MARIE
Lundi dernicr, à sept heures du sour, par le 1è6vérend Dr. Berauxe, Ministre de l'Eglise Anghcanc, MR. Jran Desnows Monrerux, à Demoiselle Curisrine Yon, tous deux de cette Ville.
1.—-Resrecrer l’opinion publique est le devoir de tout homme de bien, et quand des circonstances extraordinaires le mettent dans le cas de paraître la braver, il doit rendre compte au public des motifs par lesquels il agit Qu'il me soit permis de dire pourquoi, né Français et élevé dans la Religion Catholique, Apostolique et Romaine, je me suis marié à une Française de la même croyance que moi, par le ministère d’un Prètre Protestant.
2.—Je respecte boaucoup MM. les Prêtres du Séninaire de Montréal ; et je ine fais un devoir de le déclarer, tous ont des vertus, quelques uns de grands talents et peu, mais ce devrait être point, se m'éprennent sur les moyens de faire de nouveaux proselytes et de retenir ceux qui sont prets à leur échapper.
3.—Tous les jours, des jeunes gens, qui, par insouciance et étourderie, sont restés plusieurs années saus remplir leurs devoirs comme chrétiens, | rentrent de bonne foi dans le sein de l'Eglise, lorsqu'ils contractent les liens du mariage. Indépeudlammeat du cri de leur conscience qui les rappelle
dans les bras de la miséricorde divine, ceux qui « ont des sentiments d'honneur, et c’est le plus grand nombre, savent que devenus pères de famille, ils doivent à leurs enfants, à leurs amis, à leurs voisins, à leurs domestiques, l'exemple de toutes les vertus.
4—-Je savais que pour que Îles nœuds que j'ai formés, fussent consacrés par l’un des Prêtres de cette paroisse, il fallait nécessairement ji cher du Sacrement de la Pénitence; j'étais bien loin de vouloir me soustraire à cette obligation. Je fs à Mr. le Curé lui-même l’aveu de mes fautes, et des opinions erronées que j’ai pu adopter comme vraies. Je reçus avec respect et reconnaissance les reproches ct les conseiis qu'ils voulut bien m’adresser.
5.—Ce ne fut pas avec moins de gratitude que je souscrivis à sou invitation de me rendre le len- | demain au Séminaire, pour être présenté par lui à | Ar. Le Supérieur et obtenir les dispenses de pu- | blication de deux bancs.
6.——En effet ce fut lui qui fit connaître à ce Nionsieur l'objet de ma visite; je fus très surpris de n'’entendre dire que cette Grace ne pouvait pas m'être accordée par ce que j'étais étranger. J’insistai, et il me fut dit que c'était une régle générale dont on s’écarterait néanmoins en ma faveur, si une personne de respectabilité leur certifñait que je n'étais point déjà marié en France. Ce fut avec confiance que je nommat un respectable père de famille, qui me connait depuis plusieurs années et qui sait pertinenment que j'étais libre. “ Ce n'est point un Gentilhomme,” me répondit-on.
7.-—Anciennement pour être Gentilhomme, il fallait étre noble; mais aujourd'hui beaucoup de nobles ne sont plus considérés dans le monde comme Gentilshommes ; les changement de murs sont plus Jents dans les cloitres; il me parait que
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que j'ai mais est mieux que cela, et de l'avis de tous ceux
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ais Lien 0 9.—J’offris à Mr. Le Suparieur la communication ligation. 4 de lettres de ma famille qui constatent formellement s fautes, mon état de célibataire. Il me répondit que ne r comme pouvant pas être juge de leur authenticité, il ne aissance pouvait les considérer comme des preuves” sultien m’a- santes,
10.—Je les quittai le cœur pavré du refus qui m'était fait, et qui, sous une infinité de rapports dont je ne puis instruire le public, me contrariait L au délà de ce que je puis dire. Irrésolu sur le | parti que je devais prendre, j'allai consulter divers amis. Je fus morüfié de w’enteudre dire par un chacun que Messieurs du Clergé de Montréal aavicnt été moins dificiles avec beaucoup de mes 4 compatriotes et d'autres Européens. Je pourrais MS citer plusieurs instances, mais sans autorisation spx- À ciale, je ne me crois pas en droit d'insérer le nom 1 de personne, dans un écrit destiné a la Presse.
tude que e le lenpar lui à 5 de pu-
itre à ce ès surpris puvait pas er. J'ingle géntna faveur,
rtifiait que À 11.--Je ne considérai plus le refus de Mr. Le | 'e fatavec 27 Supérieur que comme un outrage {hit à mon ca- + e pére de 4 raetère. [ supposait sans motifs que je pouvais me #
années et M rendre coupable du crime de Bigamie; crane hor- | & Ce n'est Mrible, qui autrefois était puni de mort et aujour- | n. 008 d'hui, de dix à vingt ans de Galcres en France : 4 ‘ | homme, 11 @Æqui l'est dans cette Province par le Fouët 4" (! aucoup de Marque et le Banuissement. «4 V
le monde 4 12—Rentré chez moi, j'écrivis à Mr. Le Curg 24: t de meurs Ma lettre suivante. " parut que
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6 Mr. Lx Curr'!
13.—-“ Hier je me suis fait connaître à vous, je vous ai ouvert moñ âme, et si comme chrétien, “ je n'ai pu manifester les sentiments qui m'au- “ raient acquis votre estime, jé me flatte du moins ‘“ que je ne vous ai rien dit qui puisse vous faire ‘“ présumér que je suis un mal-honnêté homme.
11.4 Je ne suis point marié, je le jure par “ l'honneur, je le jure par la mémoire véñérée de “ mon père. Îln'est pas dé serments plus sacrés “ pour moi, et cependant si Mr. Le Roux, votre “ Supérieur, l'exige, je le jurerai sur lés Saints “ Evangiles. Eloigné de ma patrie, c’est au ha- “ zard que je dois de pouvoir faire confirmer mon ‘“ serment, par le témoignage d’un compatriote, 4 C’est une objection bien futile que de dire que “ ce témoin n’est pas un Gentilhomme. L'amitié ‘ de Mr. Broyer m'honore beaucoup plus que ne “ pourrait le faire la protection d'un grand person- “ nage. S'il n'est pas Gentilhomme de naissance, “ ni par son éducation, ni par son état, ni par ses “ habits, qui osera prétendre qu'il en est qui le “ soient plus que lui par les sentiments?
15.— J1 n'appartient pas à dés cœurs vertueux ‘ de présumer le crime. De ma part, c'en serait “ un affreux et que les loix punissent sévèrement “ partout, de contracter mariage, si dejà j'étais .“ marié: de la part de mon ami c’en serait un non “ moins horrible que de rendre un GE “ contre la vérité. Pourquoi donc Mr. Le Supé- “ rieur nous supposerait-il capables de vouloir lui “en imposer? Ses soupçons, il me parait, sont “ diamét#ilément opposés à l’esprit de charité tant “ recogifité par l'Evangile.
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“je cessai de remplir des devoirs qui m'étaient & chers alors. Devrai-je à la rigueur, j'ose dire “ déplacée, d'un autre Prêtre, quelque respect “ que n'inspirent ses vertus, de ne pouvoir faire “ consacrer par la religion dans laquelle je fus’ éle- “ vé, les nœuds que je suis résolu de former Lun: “ di prochain, sans plus de retard.
17.4 [Il me peine de vous le dire, mon respec- & table Curé, par ce que je sais que j'afllige votre “ âme; mais st Mr. le Supérieur ne change pas de “ détermination, quelque scandale qui puisse en ré- “ sulter, un ministre d’un autre culte bénira notre “ union; de Ja part du père de celle qui doit être ‘“ mon épouse je n'ai à craindre nalle objection; ‘ l’amour dal me porte elle-même m'est le ga- “ rant qu’elle se conformera à mes désirs et aux 4 ordres de son père. k
& J'ai l'honneur d'être, &c. | |
18.—Je remis moi-même cette lettre à Mr. le Curé le Mercredi du matin, et dans la soirée je me représentai chez lai pour recevoir sa réponse. Elle fut la même, que la veille. Je Jui rcitérai Fobjec-
tion que j'avais déjà faite à Mr. le Reis ques trois publications n'auraient pas plus d'eftet qu’une
seule ; que quinze jours ne pouvaient sufñre pour faire arriver de France des personnes mitéressées à mettre des empêchemens à mon mariage; que d’ailleurs depuis un an et un mois que je résidais à Montréal, je croyais n'avoir rien fait qui les autorisât à pensér si mal de moi.
19.—Je n’obtins rien et repris le chemin de ma on déterminé à ne plus faire d’autres’ démarches.