce vote, décrétant l'adoption définitive d'inscriptions françaises et anglaises, écartait par le fait même toute idée d'inscription latine, C’est ce que comprit fort bien Monseigneur Gagnon, qui était opposé à l'inscription latine adoptée par le sous-comité des inscriptions, mais ne voulut pas voter pour l'amendement et fermer aïnsi la porte à tout latin quelconique.

Au reste, dans toute la discussion, il ne fut question ni de telle inscription mi de telle autre : ce fut le principe même de l'emploi ou du non emploi du latin qui fut discuté. M. Price, en particulier, précomisa avec chaleur les inscriptions en langues vuigaires, ‘‘ pratiques ‘’, et fut approuvé à chaque instant de la tête et de la voix par l’abbé Casgrain.

Comme dans toute assemblée délibérante c'est la majorité qui fait loi, chacun croyait, après ce vote, que l’on ne reviendrait plus sur cette question d'inscriptions. M. l'abbé Lindsay, en particulier, avait déclaré que c'était son désir de n'avoir plus rien à faire avec les inscriptions.

C'est alors que Monsieur l'abbé Raymond Casgrain s’est cru maître de la situation. II s’est dit : il faut maintenant reprendre le latin en faisant miroiter le nom de Léon XIII et en représentant le Souverain Pontife comme l’auteur de l'idée mère d'une inscription nouvelle à Champlain ; avec un peu de cabale et le nom du pape en vedette, cela va marcher !

11 y a bien la question de plagiat qui en eût embarrassé un autre,—<car c'était bien un plagiat que l’on aurait voulu nous faire commettre ;—mais on ne semblait pas se rendre compte de l’incorrection du procédé. D'ailleurs, s’il faut en

croire le’ terrible marquis de Kérallain, il existe de par le monde des écrivains qui ne s'arrêtent pas aux minuties d'une délicatesse exagérée. Ceci soit dit sans approuver l’éreintement formidable que M. de Kérallain a servi à M. l'abbé Raymond Casgrain en 1895. |

Ayant obtenu le rejet, par le comité général, de l'inscription latine présentée par M. l'abbé Lindsay et adoptée précédemment par le sous-comité des inscriptions, Monsieur Casgrain reprit ses opérations savamment calculées, et vint, quelques jours plus tard, se plaindre avec une feinte indignation de la tyrannie de la... minorité !

Cela est presque invraisemblable, M. Casgrain, qui avait contribué par son initiative et par son vote à faire régler une affaire d’une certaine façon, reprochaïit à la minorité de ne pas avoir réglé cette même affaire d’une autre façon !

Toute cette fausse mise en scène avait pour but de reprendre le coup raté de la semaine précédente, et de faire passer la pièce manipulée (sa pièce) qu'il n'avait pas eu le courage de préconiser ni même de présenter régulièrement dans la séance du comité général.

La ferme réplique de l'honorable monsieur Chapais arrêta net monsieur Raymond Casgrain dans cette nouvelle manœuvre.

Mais il ne se tint pas pour complètement battu, et voulant absolument se hisser sur le monument Champlain, il fit, à l'insu de la plupart des membres du comité, des modifications regrettables à l'inscription chronologique française préparée par monsieur le docteur Dionne et qu'il avait approuvée de son vote dans la séance du 22 octobre.

Pourquoi fit-il cela ? Il est maintenant facile de le deviner.

Monsieur Casgrain se donne aujourd’hui comme le rédacteur (presque l’auteur) de l'inscription chronologique du monument Champlain. Un peu plus il la réclamerait comme sienne.’

Eh bien! non, Monsieur, cette inscription n'est pas vôtre. Vous l'avez manipulée avec maladresse, mais elle reste encore, dans son ensemble, l’œuvre du docteur Dionne, Vous lui avez Ôôté de sa valeur, voilà tout.

Nous connaissions déjà le truc de l'inscription latine ; nous connaissons maintenant la manigance de l'inscription

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