‹ Réponse à M. Deshons Montbrun, adressée aux bons et honnêtes habitans de la campagne [microforme]Chapitre 6 sur 20 · Je laisse le public juge de ma conduite · texte numérisé non relu

Je laisse le public juge de ma conduite

Si elle est repréhensible, c'est à mon insçn.

DESHONS MONTBRUN.

Montréal, le 10 Novembre, 1818,

— PO ctE—

re en lisant cette Communication, que les personnes d'éducation trouveraient la réponse dans la plainte même, et que les gens sans éduca- + À tion n’y prendraient point garde, ou s’en occupe- | raient fort peu. Quant à ses derniers, je me suis * trompé, et voici comment j'en suis assuré. Îl y a : quelques jours j’arrêtai chez une personne qui tient Auberge. Je trouvai dans la maison les personnes #1 d’un contrat, qui sans me voir, me parurent fort é- .: chautfées sur le sujet de la conversation qu’ils te- | najent alors. Comme je voulais parler au Maitre de ! Ja maison, il me fit entrer dans une chambre voisine .1 de la scène dont les principaux acteurs étaient: la Maitresse de la maison, un vieillard respectable, 4 Pierriche, homme d'éducation commune, Jacquot, ‘ù un de ces hommes conéreboutans, a qui leur esprit

… Li Sn :

DT ne pe LR person,

a acquis la confiance du Public, mais qu'ils finissent toujours par perdre quand ils en abusent, et un petit garçon nommé Jean Ninb.

Je n'avais encore fait aucune attention à leur conversation lorsque mon Hote me dit : Voilà Monsieur Melfort qui entre. Je regardaï; et comme il ouvrait la porte, la Maitresse de la maison parlant plus haut que les autres, s’adonnait à dire : C’est bon! c’est bon! ça lui apprendra à faire des passe-droits: mais en apparcevant M. Melfort, elle et tous les autres cessèrent de parler. * Pierriche, qui le connait bien, s’avança vers lui, en disant, après les civilités ordinaires: Avez-vous lu, M. Melfort, ce qu'il y a dans la Gazette ?—Voulezvous, me dit mon Hote, d’un an surpris et content, me permettre d'écouter un instant cet entretien: car J'espère que le bon M. Melfort va défendre cette cause mieux que je n'ai pu la défendre tout-à-l'heure. Je le veux bien, lui dis-je, puisque vous le désirez.—[l y a bien des Gazettes, dit M. Melfort, je ne sais pas ce que vous voulez me dire. —La Gazette, dit Pierriche, où ils parlent de Monsieur Le Roux.—Monsieur Le Roux ? dit M. Melfort, en cherchant dans sa mémoire; celui qui est Marchand à l’Assomption ?—Eh! non, Monsieur, dit Pierriche, Monsieur Le Roux, le Grand Vicaire à Montréal.—Ah! dit M. Melfort, c’est Monsieur Roux que vous voulez dire.—Ah! pardon, M. Melfort, c’est bien Monsieur Le Roux qu'il s'appelle, puisque c'est écrit de même daps la Gazette.—La Gazette se trompe et vous aussi, dit M. Melfort, c'est Monsieur Roux. Oui, j'ai lu ce que vous voulez dire. Eh! bien, qu’en dites-vous, dit Pierriehe ? M. Melfort, avec sa franchise et sa droiture ordinaires, répondit : Apparemment que Monsieur Roux ne devait pas accorder cette dispense, puisqu'il ne l’a pas

* M. Melfort est un de ces Habitans, d’un mérite respectable et res-

pecté, comme où en trouve dans presque toutes les Paroisses, mais d’une cducation au-dessus de la commune.

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it de Mon- M.Melfort, ù est Marnsieur, dit 1 Vicaire à Monsieur n, M. Mel- | s'appelle, zette.—La elfort, c’est ous voulez rriehe ? M.

» ordinaires, Roux ne del ne l’a pas

spectable et resjisses, mais d’une

accordée, En achevant ces mots, nous vimes quil comprit par l'attitude de désaprobation tacite que prirent ses auditeurs, qu'il avoit été trop vite. Nous âmes dans sa contenance qu'il regrettait de n’avoir as donné le tort à Monsieur Roux pour savoir pare de tous. En cffet après sa réponse personne ne répliqua.

SA Mais, continua-t-il, est-ce que vous trouvez, vous-

. autres, que Monsieur Roux ait tort?—Ah! non, * dit Pierriche, ah! pargué nous autres, dites-done, on sait bien que ça nous regarde pas.—Mais, dit M. Melfort, vous étiez tous animés en parlant de cela, sans doute, quand je suis entré: et vous voilà tous morts !— Ah? c’est qu’on a fini de parler.— Oui, sans doute ; c'est ce qu’on appelle être pauvre ou foible de ne pas répondre à la question, dit M. Melfort, mais pourquoi avez-vous fini de parler ? — Ah! c’est rien: c’est la femme, qui disait que Monsieur Roux avoit tort.—Oui, je l'ai dit de fait, dit la Maitresse, en rougissant, je n’ai point de porte : de derrière, moi; j'ai dit qu'il avoit tort, et puis ni

! Prêtre ni Evèque ne m’enpécheront pas de le dire ;

: d'abord qu'il voulait bien payer, 1! pouvait bien * en avoir comme les autres. (Je me dis en inoil: même, elle prend le Graud Vivre pour un 4: cantinier). Comment! comment! c'est honteux M de faire courir ce pauvre homme-là pour rien, } comme ils font; ‘L'enez, vous voyez Liva, dit-elle, ïne me faites pas dire . . . . . . . Nous vimes, «! par ce début, que si M. Melfcit avait perdu la ! Jangue de tous les hommes, il en étoit bien récompensé par cette seule-ci. Madame, ne vous fachez pas, dit M. Melfort, ce n'est pas la colère qui parle le mieux.—C'est vrai, Monsieur; dit-elle, © mais ça fait si enrager aussi quand on voit des in- (\ justices comme ça. . . .. Et puis lui, Monsicur, MN dit-elle, en montrant Pierriche, lui qui vient de : dire que c'est la femme qui disait que Monsieur

Ke Roux avait tort, ch bien! lui aussi disait comme raisc moi, et puis tous ce que nous sommes ici, excepté | faire ce Vieillard-ci et mon Mari, qui vient de sortir, MM inent

nous le disions tous quand vous avez entré. ME Pier

Vous passez pourtant pour honnête homme, VB jours

Pierriche, dit M. Melfort, ctccpendant vous n'êtes M qu'ils

as franc. Vous pouvez vous étre trompé, de plus d’esp

Pabiles que nous se trompent; mais vous ne devri- saver

ez pas dire non, oui, sur le même sujet, selon : d’esp

la personne devant qui vous vous trouvez. Com- 1} on va

ment voulez vous qu’on puisse se fier à vos autres Mi Ça, p:

vertus ? . ... Mais, dites-moi franchement, mes tant d 4 amis, dit-il, en s'adressant aux autres, pensez-vous travel que Monsieur Roux ait tort?—Oui, Monsieur, et ça vo

presque tout le monde vers chez nous le pensent sons...

de mème.—Le penser, je n’en dis rien, dit M. Mel- M. VI

ford, mais le décider ce n’est pas pardonnable. Vous Ja diff

manquez d'esprit dans des affaires comme celle-ci, des ra

a et vous en avez grandement assez pour en convc- Fa nir, vous allez voir: vous dites que j'ai des con- 7 noissances ; c’est vrai, j'en ai un peu: vous dites que je suis franc, je m'en flatte; trente-huit ans de séjour avec vous doit vous l'avoir prouvé: eh! bien, dit-il, quand vous trouvez quelque chose sur la Gazette, ou quelque sujet de conversation au- Le dessus de vos connoissances, au lieu de décider à tort, à travers, n’entendant souvent qu’une partie, comme dans ce cas-ci; que n’allez vous trouver une personne de confiance, moi ou un autre, entendez ses raisons et ensuite vous vous déterminerez à dire votre opinion. Si vous faisiez de-même, dit-il, vous comprendriez aisément de quel côté est la raison ; mais quand vous vous êtes déjà décidé, vous avez honte ie vos enfans, devant vos amis, à revenir: vous employez alors votre esprit non plus à comprendre la chose, mais à vous obstiner dans ce que vous avez avancé; et quand vous en êtes-là, 1 faut avoir trois ou quatre fois plus de

comme excepté e sortir,

homme, 1s n'êtes de plus re devriet, selon Comos autres ent, es 1SCZ-VOUS sieur, €t à pensent t M. Melble. Vous e celle-ci, en convcedes conous dites uit ans de buvé: eh!

chose sur sation audécider à ne partie, s trouver autre, enéterminede-même, el côté est Éjà décidé, t vos amia, esprit non s obstiner

\d vous en is plus de

raisons à vous donner qu’il n’en faudrait pour vous faire revenir, encore ce n'est jamais si naturelle. ment.—Ah! pargué, c'est bien vrai, defait, dit Pierriche: j'en connois bien moi, puis tous les jours on en voit, qui soutiennent des thèses parcequ’ils ont commencé à dire de-mème : puis des gens d'esprit, pourtant, allez: on connoit bien qu’ils savent qu'ils ont tort; mais, dites-donc, ça tant d'esprit; malgré ça on n'ose pas à leur dire, mais on voit toujours bien . ..... Puis ça fait bien mal, | ça, parceque Ça le montre à d’autres de n'ont pas } tant d'esprit, puis à cette heure un peu de boisson au travers de ça, ah! dame, vous pouvez bien penser, ça vous donnent, des raisons, des raisons, des raisons...—Comme vous, n’est-ce pas, Pierriche, dit M. Melfort, des raisons qui ne finissent point, avec la différence pourtant que ce ne sont pas toujours : des raisons aussi bonnes, aussi vraies que celles ! que vous donnez-là.

Eh! bien, Monsieur, dit le Vieillard, vous avez 14 dit tout-à-l’heure que si on vous demandait l’expli- {cation des choses difficiles, vous les donneriez : | voulez-vous nous expliquer ce que dit cet Gazette- ‘la. Je n'aime pas tous ces trains-là, moi; et il y nn à bien d’autres que moi qui ne les aiment pas. }Ces petites nouveautés-là ne plairont guère, si j2 line me trompe pas, qu'à de Jeunes Etourdis, qui croient, ou qui voudraient faire la pluie et le beau- ‘ Wtems dans la Province. Moi je sais que les Curés 2 font plus de bien qu'eux dans le pays, et puis mon idéfunt père m’a toujours dit : Tiens, mon fils, fais-tot oujours estimer de ton Capitaine et de ton Curé. lyen a à cette heure qui parlent mal contr’eux ; e n'était pas de même de notre tems, mes En- Mans; on avait des Curés, qui ne faisoient pas mieux ue ceux d’aujourd’hui; mais quand un homme vous disait à son voisin: ‘liens, tu vois bien, c’est ten de même, Monsteur le Curé l’a dit: tout

ri

était dit: puis à cette heure si au heu d'u Cu gavait été un Grand Vicaire, ah! bien dame je crois .... Qui, c'était de même de notre teins-- Mais, Monsieur, dit quelqu'un, que je ne connus oint, faut pas non plus un excès de confiance. n'y a jamais de ces excès-là de la part de ceux qui les craignent comme vous paraissez les craindre, dit le vieillard ; mais, mon ami, ce que je peux vou: dire, c’est que la confiance que nous avons eu dans nos Curés, n’a jamais causé au Canada les malheurs ue Je défaut de cette confiance des Français pendi la Révolution à causé à la France. Mes En-

fans, continua-t-il,ceux qui vous donnent ces leçons. & là, aujourd'hui que le pays est un peu déboisé, ne

venaient pas nous aider à nous autres, à arracher les souches auprès de nos maisons, ou plutôt de pos cabannes; ils ne venaient point nous encourager

dans nos travaux, ni essuier nos larmes dans nos % chagrins comme faisaient nos Curés à qui les vôtres |

ent succédé, et qu'on met aujourd’hui sur la Ga-

zette! Mon Dieu! . . . . . comme les Canadiens # ont changé!. . . — Ce n’est pas un Canadien, mon M

grand pere, dit M. Melfort, qui a mis cela sur la

Gazette; c'est un étranger— Eh! bien, tant mieux | Le)

donc! , ....tant mieux, oui, . . . . Mais s’il ne !

se trouve pas bien ici cet Etranger, il sait d’où 1! !

vient; onne refera pas le pays pour lui: de quoi donc est-ce qu'il se plaint ?—De ce que Monsieur Roux ne veut pas qu'il se marie avant d’être pu-

blié, dit M. Melfort.—Eh! bien, 1 peut bien faire : comme moi, dit le vicillard, quand je me suis! marié, avec ma pauvre défunte Gritoche, j'ai bien été publié.—Oui, dit M. Melfort, mais c'est qu'il : ve voulait avoir qu’un ban.—Ah! dit le vieillard, 4 il voulait donc s’en retourner tout de suite dans son 4

pays ?—Oh! non, dit M. Melfort, il est encore ici; mais c’est une idée qu'il avait de même.—T'iens, tiens, dit le vieillard, il ne se plaint que de ça:

gué,

l'est

on Curc: | ; dame j° 1 ho! bien, il y a quelque chose là-dessous. Conre tels WU tez-nous donc, M Melfort, ce qu’il rapporte sur ne connus D ce papier, et puis expliquez-nous le donc, s'il vous afiance.— D plait.—Je le veux bien, mon grand Père, dit M.

+ de ceux MM! Melfort, mais ça va être un peu long.—Oh! parcraindre, M gué, Monsieur, combien ce qu’on passe de tems qui eux vous Pin'est pas si bien employé.—Vous avez bien raison;

ns eu dans ? édit M. Melfort.

5 malheurs Vous avez le Spectateur ici, Madame, dit-il à la inçais per | fimaitresse ?—Oui, Monsieur, répondit-elle ; Jean Mes En- Nimb nous le lisait tout-à-l’heure.—On se trompe ces leçons: Hieauvent, mes amis, dit M. Melfort, en décidant une déboisé, ne affaire sur la lecture d’un enfant, ou d’une grande à arracher Miipersonne qui ne sait pas bien lire.—Ce n’est pas plutôt de de grand nombre d’añnées qu'il faut pour bien lire, encourager Met Jean Nimb, en serrant les dents; mais c’est de :s dans nos avoir lire comme il faut.—Tu me parais avoir plus ui les vôtres l'esprit que d'éducation, mon enfant, lui dit M. , sur la Ga- PSS elfort. Comme ce petit garçon est grossier! 3 Canadiens PMist-ce que vous laissez vos enfans, Madame, nadien, mon parler si aisément aux grandes personnes ?—Puiscela sur Le Mu'ils ont unc langue, répondit la mère, c’est pour . tant mieux Ben servir; et puis des fois on y gagne que les en- Mais s’il ne Mans disent ce qu'ils savent.—Oui, Madame, dit | sait d’où i! 1. Melfort, le gagne des pauvres conduites qui jui: de quor grdent les piastres pour courir après les sols: ue Monsieur r un seul enfant comme celui-ci peut brouiller ou t d'être pu- Midisposer toutes les grandes personnes de la plus eut bien faire ‘Rémbreuse famille, et même les personnes les plus je me suis |Mpies, par leur petite langue, fourrée partout, et che, j'ai bien ise Joint quelquefois au sot orgueil d’une grande his c'est qu'i rsonne qui les soutient-pour se donner un certain “Je vieillard, Mir d'importance devant eux; et les enfans ainsi uite dans son #fBtés y gagnent de se faire haïr quand ils sont pe st encore ici; Ms, éviter et mépriser uand'ils sont grands.---Eh ! ême.— Tiens, MEN, c'est bon, là, dit ean Nimb, c'est pas de vos tque de çai! aires.—"T u feras bien de prendre garde à moi, dit mère; tiens, je te. . . . . .—Donne-moi cette

| qu Gazette, mon fils, dit M. Melfort; ce n’est pas de ma ta faute situ es mal élevé mais, c'est toi qui en qui souffriras . . . . Pierriche, placez-vous auprès de À son

moi: nous allons examiner l'écrit de M. Deshons Montbrun, alinea par alinea.. Je le vis alors numéroter les alinea avec un crayon.

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